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12 décembre 2009 6 12 /12 /décembre /2009 17:24

 

L’être humain a principalement 2 aspirations : vivre BIEN et LONGTEMPS.

Mais, c’est dans la compréhension même de ces termes qu’il y a divergence entre nous. Les uns vont s’inscrire dans un grand ensemble appelé „humanité“ alors que les autres se borneront à leur propre ego. Les premiers chercheront donc la réponse dans la collectivité, alors que les autres ne pourront la définir que par rapport à eux-mêmes.

Quand j’étais jeune, je pensais que l’altruisme n’existait pas et que tout était régi par une somme d'égos ; „l’altruiste“ n’était qu’un égoïste qui voulait tirer profit de ses actes de générosité sur autrui (en somme, je voyais l’altruiste comme un égoïste hypocrite). C'est dire à quel point on peut dresser une barrière entre deux modes de pensées, pour la rendre infranchissable.

En fait, il faut atteindre une certaine maturité (qui, pour moi, est arrivé assez tardivement, mais qui n'est pas directement liée à l'âge) pour considérer l’homme, non pas comme une île complètement isolée des autres, mais comme une partie d’un tout indissociable qu’il forme avec ses semblables et, même au-delà, avec tout ce qui l’environne, sans pour autant tomber dans l'écueil de la négation de son propre moi.

Celui qui n’accepte pas cette vérité comme allant de soi ne pourra pas être d’accord avec les propositions faites ici.

Traditionnellement, un clivage est fait au niveau politique entre la gauche et la droite, les premiers étant orientés plutôt vers le social, vers le confort du plus grand nombre, tandis que les seconds arguent que si, justement, on veut qu’il y ait du confort, il faut laisser, à une poignée de meneurs, libre cours afin qu’ils créent les conditions d’un meilleur confort dont les autres pourraient alors éventuellement bénéficier.

En réalité, le problème a été pris par le mauvais bout dès son apparition. On se rend compte, maintenant qu’il y a une grande crise, que, aussi bien les industriels et les banquiers que les politiciens de droite comme de gauche n’ont pour principale préoccupation que leurs propres intérêts (ce qui tendrait à corroborer ma première opinion sur „l’altruiste“). Ma position actuelle est que „la fonction crée l’organe“. Si on donne un poste important à un individu, à moins d’être un être exceptionnel, il finira tôt ou tard par se laisser tenter à en abuser. Et c’est ça le vrai problème. Car, comment construire une société digne de ce nom sans tenir compte de cet aspect-là de l’homme.

Là apparaît la fameuse phrase d’Aristote, reprise entre autres par Rousseau : „l’homme est naturellement bon, c’est parce qu’il ne sait pas qu’il fait le mal“. En fait, l’homme, à un moment de sa vie, a un certain stade de maturité, mais c’est parce qu’il n’aura pas su, qu’il aura fait beaucoup de mal autour de lui, qu’il faudra, bon gré mal gré, réparer.

Ma position est la suivante : pourquoi ne pas créer d’emblée une société qui serait capable de faire avec ? une société qui serait telle que, malgré son manque de maturité (son manque de „savoir“), l’homme puisse vivre BIEN et LONGTEMPS ?

 

Force est de constater que tous les modèles proposés jusqu’à maintenant sont de type „égocentrique“. C’est du style : „suivez-moi et tout ira bien“. Il est clair que si untel arrive à „rassembler les masses“ tout sera plus facile à gérer, mais ce ne sera pas forcément mieux pour autant. Parce que tout est basé sur un mouvement, sur une dynamique qui ne fonctionne que parce qu’on y croit sur le coup. Puis, une fois que les choses se sont tassées, on constate les dégâts. C’est comme ça que le communisme est arrivé en URSS et c’est une fois que c’était trop tard que les gens ont vu dans quoi ils étaient tombés. Et la Révolution Française n’a pas été beaucoup mieux. Pour nous, c’est maintenant qu’on voit où on en est.

 

Je reviens sur cette dénomination de „modèle égocentrique“ car elle s’oppose directement au modèle holocratique.

Quand elle est de droite, la politique encourage ouvertement notre côté égoïste et pose comme établi le fait qu’un chef nous gouverne. Puisque c’est la compétition et que le „meilleur“ gagne, on accepte de fait toute une hiérarchie avec les différentes couches sociales qu’elle crée et on accepte que les uns soient maltraités par les autres parce qu’ils sont d’un rang inférieur.

A l’opposé, quand on est de gauche, on crie au scandale et on lutte pour l’égalité et la justice. Mais, pour y arriver, on propose de suivre un nouveau chef (ce qui, en soi, est antinomique, puisqu’on crée dès le départ, les conditions de la nouvelle stratification et des nouvelles injustices sociales).

La 3ème option est de dire „ni dieu ni maître“, mais là encore se pose le problème de la gestion d’une telle société. Et, ici aussi, les solutions proposées sont toutes du type „égocentrique“ : il y a un responsable qui organise tout pour notre bien commun et nous, nous devons nous porter volontaires pour effectuer les tâches qui incomberont à l’ensemble des membres de cette société, sous peine d'en être exclus. Ne voulant ni dieu ni maître, on se retrouve dans le rôle d’une fourmi qui s’active sous l'observation de soldats qui travaillent pour une reine.

En fait, le seul modèle vraiment acceptable en est un qui tolère la hiérarchie là où elle est nécessaire (là où on est prêt à la tolérer) et qui ne l’accepte pas sinon. Et pour ce-faire, on doit mettre en place, plutôt que des règles, des mécanismes pour assurer à chacun que ses droits ne seront pas spoliés. Les règles sont faciles à enfreindre, les mécanismes non.

Si on dit « les pollueurs doivent payer une taxe », c'est une règle. Et si on pousse un peu le cynisme (car les politiciens nous ont appris qu'en la matière ils ne se privent pas), on peut dire que c'est juste une annonce pour rassurer les foules, sans que cela ne soit suivi d'effets. Si, par contre, l'argent est fait de telle sorte que le prix de la pollution y est incorporé, c'est un mécanisme auquel on ne peut se dérober.

De plus, l'exemple ci-dessus montre implicitement qu'une certaine somme est censée représenter le dédommagement que suscite une certaine quantité de pollution. Qui décide et comment ?

Ne répondez pas « les experts ». C'est une très mauvaise réponse. S'en remettre aux experts, c'est se débarrasser du problème et laisser aux autres le soin de gérer les choses. En somme, c'est l'acceptation... le début de la soumission.

Non. Les experts doivent nous conseiller, certes, mais c'est nous qui devons trancher. Comment ? On doit voter. Et la moyenne qui ressortira de nos votes sera la bonne réponse.

Voilà, à travers un petit exemple, ce que veut dire « holocratie ».

 

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2 octobre 2009 5 02 /10 /octobre /2009 20:07

 

Question : L’holocratie peut-elle prétendre résoudre tous les problèmes actuels, à savoir, les problèmes écologiques graves (réchauffement climatique, trou de la couche d’ozone, stockage des déchets nucléaires radioactifs, déforestations, déséquilibres des écosystèmes avec la surpêche ou la contamination des eaux par les pesticides ou les déchets industriels, pollution atmosphérique, etc.), et les problèmes économiques et sociaux (pauvreté, précarité, surpopulation, famine, guerres…) ?


Réponse : Si le peuple ne prend pas massivement conscience de tous ces problèmes et s’il ne prend pas conscience qu’il peut faire quelque chose – chacun d’entre nous doit prendre conscience qu’il est urgent de faire quelque chose, c’est-à-dire, simplement dire « stop ! » –, s’il ne le fait pas, ABSOLUMENT AUCUN modèle ni aucune institution ne pourra rien faire. Car la machine est lancée et seul un débrayage et un freinage total et massif peut nous sauver.


Question : Alors, à quoi bon l’holocratie ?


Réponse : C’est pour après. D’abord, il faut dire « on ne continue pas comme ça », et après, il faut savoir répondre à « comment voulez-vous donc continuer ? ».


Question : Mais, l’holocratie est-elle la bonne réponse ?


Réponse : Il faut la construire de telle sorte qu’elle soit la bonne. Elle ne doit pas être une idéologie de plus qu’on impose, mais le résultat d’une construction suffisamment rigide pour ne pas s’écrouler et suffisamment souple pour qu’on puisse l’adapter aux situations de chaque moment. Et surtout, elle doit assurer un équilibre écologique et social à tout instant, car les modèles de sociétés classiques que l’on connait (toute la palette allant de l’extrême gauche à l’extrême droite), ne garantissent aucun équilibre. Elles gèrent les affaires – éventuellement, en se succédant – jusqu’au dérèglement total, qui se solde par un renversement du pouvoir en place (accompagné ou non d’une guerre), qui promettra une amélioration. Mais on sait d’expérience qu’aucune amélioration ne vient.


Question : Quel est cet équilibre qui devrait être garanti ? Et, comment le garantir ?


Réponse : C’est un équilibre triple : individuel, social et écologique. L’individu doit être aussi libre que possible et ne plus être traité de façon indigne par la société…


Question : … L’est-il dans la société actuelle ?


Réponse : Il suffit de voir tous les « démunis » et autres individus jetés dans la précarité pour s’en convaincre. En outre, les questions environnementales devraient être nos principales préoccupations.


Question : Mais comment peut-on arriver là où tous les autres échouent ?


Réponse : Il faut ouvrir les yeux et regarder où sont les vrais problèmes, quelles en sont les causes et comment y remédier.


Question : Les vrais problèmes, on les a identifiés dès le début : ils sont écologiques, sociaux et économiques. Quelles en sont les causes ?


Réponse : On pourrait énumérer un tas de « bonnes » raisons comme les besoins de produire ou de se protéger ou encore de se distraire. Mais, in fine, c’est très simple, il n’y a qu’une seule cause, c’est l’avidité de l’individu. Cependant, on ne résout rien en disant cela.

Il faut ajouter, à la décharge de l’individu que nous sommes, que notre environnement (au sens large du terme) nous entraine à être comme nous sommes. Je suis avide parce que je vis dans un monde où l’avidité est encouragée et où l’entraide est découragée.


Question : De quelle façon ?


Réponse : Ce « besoin » de consommer n’est réel qu’en partie (c’est même une infime partie). Le gros du besoin est créé artificiellement. En réalité, il y a avant tout le besoin de vendre pour s’enrichir, et donc, de pousser les autres à acheter. Et quand on parle de s’enrichir, on parle de satisfaire le besoin de s’approprier des choses et celui de diriger des êtres. Ce sont les 2 moteurs qui font tourner notre société.

Donc, on encourage tout ce qui va dans le sens de l’enrichissement de certains et on délaisse ce qui soutiendra les plus défavorisés (car une aide coûte de l’argent et n’en rapporte pas).

Bien sûr, l’enrichissement de certains implique automatiquement l’appauvrissement de beaucoup d’autres.


Question : Mais, peut-on y changer quelque chose ?


Réponse : Il faudrait, car ce ne sont là que les règles d’un jeu injuste. Et si on veut bien faire, il faut les changer. Mais, tout seul je ne peux rien faire, si ce n’est de tenter de vous convaincre qu’il en est bien ainsi.

Le problème, c’est que, même quand on est d’accord (et toute personne qui regarde au-delà de ses petits intérêts personnels le voit), on a du mal à accepter le changement. C’est le fameux paradoxe de la grenouille qui reste dans la marmite remplie d’eau qui chauffe et finit par la faire bouillir.


Question : Bon. Admettons qu’on veuille s’en sortir. Quelles alternatives peut-on espérer ?


Réponse : En gros, il existe 2 types de modèles (du moins en théorie) : le modèle hiérarchique et le modèle anarchique. Le 1er peut être, dans le meilleur des cas, démocratique, ou, si on a moins de chance, dictatorial, en passant par une palette de variantes plus ou moins satisfaisantes. Le 2nd prône l’autogestion et maintient que la liberté et l’égalité peuvent être garanties dans un tel système à condition que la monnaie disparaisse.


Question : Quid du communisme ?


Réponse : En théorie, il devrait être une forme aboutie de l’anarchisme, mais en pratique, il s’est arrêté au niveau de la dictature.


Question : Faut-il donc bannir toute forme de hiérarchie ?


Réponse : Une forme de hiérarchie existera toujours. Dès qu’on s’organise, il est nécessaire d’avoir quelqu’un qui coordonne, voire qui prend certaines décisions pour l’ensemble d’un groupe. Mais, dans toute forme de société existante, cette organisation se mue inexorablement en appareil de coercition ou de manipulation du peuple et crée des strates sociales qui plongent une plus ou moins grande partie d'entre nous dans des situations indignes d’un être humain.


Question : L’anarchisme semble avoir un idéal plus satisfaisant. Qu’est-ce qui pèche alors ?


Réponse : L’anarchiste est trop vite arrivé à la conclusion que l’argent doit être banni et s’empêche, par là-même, de rendre son idéologie viable. Il pense, avec justesse, que si, en plus d’avoir un rôle coordinateur, un individu a accès libre à l’argent, fatalement, il deviendra un homme de pouvoir qui pourrait en abuser impunément (et, s’il le peut, il le fera).

En fait, mais l'anarchiste ne veut pas l'accepter, il faut avoir de l’argent, mais autrement.


Question : Pourquoi le faut-il ?


Réponse : Sans argent, on perd tout moyen de mesure, de quantification des activités humaines et de leurs produits. Alors, on est obligé de compenser autrement. Cela peut marcher au sein de petits groupes, mais dès lors qu’on parle de nations de plusieurs dizaines de millions d’individus, les problèmes se multiplient et deviennent inextricables.


Question : Quel genre de problèmes inextricables peut-il y avoir ?


Réponse : Des sentiments d’injustice naissent toujours au sein d’un groupe. Untel a travaillé plus et vit moins aisément que tel autre. Pendant que le 1er était occupé à produire pour la société, le 2nd s’est occupé de son propre confort… Si ce genre d’incidents se multiplie par milliers, on peut facilement comprendre que cela débouche sur des crises dans l’autogestion (ou la gestion tout court).


Question : Alors, l’argent autrement ?


Réponse : L’argent permet de quantifier le travail de chacun. Je ne pourrais pas me plaindre qu’untel a plus dans un système où l’argent est la mesure de l’effort effectué, associé aux besoins énoncés par chacun.

Plus concrètement, si chaque personne participe à la cotation des produits sur le marché ainsi qu’à celle du salaire de chaque activité (en ajoutant quelques pondérations régulatrices çà-et-là), on crée d’emblée un système autogestionnaire efficace.


Question : Cela suppose de mettre en place un outil informatique puissant et accessible à tous. N’y a-t-il pas des risques de voir plutôt se développer une société mécanisée, automatisée, robotisée… ?


Réponse : Partons de l’existant. Admettons que le nombre de personnes qui, actuellement, accèdent quotidiennement à l'Internet, aient à leur disposition le logiciel de cotation dont il est question. Serions-nous devenus une société plus mécanisée, automatisée ou robotisée qu’avant ?

En fait, c’est le contraire. On aura distribué le pouvoir qui était concentré en peu de mains à l’ensemble de la population. Ce qui implique une démocratisation et une émancipation remarquables.


Question : Et si la machine tombe en panne ?


Réponse : Là, il faut faire confiance aux techniciens qui savent pallier à ce genre de problèmes (en ajoutant des redondances de systèmes, avec des routages permettant de passer d'une machine à l'autre de façon transparente pour l'utilisateur).


Question : Mais alors, n’aurait-on pas le risque de voir s’installer une société technocratique ?


Réponse : Il est dans la nature humaine de vouloir prendre le pouvoir (même si on ne saurait pas trop quoi en faire). Mais, une société prendra la teinte de ceux qui la composent. Or, nul ne peut dire, a priori, comment on s’organisera (quel genre de métiers on choisira de faire). Et donc, la société sera technocratique si la majorité des gens le veut. Mais cela tient à nous tous de faire les bons choix.


Question : Soit, mais revenons un peu sur notre modèle : le problème écologique ne parait pas résolu à ce stade. Comment s’y prendre ?


Réponse : Cela se résout automatiquement à l’aide du système de cotation susmentionné, tout en y ajoutant une redéfinition de l’argent ainsi que de nouvelles règles transactionnelles.


Question : Comment et pourquoi redéfinir l’argent ?


Réponse : Quand on est passé du troc à la monnaie, on a rendu celle-ci universelle en ne lui adjoignant aucune unité. C’est ce qui l’a rendu populaire : avec la même monnaie, on pouvait acheter de la viande, des fruits ou du pain. Son côté pratique n’est plus à démontrer. Mais, du coup, on est allé trop loin dans l’universalisation, car, avec le même argent, on peut aussi acheter des drogues, des armes ou des produits alimentaires.

Alors, il faudrait garder le côté pratique de l’argent tout en n’autorisant pas n’importe quelles transactions n’importe comment.

L’idée est d’ajouter des nouvelles composantes à l’argent, à la valeur unique actuellement existante. Ces composantes reflèteraient le degré de dangerosité du produit au regard de certaines catégories données. Ces catégories seraient celles que l’on désire réguler tous ensemble à travers notre système de cotations. Ce pourraient être : l’individu, le groupe et l’environnement (les 3 catégories à protéger). Les cotations sur ces composantes peuvent être vues comme des taxes directement rattachées au produit et à l’activité auxquels on attribue une valeur.

Ainsi, le peuple dans son intégralité décide du prix de toutes choses ainsi que du degré de nuisances qu’il y voit.


Question : Et quelles seraient les nouvelles règles transactionnelles ?


Réponse : Là, il faut voir qu'on change de paradigme. Actuellement, quand j’ai un produit, je le vends au plus offrant et naturellement je vise à faire un maximum de bénéfice. L’Etat intervient dans ce processus pour me mettre « des bâtons dans les roues », car il faut que je déclare mon commerce (quand il s’agit d’une action répétée régulièrement). Cette intervention se solde par un prélèvement de sa part dans mes bénéfices une fois qu’il m’a donné l’autorisation d’exercer. Evidemment, à cette occasion, il peut également contrôler les produits mis en vente, qui doivent répondre à certaines normes de qualité et/ou de sécurité. Ainsi, théoriquement, l’Etat peut interdire les commerces illicites.

En pratiques, il y a, d’une part, le marché noir (qui, par définition, échappe à son contrôle) et, d’autre part, les groupes de pression qui biaisent les prises de décisions pour les tourner à leur avantage. Ces 2 phénomènes minent le bon fonctionnement théorique de l'Etat.


Question : Et comment est-ce résolu dans un système holocratique ?


Réponse : Pour ce qui est des groupes de pression (ou lobbies), dans la mesure où c’est toute la population dans son ensemble qui décide, ils ne peuvent pas lutter.

En ce qui concerne le marché noir, pour comprendre que dans un système holocratique cela est impossible, il faut se familiariser avec le concept de « transaction holocratique ».

Dans une telle transaction, le produit, une fois réalisé, appartient à une entité abstraite qu’on peut appeler « Etat », mais qui n’est pas matérialisée par un corps quelconque. En pratique, le produit reste entre les mains du vendeur, mais n’appartient pas à celui-ci. Autrement dit, quand il l’aura vendu, il n’aura rien gagné de plus que son salaire de vendeur et gestionnaire du produit. Le produit aura été, au préalable, enregistré auprès d’un institut qui lui aura attribué un prix (reflétant toutes les taxes susmentionnées), qui donnera à celui-ci son statut de « produit ». Dès lors qu’il est acheté, il n’est plus un produit, mais la propriété de l’acheteur.

Ainsi, pour résumer ce qui a été vu jusqu’ici,

  • l’extension des cotations à l’ensemble de la population permet de contrôler le prix des produits ainsi que le salaire des activités (en fonction de la perception des besoins de chacun) ; parallèlement, elle évite les problèmes de lobbyisme ;

  • par ailleurs, un mécanisme très différent de ce qui existe est proposé (la transaction holocratique) où aucun gain ne vient créditer un quelconque compte à l’achat du produit, ce qui rend toute spéculation caduque ;

  • la taxation greffée directement au produit (ainsi qu’aux activités) permet au peuple d’avoir le contrôle également de ce qu’il juge, en son âme et conscience, être prioritaire à un moment donné.

Dans un tel contexte, les priorités, qui, à ce jour, sont essentiellement écologiques pour une large part, mais également sociales, afin d’en réduire les disparités, seraient automatiquement gérées à travers l’ensemble de ces simples mécanismes. Et il n'y aurait plus aucune crise.


Question : Mais, tout ne serait pas automatiquement réglé, comme par enchantement rien qu’avec ces nouvelles règles de fonctionnement ; il faut un appareil d’Etat. Car, comment organiser la société sinon ?


Réponse : Passant en revue les ministères existant actuellement, ceux qui n'auraient plus de raison d'être dans une holocratie concernent la finance et le budget. Il n'y aurait rien à financer et pas besoin d'allouer un quelconque budget vu que l'argent serait créé selon les besoins de l'activité là où il est nécessaire (la somme étant fixée par le marché, cf. cotations).

Pour les autres, je les verrais plus comme des observatoires que comme des ministères. Ce seraient des groupes chargés de vérifier que tout fonctionne correctement dans un domaine donné, et qui se manifesteraient en cas d'anomalies.

Dans la société, il se créerait différents groupes qui auraient une influence les uns sur les autres. Par exemple, un hôpital a besoin d'infirmières, d'aides soignantes, de médecins spécialistes (chirurgiens, dermatologues, etc.). Les différents « centres de formation » ou universités se donneraient pour tâches de former les éléments qui formeraient ce corps médical. Mais, à leur tour, ils auraient besoin d'individus avec un niveau de compétence adapté pour suivre la formation professionnelle ou universitaire en question. D'autres groupes devraient donc se charger de donner ce niveau de compétence... On remonterait ainsi la chaine éducationnelle jusqu'à la source, pour finalement voir qu'il n'est pas nécessaire d'avoir un système scolaire rigide, inefficace et stressant. Mais qu'il suffit que se forment des groupes qui se fixent pour but de donner à un certain nombre de jeunes un certain bagage qui leur permettra de passer à un échelon d'acquisition de connaissances plus élevé. Chacun irait à son rythme, après s'être retrouvé dans le groupe le plus adapté à sa manière de penser et d'assimiler. Et il n'y aurait aucune nécessité de compétition.


Question : Est-ce qu'il y aurait un ministère de la défense et de la sécurité nationale ou encore un ministère de l'immigration, de la cohésion sociale, etc. ?


Réponse : La Défense devrait être traitée séparément. Pour tout le reste, les groupes dont la nécessité se ferait sentir se formeraient et des groupes observateurs verraient fatalement le jour. Qu'on les appelle ministères, cela ne me gêne pas, dans le mesure où ils ne prennent pas de décisions mais se bornent à rendre compte à la population de l'état de cohérence de l'objet de leurs observations.

Par ces observations, ils influenceraient les cotations (ils joueraient ainsi le rôle de lobbies en quelque sorte, à ceci près qu'ils ne pourraient pas exercer de pression). Et ils auraient une mission vis-à-vis de l'extérieur (selon la décision du peuple), par rapport aux flux migratoires.


Question : Et pour la Défense ?


Réponse : La Défense est à part à cause du caractère secret nécessaire dans un tel corps, ainsi que de son rôle-même, qui est de se mettre au service de l'Etat en s'engageant à le défendre en cas d'agressions extérieures.

Evidemment, les systèmes « holistes », qui suggèrent que leur modèle s'applique à l'ensemble de l'humanité, ne se posent pas ce genre de questions. Mais elle existe et elle doit être pris au sérieux. Cela reste donc une question ouverte.


Question : Et comment accorder une telle société avec le reste du monde ? Quel serait le rôle du ministère des Affaires Etrangères ?


Réponse : On a 3 types de relations avec le monde extérieur :

  • économiques (englobant le commerce ainsi que les prêts et les dettes contractés)

  • diplomatiques

  • politiques

Pour faire simple, je dirais sous forme de boutade que l'économie c'est vendre au maximum et acheter au minimum, la diplomatie c'est de conseiller les autres alors que la politique c'est esquiver les conseils des autres.

Dans un monde assaini (et il faut qu'il le soit), les dettes seraient effacées. Par suite, notre holocratie ne serait absolument plus concernée ni par les prêts ni par les emprunts. Pour ce qui est du commerce, ce serait forcément du troc (car il n'y aurait plus de convertibilité entre la monnaie des autres et la nôtre). Quant aux questions diplomatiques et politiques, comme pour la Défense, une ligne de conduite doit être trouvée en ce qui les concerne en accord avec l'esprit holocratique.


Question : Et pour conclure ?


Réponse : Il me paraît important d'ajouter que ce qu'on entend par « voix du peuple » en holocratie n'a pas grand chose à voir avec le communisme. Car en holocratie il n'existe pas d'appareil d'Etat représentant la « voix du peuple ». C'est, au contraire, l'expression directe de l'ensemble de la population.

Alors, les détracteurs d'un tel système « égalitariste » pensent que la majorité n'a pas forcément raison et qu'elle est plutôt incompétente pour beaucoup de questions. Ce à quoi je répondrais que le peuple est suffisamment compétent pour donner son avis sur ce qui le concerne. C'est pourquoi, il est nécessaire de pondérer chaque vote populaire selon le degré de « proximité » ou de pertinence qu'un sujet donné a pour lui.

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22 septembre 2009 2 22 /09 /septembre /2009 17:26
Suite aux nombreuses discussions que j'ai eues et qui ont débouché sur un sentiment d'incompréhension, j'ai éprouvé le besoin de faire la petite mise au point que voici :

Tu veux être juste ? Alors, oublie la politique et tes idées préconçues.
Je te demande aussi d’être intellectuellement honnête et simplement de suivre mon raisonnement.
 
Pour être juste, il faut admettre le principe de base qui est que nous sommes tous libres d’exister et de penser, les uns autant que les autres. Je me dois de respecter les autres autant que j’attends de leur part de me respecter. Ça, c’est le point de départ.
Après, il y a le besoin de s’intégrer à un groupe. Dès lors, peuvent apparaître de multiples règles qui, quand elles sont acceptées, donnent un système cohérent et harmonieux, même s’il est basé sur une forte hiérarchie. De même que, même s’il est permissif et égalitaire, il peut être vécu comme un enfer d’où on voudra sortir.
Donc, ce n’est pas le système en soi qui est bon ou mauvais. Mais on doit se poser la question : « suis-je prêt à accepter tel ou tel système ? »
Or, construire un Etat, au sens où on le propose actuellement, c’est aliéner d’emblée une partie des gens.
Quelle est la légitimité d’un Etat ? Il est choisi par la majorité (en démocratie, pour les autres, n’en parlons même pas). Donc, la minorité, qui commence, en théorie, à partir de 49,999%, est obligée de subir ce qu’elle n’a pas choisi.
Par conséquent, il faut, avant tout (en toute logique, mais ça ne concerne pas le politicien) constituer un « méta-système » (une espèce d’enceinte invisible contenant l’ensemble de la population), qui n’a aucune couleur politique – absolument neutre – et où chacun est a priori libre, avant de s’engager dans un ou plusieurs groupes au sein du ou desquels il acceptera les règles qui y sont établies.
Notre société, ce serait le méta-système, et à l’intérieur, il y aurait autant de groupes qu’on voudra. Ces groupes seraient forcément hétéroclites, car chacun conçoit la société idéale à sa façon. Et, a priori, il a le droit.
Maintenant, si on considère le groupe comme une entité à part entière, on peut lui appliquer le même principe de base que pour l’individu : liberté de penser et d’exister comme il veut, dans la mesure où il respecte les autres.
 
Voilà. Ce n’est que de la logique basée sur un principe d’égalité et de liberté.
Après, il faut aller un cran plus loin et se poser la question : que se passe-t-il au sein d’un groupe si un certain nombre d’entre les individus veut prendre plus de pouvoir que « prévu » ou « autorisé » ou « accepté » par les autres ? Et la même question se pose au niveau de la société : que se passe-t-il si un des groupes veut soumettre les autres ?
Si on veut rester cohérent, ce serait le début d’une grave erreur que de mettre en place une forme de police qui va « veiller à ce qu’il n’y ait pas de débordements », car ce serait le début de la fin de ce beau système égalitaire.
Que reste-t-il donc ?
 
De mon côté, je ne vois rien d’autre que ce que je propose dans l’holocratie.
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7 septembre 2009 1 07 /09 /septembre /2009 18:19
 

Constats:

 

1/ Tout d'abord, il existe 2 façons de gagner de l'argent:

- avoir une activité rémunérée

- vendre un produit quelconque (matériel ou immatériel)

(on peut cumuler: avoir une activité rémunérée qui consiste à vendre)

Dans le 1er cas, le salaire est défini de façon arbitraire, mais a priori, selon une grille plus ou moins rigide. Cela crée une injustice sociale de fait, puisqu'on définit un barème de qui va gagner quoi, pénalisant les uns et favorisant les autres.

Dans le 2nd cas, on autorise une loi de la jungle qu'on appelle "loi du marché", où ce sont soi-disant l'offre et la demande qui règlent le prix d'un produit.

En réalité, il s'agit d'un rapport de force entre 2 parties: le vendeur et l'acheteur. Et, si l'un des 2 est beaucoup plus fort que l'autre, il l'écrase.

Ainsi, l'Etat nous écrase avec ses taxes qu'on ne peut pas négocier (même le prix du pain ne peut pas être négocié). Et, si on est une TPE ou une PME, ou un exploitant agricole, par exemple, ce n'est pas nous qui définissons le prix du produit qu'on veut vendre et, souvent, on ne peut même pas vendre au plus offrant. En définitive, le vendeur fort impose un prix fort à l'acheteur faible et l'acheteur fort impose un prix faible au vendeur faible.

Nous avons donc 2 règles du jeu dans ce monopoly qui mènent aux injustices que l'on connait.

 

2/ Tout ce qui ne conduit pas à gagner de l'argent est considéré comme une charge et, donc, nuit. Tout ce qui est social, service que l'Etat s'est engagé à rendre à ses concitoyens, est considéré comme nuisible, car il se traduit par des chiffres négatifs. L'environnement est aussi une charge. Polluer fait partie des "dommages collatéraux" de la production, qui, elle, est vue de façon positive.

 

But:

 

Inventer de nouvelles règles plus équitables et plus respectueuses de l'individu et de la nature, car c'est là que l'individu espère continuer de vivre. Ces règles devraient donner à chacun un maximum de liberté et de confort de vie et un minimum de contraintes, dans la mesure ou cette liberté et ce confort n'entravent pas ceux des autres.

On voit là qu'il doive exister un moyen de maintenir un certain équilibre, car il y aura tendance des uns à tirer la couverture à eux, ce qui aura fatalement pour conséquence de découvrir les autres.

 

Moyens:

 

Pour arriver à nos fins, je propose une organisation que j'appelle holocratie et qui pourrait brièvement être présentée au travers des 3 règles de base suivantes :

 

  1. transaction holocratique

  2. potentiels de nuisance et limites infranchissables

  3. argent multidimensionnel

 

transaction holocratique

Il s'agit des transactions sans vendeur. Les transactions sont basées sur ce qu'on pourrait appeler la valeur intrinsèque d'un produit. Le produit est lui-même détenteur de sa valeur et aucun vendeur ne vient s'enrichir en le distribuant. Vendre n'existe pas. Acheter existe. Ainsi, l'argent sort de la poche de l'acheteur, mais il n'entre dans aucune autre poche. Il est perdu. Consommer signifie simplement brûler l'argent (pour en créer, il faut travailler, au sens large).

Cette idée n'est pas complètement nouvelle. L'écosociétalisme en fait également sa pierre angulaire. Ceci dit, c'est une idée tout bonnement géniale, qui mérite qu'on la prenne sérieusement en considération.

 

potentiels de nuisance et limites infranchissables

Le type de transactions dit holocratique est nécessaire, afin de réduire les disparités sociales, mais pas suffisant. Il est, en effet, essentiel d'y ajouter une série de gardes-fous qui empêcheraient ceux qui seraient tentés, de sortir du cadre.

Les barrières proposées partent du principe que toute activité humaine est potentiellement nuisible soit à l'environnement, soit à la société (ou une ethnie ou un groupe) soit aux autres individus et doivent viser à éviter tout débordement.

Ainsi, il faut d'abord définir les principales sources de nuisance et mettre en place un mécanisme pour les maintenir dans l'ordre du raisonnable. On aurait donc un mécanisme qui empêcherait de franchir des seuils au-delà desquels des individus, des groupes ou l'environnement seraient considérés comme mis en danger. Ceci peut se faire à l'aide de la 3ème proposition.

 

argent multidimensionnel

Le mécanisme dont il est question peut être implémenté à travers la définition de l'argent elle-même, ajoutant à ce-dernier autant de dimensions supplémentaires qu'il est nécessaire afin de rendre compte de tous les types de nuisance que l'on veut voir contrôlées.

A priori, il suffit pour cela de 4 dimensions qui, pour faire simple, se traduiraient par un compte en banque à 4 valeurs positives. La première serait la mesure de l'effort accompli dans notre activité, les trois autres représentant les bonus qu'on gagnerait pour s'acquitter des nuisances que l'on ne manque pas d'infliger aux individus, aux groupes et à l'environnement.

Toute activité officielle tendrait à faire évoluer au moins l'une de ces 4 valeurs, et le banquier veillerait à ce qu'aucune ne passe dans le négatif ou au-delà d'un seuil considéré comme infranchissable, car potentiellement dangereux (proposition 2).

 

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2 septembre 2009 3 02 /09 /septembre /2009 12:35

Le croyant a une idée plus ou moins précise de ce qui fait l'objet de sa croyance ; il l'a figé en lui, puisqu'il y croit dur comme fer. L'athée, quant à lui, a fait exactement le même travail intellectuel : il a figé en lui l'idée d'un dieu en lequel il ne veut pas croire. Seul l'agnostique qui ose avouer qu'il ne sait pas – tel Aristote : « ma seule certitude est que je ne sais rien » – est finalement sur le chemin spirituel.

Bon. J'admets qu'on peut être engagé sur une voie spirituelle et garder l'attitude du chercheur qui ne se prononce pas. Mais mon propos est celui de l'homme de la rue. Et, qui plus est de l'homme encadré par une société qui a pris en charge de le gérer.

La société s'articule toujours autour d'une idée figée. Que ce soit un dogme laïque comme dans le communisme ou religieux comme dans une théocratie, la société proposée est figée. Et dans tous les cas, c'est une espèce de dictature car elle exclut la non-adhésion à ce dogme.

La démocratie a fait un pas en arrière en inventant les élections, qui sont des événements ponctuels où le citoyen a le droit de choisir sa prison en quelque sorte, puisque, après les-dites élections, on aura figé une fois de plus le mode de fonctionnement de la société pour un certain nombre d'années. C'est en ce sens que la démocratie est, elle aussi, au sens large, une dictature. Evidemment, le fait d'avoir le droit de voter et le fait de la liberté d'expression adoucissent considérablement celle-ci, mais cela n'en demeure pas moins une dictature.

 

De fait, on n'a pas encore inventé une organisation sociale agnostique où le pays ne serait pas dirigé mais simplement existant.

Pourquoi diriger ? Pourquoi donner un cap ? Où voulez-vous donc aller ?

Si vous choisissez une destination, vous pourrez être sûr que tout le monde ne sera pas satisfait, puisqu'on ne souhaite pas tous aller dans cette direction, quelle qu'elle soit. C'est pourtant évident. Mais vous vous obstinez à nous orienter.

Il me semble qu'il est temps – largement temps – de mûrir et de voir les choses telles qu'elles sont. Votre obstination à nous gouverner nous conduit dans une impasse. Et ce que vous appelez crise n'est que la mesure de votre incapacité à nous mener à bon port, car il n'existe pas de bon port. Il n'existe que des illusions de bons ports. Ceux où on aurait un avantage sur les autres. Mais à l'heure de la globalisation, les autres c'est nous. Autrement dit, il y a ceux parmi nous qui ont des avantages sur d'autres parmi nous. A l'heure de la globalisation, que l'on meurt de faim au Bangladesh, en Ethiopie ou à Paris, c'est la même chose.

 

Alors, que serait une organisation sociale agnostique ?

Je l'appelle ainsi (vous l'aurez compris) par référence à l'attitude de l'agnostique, qui ne se prononce pas, par rapport aux questions spirituelles.

Par extension, une société agnostique serait une société qui ne se prononcerait pas quant à la direction à prendre. Ce serait une société qui ne serait ni de gauche ni de droite ni du centre ni d'aucun extrême. On n'y voterait pas une fois de temps en temps pour fixer un cap à suivre, puisqu'il n'y aurait pas de cap. On voterait au contraire à chaque fois qu'on se sentirait concerné par une activité qui se prépare. Cela n'empêcherait pas d'avoir des observateurs veillant à ce qu'une certaine cohésion et une certaine cohérence soient maintenues, mais ces observateurs ne seraient pas des demi-dieux qui nous dicteraient leur loi. Ils auraient un avis, important certes, mais qui ne serait qu'un avis...

Voilà ce qu'il faudrait, si on voulait être juste et honnête. Voilà l'orientation que j'appelle de mes vœux et que je nomme holocratie.

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7 août 2009 5 07 /08 /août /2009 18:18

 

Pour ceux qui commencent à réfléchir un peu sur la question, l'analyse est toujours la même (à l'instar de ce qu'on peut découvrir dans les vidéos ci-dessous).  (Vous pouvez voir aussi cette petite histoire de mon cru)
On est tous d'accord : le monde est injuste et il est urgent de faire quelque chose. Mais quoi ?

Les films présentés ici, optent pour des monnaies parallèles, qui seraient gérées par le citoyen, créant ainsi ce qu'on appelle un Système d'Echange Local (SEL).

En principe, je n'ai rien contre, car toute initiative est bonne à prendre. Mais, dans le fond, à mon sens, ce n'est pas vraiment une solution. La vraie solution en est une qui ne dépende pas de la bonne volonté des participants et surtout de celle des organisateurs. Si mon bonheur ne dépend que de celui qui me dirige, je suis à sa merci. Je suis son esclave. Même s'il est bienveillant et gentil avec moi.

Alors, je vous laisse découvrir ces vidéos, mais je vous donne rendez-vous sur la page « quelle société voulons-nous pour demain ? »

Et puis, prenez ceci en considération :
 

1. 95% de la masse monétaire mondiale, c'est des dettes. 95% ! Ça veut dire que si tout le monde voulait rembourser gentiment ses dettes, il y aurait 95% de la masse monétaire mondiale en moins. Vous pouvez alors imaginer la catastrophe économique (mondiale !). Presque toutes les usines ferment. Chômage. Pénuries en tout genre. Guerres. Forcément.
Mais, en fait, on ne peut même pas "rembourser gentiment", car qui dit dettes dit intérêts. Or, il n'y a pas assez d'argent, matériellement, pour rembourser les dettes avec les intérêts (surtout en cette quantité). Donc, il reste 2 solutions :
a. les gros magnats des finances du monde entier se réunissent et décident gentiment à l'unanimité de tout effacer (vous y croyez ? Moi pas)
b. ils laissent couler jusqu'à ce que ça pète (en assurant leurs arrières, bien sûr). Là, évidemment, ça débouche aussi sur une guerre.
Un fait est que, toutes les crises financières passées se sont soldées par des guerres. Car c'est le moyen le plus "commode" pour remettre les compteurs à 0. Le problème, outre le côté inhumain de la chose que j'exècre, c'est que ça ne résout rien. Parce qu'on reste dans le même système, qui va repartir de plus belle jusqu'à la prochaine crise.

2. L’énergie : en ce moment, c’est le pétrole avant tout. Le solaire, le géothermique et autres éoliennes, c’est peanuts, juste de la poudre aux yeux. Or, on sait tous que le pétrole diminue de façon vertigineuse. Là encore, l’issue sera catastrophique. Et personne ne peut rien y faire. On aura beau manifester et protester.

3. La population : nous sommes 6,5 milliards sur Terre (et même un peu plus). Et ça grimpe tous les jours.

En fait, les 3 paramètres (argent, énergie, population) enflent, pour le 1er et le 3ème, ou décroissent, pour le 2nd, de façon exponentielle. Autrement dit, on ne va pas vers la catastrophe, on s’y précipite en accélérant.
Voilà. Ça, ce sont les faits.

Bon. Si je vous dis tout ça, ce n’est pas pour vous saper le moral, mais simplement pour que vous utilisiez votre énergie à bon escient, en pensant à l’après.
Comment, nous le peuple, on peut aussi assurer nos arrières ? Comment s’opposer, éventuellement au mot d’ordre qui ne manquera pas de venir, de nous enrôler dans une nouvelle guerre ? (On nous maintient dans l’ignorance, on nous abêtit avec des programmes TV à la noix, et, le moment venu, on nous désignera un ennemi qu’il faudra absolument combattre. Tous les « on » auront orchestré ça et s’amuseront à la géguerre dans leurs QG, pendant que le peuple crèvera en héros sous les vraies bombes).
On doit tous constamment avoir ça à l’esprit, si on ne veut pas faire office de pantin ou de pauvre mouton qui suit constamment.
Mais que peut-on vraiment proposer ?

De mon côté, je suis un utopiste ou un rêveur, comme vous voulez. Que l’holocratie ne se réalisera sans doute jamais, j’en suis conscient. Mais, pour moi, c’est comme un idéal dont il faudrait tenter de s’approcher (sans jamais vraiment l’atteindre).




L'ARGENT (part 1/3)
von Alf-Red


Partie II. "dollarisation" de l'économie...


L'ARGENT (part 2/3)
von Alf-Red


Partie IIIalternative trouvée: réinvention du troc à travers une monnaie locale

 


L'ARGENT (part 3/3)
von Alf-Red



Partie I. témoignages poignants du ravage de la dette de la Turquie et de l'Argentine (exemples parmi d'autres)

 


PS:

Apparemment, le "système" lutte contre la propagation de ces idées et vire les vidéos "subversives" (un peu comme dans les pays totalitaires où des "lois" sont appliquées pour empêcher les gens d'accéder à l'information qui dit les choses comme elles sont). Ceci explique pourquoi les vidéos que j'ai insérées ici ne sont plus accessibles.

Alors, il faudra que tu les cherches toi-même. Essaie avec bing "argent dette". Tu trouveras peut-être encore quelque chose (avant que ça ne disparaisse).

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24 juillet 2009 5 24 /07 /juillet /2009 21:13
 

Toute organisation sociale, présente ou passée, implique une structuration autour d'un individu qui joue un rôle central et privilégié. On appellera un tel individu, suivant le cas, chef, roi, empereur, président, etc. Et, comme, par construction, cet individu privilégié est l'élément distingué de la société, toutes les autres fonctions que l'on définira lui seront subordonnées. Ainsi, il se formera une hiérarchie de responsabilités qui aura pour sommet cet être distingué.

Ceci posé, on édicte des règles pour solidifier cette structure et pour assurer aux occupants des fonctions définies dans cette hiérarchie une certaine stabilité à travers des écritures sur des papiers dits officiels visant à donner une légitimité à la chose. On crée ainsi une échelle sociale où l'échelon supérieur aura un pouvoir sur les échelons inférieurs de manière autorisée, puisque des règles écrites et signées lui donnent ce pouvoir.

On définit 3 catégories de règles pour structurer la société :

  • celles qui, comme nous venons de le voir, définissent les fonctions hiérarchiques, les légitiment et en définissent les modalités d'attribution ;

  • celles qui délimitent le cadre d'exercice de ces fonctions ;

  • celles qui pénalisent les contrevenants.

Autrement dit, si nous regardons tout cela à la manière d'un jeu, nous avons des règles pour dire quel est le rôle de chaque joueur et comment il obtient ce rôle ; ensuite, on définit ce que le joueur a le droit de faire et ce qui lui est interdit, quand il incarne ce rôle ; et enfin, quelle punition lui sera infligée s'il contrevient à ces règles.

Par ailleurs, les activités humaines – à la base, celles-ci sont d'ordre vital, puisque nous sommes obligés de trouver dans la nature des moyens de nous nourrir pour vivre, mais, par la suite, toutes les activités – seront quantifiées à l'aide d'une unité dite monétaire. On crée ainsi de l'argent que l'on attribuera à chaque membre de la société, en plus ou moins grande quantité, selon des règles strictes. Par ailleurs, l'argent est déclaré base de tous les échanges. Au départ, il s'agit de l'échange du produit des activités humaines, mais, par extension, on appellera produit tout objet matériel ou immatériel susceptible d'intéresser autrui (par exemple, une promesse peut être vue comme un produit ; on achète donc des promesses).

Ainsi, dans toute société, il existe 2 moyens de gagner de l'argent : occuper une fonction qui sera rémunérée selon un code prédéfini ou faire du commerce, c'est-à-dire, vendre des produits (matériels ou immatériels). Pour le premier moyen, il faut, théoriquement, avoir la qualification requise, ce qui implique de faire des efforts plus ou moins considérables pour atteindre le niveau nécessaire. Quant au second, il ne requiert aucune compétence préalable, a priori.


En tant qu'individus, nous naissons dans une telle structure hiérarchique, avec ses règles et ses imperfections, et, à cause de la rigidité dans laquelle elle s'est volontairement ancrée, nous en sommes prisonniers.

Evoluant dans cette société, nous tenterons de développer des qualités qui nous permettront de nous y adapter de notre mieux, soit en apprenant à nous contenter du cadre qui est le nôtre à la naissance, soit en essayant d'en changer. On sera naturellement tenté par l'ascension sociale, vu que chacun a le sentiment que son supérieur hiérarchique est mieux loti que soi-même, et/ou nous chercherons à accéder à plus d'argent que ce qui pourrait nous être attribué au départ.

Et, comme nous venons de le voir, les 2 chemins possibles à cet effet sont de suivre un cursus scolaire le plus poussé et le plus performant possible, afin d'occuper un poste élevé, ou alors, tenter le commerce (au sens large – car, faire commerce de son corps, par exemple, entre dans cette catégorie, tout autant que faire un métier artistique). Bien sûr, il existe une troisième voie – mais elle implique de se mettre hors-la-loi –, c'est voler l'argent des autres.


Arrêtons-nous quelques instants sur ce petit exposé.

Force est de constater que notre démocratie oriente nos activités dans deux directions :

  • en créant artificiellement des niveaux hiérarchiques auxquels on est tenu de se plier, elle nous oblige à prédestiner nos enfants à une scolarisation à outrance les obligeant à faire l'effort de poursuivre cette scolarité le plus loin possible, pour leur donner une chance de grimper ou de se maintenir sur l'échelle sociale ;

  • tout aussi artificiellement, elle nous pousse à chercher toujours plus d'argent, ce qui tend à devenir le but de notre existence, alors que d'autres aspects de la vie sociale, comme l'amitié, l'entraide ou la préservation de notre écosystème ne sont vus que comme des charges qui pénalisent chacun.

Ainsi, dans notre organisation sociale, rien ne nous pousse – outre une prise de conscience individuelle – à agir dans le sens du bien-être de l'humanité et de la préservation de l'environnement.

Voilà où on en est. Voilà ce qu'on accepte. Voilà ce qu'on continue de soutenir en trouvant cela tout naturel.


L'alternative que je propose – l'holocratie – a pour finalité de gommer tous ces défauts de la démocratie.

Dans un monde holocratique, tel que je le conçois, l'individu est libre, et, en même temps soucieux de son prochain et de la nature. Son but n'est pas de travailler pour gagner plus, mais pour s'épanouir plus (soit directement, à travers son travail, soit indirectement, parce que la rémunération de son activité lui permettrait d'atteindre l'objectif qu'il se serait fixé).

Pour ce-faire, l'organisation sociale doit se faire sur un tout autre principe que ce que l'on connaît et qu'on a expérimenté jusqu'à présent. Il faut oublier cette pyramide sociale et sa rigidité et il faut oublier la manière actuelle de faire du commerce.

Tout d'abord, disons qu'il ne doit pas y avoir de chef suprême. Pas même quelqu'un qui serait le garant du système. Le système doit pouvoir tenir debout tout seul, sans l'aide d'un quelconque serviteur de la république.

En second lieu, les activités doivent, évidemment, être rémunératrices. Mais, toutes les activités. Si j'aide mon voisin septuagénaire à faire ses courses ou que je fais le ménage chez moi, j'ai autant travaillé que si j'avais développé un programme sur l'ordinateur pour le compte d'une entreprise. Je dois donc, pareillement, être payé. Quant à savoir combien, il faut s'en remettre à la voix du peuple. En créant une bourse des activités, on offre à chacun la possibilité de prendre part aux processus de rémunération. Le prix d'une activité subirait, ainsi, les fluctuations du marché (auquel chacun aura pris part), pour refléter les tendances du moment, fonctions des préoccupations des gens et de leurs besoins.

Pour ce qui est de la consommation, le produit à consommer est détenteur de son propre prix (pour plus de détails là-dessus, voir ici). Et, tout comme l'activité, il a sa propre bourse – la bourse des produits –, fonctionnant sur le même principe.

La bourse des activités et la bourse des produits sont les deux piliers qui permettent à l'édifice humain de tenir debout dans une société holocratique. Mais, cela n'est pas suffisant, car nous voulons que notre société soit orientée vers le bien-être de tous et de la nature. Et, pour cela, on a besoin de donner un peu plus de relief à notre argent. En dotant celui-ci de 4 dimensions (4 valeurs indépendantes), on atteint ce but. Imaginons que ces 4 dimensions soient (D, I, C, E) pour répondre respectivement aux besoins de la disponibilité, de l'individu, de la collectivité et de l'environnement (voir exemple).

Toute activité aura pour but d'augmenter au moins l'une de ces 4 composantes. Mais, elle pourra éventuellement être pénalisante pour d'autres. Si, par exemple, elle est polluante, elle aura sa composante E négative. Ainsi, on pourrait avoir des cas de rémunérations du type (40, 100, 10, -20). Il faudrait apprendre à gérer soi-même son porte-feuille d'activités pour n'être négatif dans aucun des domaines. Autrement dit, il ne faudra pas travailler à 100% avec le salaire de l'exemple ci-dessus ; il faudra trouver quelque chose pour compenser la valeur négative (aller planter des arbres, par exemple).

Et, on voit là que, nécessité faisant loi, on s'orienterait plus facilement – et quasi-automatiquement – vers des activités moins polluantes, plus bénéfiques pour la collectivité et pour l'individu.

Reste à ajouter que la consommation tend à faire fondre les sommes cumulées par les gains, de sorte qu'il faille recommencer à agir pour perpétuer le cycle naturel de la vie. Avec cette particularité que personne ne vend les produits à acheter, si bien que l'argent de la consommation disparaît simplement.

Et, pour être complet, il faut ajouter une dernière règle, afin que la société demeure égalitaire et qu'il ne se trouve pas des éléments à l'avidité féroce qui créeraient des déséquilibres : aucun compte en banque ne doit dépasser une valeur butoir donnée, dans aucune de ses composantes. De même qu'aucune composante ne doit rester négative plus d'un temps donné.


Il y a sûrement des tas de choses à améliorer et des détails à peaufiner, mais le principe est là.

Voilà, en quelques mots, ce qu'est pour moi l'holocratie.

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18 juillet 2009 6 18 /07 /juillet /2009 20:16

On se plaint tous de la corruption, des malversations, de l'enrichissement indécent des uns pendant que les autres crèvent de faim ; on dénonce les magouilles ; on dénonce l'irresponsabilité des particuliers et de l'Etat face au désastre causé à l'environnement...

On s'arrache les cheveux et on se désespère.

Par quel bout prendre les problèmes ? Auquel doit-on s'attaquer en premier ? Il y en a tellement !

Les plus philosophes d'entre nous, vont nous dire qu'en réalité, il n'y a pas DES problèmes, mais juste un : c'est l'homme avec sa cupidité.

Soit.

Mais cette réflexion ne fait pas avancer les choses. Tâchons d'être plus pragmatiques.

L'homme est ce qu'il est. Il tente, du mieux qu'il peut, de s'adapter à son environnement (au passage, c'est ça la loi de Darwin : s'adapter à son environnement, et rien d'autre). Il en résulte tout naturellement qu'il faut changer cet environnement. Si on veut que l'homme soit plus honnête, il faut créer un environnement où il ne pourrait pas être malhonnête.

Et lequel ?

Tout d'abord, sachons reconnaître ce qui nous a menés jusqu'ici. Or, c'est très simple : la façon que l'on a de pratiquer l'échange (le commerce).

Nous avons, en effet, 2 acteurs -- un acheteur et un vendeur --, un produit -- appartenant au vendeur --, et une somme d'argent -- appartenant à l'acheteur. Le vendeur cède son produit en échange de quoi l'acheteur se désaisit de son argent au profit dudit vendeur.

Dans un milieu neutre, le vendeur et l'acheteur vont "marchander" jusqu'à ce qu'ils soient tous les deux d'accord sur la transaction, même si chacun des deux aura tendence à vouloir "arnaquer" l'autre. On dira que c'est de bonne guerre... Mais, dans un milieu où l'un des 2 est nettement plus fort que l'autre, ce jeu devient de l'arnaque pure. C'est pourquoi, je dis que cette règle est la base de tous nos problèmes.

J'avance donc que, si on veut VRAIMENT résoudre tous nos problèmes, il faut et il suffit de changer cette règle du jeu de l'échange commercial.

Alors, on pourrait, par exemple, imaginer le jeu suivant (si vous avez d'autres idées, elles sont les bienvenues) : un échange sans vendeur. L'acheteur a de l'argent sur son compte en banque et le produit... aussi. Plus précisément, le produit a un compte en banque négatif (où il manque exactement la somme qu'il coûte). L'acheter signifierait simplement renflouer son compte. Dès lors, le produit serait affranchi (il n'aurait plus de compte, car plus de dette envers la banque), et deviendrait propriété de l'acheteur. Dans cette transaction, personne ne s'enrichit, car le but d'une consommation ne doit pas conduire des "vendeurs" à encaisser du fric. Une consommation signifie, au contraire, brûler l'argent emmagasiné à travers notre travail.

La question qui se pose alors est : "quel est le cheminement qui permet d'attribuer un compte au produit ?".

C'est simple : dès que quelqu'un (une entreprise ou un particulier) décide de le mettre sur le marché, il s'en "débarrasse" (il le donne gratuitement), en l'enregistrant de sorte à ce qu'il soit officiellement un produit susceptible d'être acheté. Encore une fois : on ne s'enrichit pas en vendant, car la vente n'existe plus. On ne peut s'enrichir qu'en travaillant.

Maintenant, vous me direz : "mais comment voulez-vous mettre un tel système en place ?". Ce à quoi je réponds qu'il faut d'abord que l'idée devienne une évidence pour tous, et cela se mettra naturellement en place le moment venu.

 

 
"Toute idée nouvelle est moquée au début, puis, après un certain temps, violemment attaquée, avant d'être, bien plus tard, vue comme une évidence" (bien entendu, elle peut également être ignorée, mais c'est juste une autre manière de s'en moquer)
 

Arthur Schopenhauer.

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16 juillet 2009 4 16 /07 /juillet /2009 18:43

Nombreux sont ceux, parmi nous, qui manifestent d'une façon ou d'une autre, leur mécontentement, leur colère, leur désapprobation… face à tout ce qui se déroule sous leurs yeux en matière de (mauvaises) décisions sur le plan politique, économique et social. Beaucoup ont été poussés à ouvrir un blog pour manifester cette colère sur "la voie publique". Et, un certain nombre proposent des idées pour que les choses s'améliorent.

Alors, je me suis amusé à classer ces idées selon les 4 "degrés" (ou ordres) suivants (sans aucun esprit de jugement) :


1° ordre: c'est du genre, appel au bon sens et aux responsabilités des politiciens, afin qu'ils "ouvrent les yeux"; du style "vous ne voyez donc pas ce qui se passe; faites quelque chose !"

2° ordre: là, on est un peu plus concret; on propose de nouvelles lois et des amendements pour que la règlementation se fasse mieux.

3° ordre: on va plus loin, en disant qu'il faut carrément refonder cet imbroglio de lois en créant, pourquoi pas, une VI° République.

4° ordre: refonte pour refonte, on propose totalement autre chose.

Inutile de dire que plus l'ordre est élevé, moins il y a de candidats qui le représentent. A ce jour, au niveau du "4° ordre", je ne vois, outre l'holocratie présentée ici, qu'une seule idée concurrente: le sociétalisme.

Alors, penchons-nous un peu sur ce modèle de société, et voyons s'il existe des points communs avec l'holocratie et quelles sont les principales divergences entre les deux.

Tout d'abord, le sociétalisme, qu'est-ce que c'est ?
Sur les pages qui lui sont dédiées, on peut lire en détail ce qu'il en est, mais ici, je ne veux qu'en résumer les principales caractéristiques.

  • A la base, on a une unité de mesure des activités (consistant à produire des biens ou dispenser des services) ; cette unité est une fraction de temps (6 min.). Ainsi, en une heure d'activité, on gagne 10 unités.

  • Le produit (ou le service) global passe par toute une chaine de productions (ou de services) intermédiaires et son coût total est le cumul des coûts intermédiaires engendrés.

  • L'argent pour financer ces coûts est créé selon les besoins

  • L'argent de ceux qui achètent le produit ou le service est consommé au sens strict du terme; c'est-à-dire qu'il disparaît.

  • La notion de "travail sociétal" apparaît alors : un travail est dit sociétal, lorsqu'il va dans le sens du "bien-être collectif". Ainsi, chacun est libre de choisir son activité au sein de cette société, mais sa rémunération sera d'autant plus conséquente qu'il ou elle effectuera un travail plus sociétal. Il y a donc également une notion de degrés de bien-être collectifs.

  • Chaque citoyen, actif ou non, reçoit un "Revenu Social" (RS) lui permettant de vivre décemment. Par conséquent, un impôt (la Contribution Eco Sociétale, CES) est prévu afin, d'une part, de couvrir ce Revenu Social, et d'autre part, de rémunérer les activités non commerciales. Cet impôt est prélevé selon une logique "sociétale", c'est-à-dire que moins on contribue au bien-être collectif, plus on paye (selon le principe "les pollueurs sont les payeurs") .

  • Un autre impôt existe ; il concerne ceux qui choisissent d'être propriétaires de leur habitation. En fait, il s'agit d'un loyer (?). Là, j'avoue ne pas très bien comprendre. Car, si le propriétaire paye un loyer, que paie le locataire ?… il loge gratuitement ? dans un logement qui appartient à la collectivité ? (Qu'un représentant de l'écosociétalisme éclaire ma lanterne)

  • Les outils de production, les biens immobiliers, le mobilier, etc., sont mis à la disposition de l'entrepreneur à condition que son projet d'entreprise soit accepté.

  • L'héritage est limité à une génération, afin d'empêcher qu'une même famille ne cumule des biens et se rende de plus en plus puissante au fil du temps.

Voilà pour l'essentiel.



Alors, ce qui me plaît, et qui correspond assez bien à ce que je propose, c'est le mécanisme consistant à détruire l'argent à la consommation. Pour le reste, je suis plus que sceptique.

Tout semble idyllique, puisque le gouvernement est bienveillant et responsable. Il agit, et nous pousse à agir dans le sens du « bien-être collectif », donc du bonheur de chacun dans un monde où la pollution et les autres anomalies engendrées par la démocratie de l’ultralibéralisme seraient limitées, voire éliminées.

Mais, ce qui me gêne, c'est, justement, qu'il y ait un gouvernement central "bienveillant" qui régule toute cette machine. Je ne crois pas à la bienveillance, et je n'accepte pas la hiérarchie, même bienveillante. Cela me donne le sentiment d’être bridé et que ma liberté est bafouée. De surcroît, les notions de propriété s’effondrent.

Voilà pourquoi je n’adhère pas au modèle sociétal.

L’holocratie est un modèle où personne ne dicte ce qu’il faut faire ou ne pas faire. Mais, les moyens d’échange obligent tout le monde à prendre en compte l’activité et la nuisance potentielle de cette activité vis-à-vis de ses semblables et de l’environnement, avec la notion d'argent multidimensionnel.

C’est chacun, à travers une bourse des activités et une bourse des rémunérations de ces activités qui régule les orientations de la société.

Je ne peux pas asséner le coût d’une activité ou la taxe à payer pour les nuisances causées par l’automobile, par exemple. Mais je sais définitivement que la nuisance existe. C’est pourquoi, c’est à nous tous d’en définir le coût, selon le principe de la bourse.

La bourse, si elle fonctionne correctement (pas comme maintenant), est l’outil le plus démocratique qui soit. La bourse devrait être le pendant économique du référendum, où chacun pourrait « voter » la hausse ou la baisse d'un produit... Voilà, selon moi, la direction dans laquelle il faudrait creuser.

En second lieu, je considère qu'un impôt est toujours justifié a priori, et apparaît toujours injuste a posteriori. Et il l'est.

Et pourquoi cette idée de Revenu Social ? A vouloir faire de nous des gens dignes et égaux, on imagine qu'il faille faire de nous des assistés. Pour moi, l'aspect sociétal doit être résolu différemment. Aider son prochain est une activité comme une autre. C'est un service qui est rémunéré selon le même principe que les autres services. Et ainsi, plus besoin de CES.

 

Quant à la propriété qui est le bien de la collectivité... on retourne dans le communisme en clamant le contraire. Ce n'est tout simplement pas acceptable qu'on nous aliène le droit à la propriété, même si c'est mesquin égoïste et tout ce que vous voudrez...

 

En vérité, en vérité je vous le dis,

Il n'y a qu'une société adéquate, c'est l'holocratie.

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10 juillet 2009 5 10 /07 /juillet /2009 17:02
 

14 juillet, jour de Fête Nationale.

Le 14 juillet 1789, c'est la prise de la Bastille, symbole qui marque la fin de l'Ancien Régime et le début de la Révolution Française. C'est la fin de la société d'ordres et de privilèges.

Finis les comtes, les ducs, les marquis, les barons... fini le roi et sa cour. Désormais, nous sommes tous des citoyens libres et égaux en devoirs comme en droits. Quel pas prodigieux a été franchi là !

La veille encore, personne n'osait y croire. Les Montesquieu, les Rousseau, Talleyrand ou autres Voltaire s'étaient pourtant évertués à faire, chacun à sa manière, la lumière auprès de ceux qui voulaient bien les entendre. Mais, ils avaient sans doute été considérés par leurs pairs comme de « doux rêveurs » aux idées un peu loufoques et, de toute façon, irréalisables. Vous pensez bien ! Vouloir que cesse le despotisme et que les braves gens sortent de leur condition misérable...

Et pourtant, cela s'est fait, et voilà que nous vivons, grâce à eux, en démocratie (« gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple », ainsi que cela est gravé dans notre constitution dont on peut lire le début ici* ).

Alors, bien sûr, cela ne s'est pas fait sans effusion de sang. Ça a même été brutal et sanglant, voire barbare. Et pourquoi donc ?

Je suis d'avis que les braves gens sont d'autant plus barbares, quand ils se déchainent, qu'ils avaient été incrédules quand on leur expliquait que leur avenir était entre leurs mains. S'ils avaient simplement marché, à la manière de Gandhi, la tête haute, déterminés et sûrs de leur bon droit, l'événement serait resté tout aussi puissant, voire plus, en tout cas, il aurait été pacifique.

Mais, on ne refait pas l'histoire...

Par contre, on doit s'en souvenir, afin de ne pas retomber dans les mêmes travers.


Or, à présent que nous sommes dans notre chère démocratie, tous libres et égaux, tous frères ou presque, que nous manque-t-il donc pour être heureux ? N'avons-nous pas obtenu ce que nous voulions ? Ne sommes-nous pas débarrassés de la tyrannie du tout-puissant qui nous oppresse et nous opprime ?

Vous me direz : « en théorie oui, mais dans les faits... ».

Mais alors, qu'est-ce qui cloche ? Nos chers et brillants penseurs des Lumières n'ont-t-ils pas assez bien travaillé ?

Ne leur jetons pas la pierre. Le progrès qu'il nous ont fait faire a été considérable. Mais, à présent, il faut faire un nouvel effort, mener une nouvelle réflexion. Il est temps (s'il n'est pas déjà trop tard) de se diriger vers quelque chose qui ressemble à l'holocratie...


* Préambule de la Constitution de la Cinquième République française

Le peuple français proclame solennellement son attachement aux Droits de l'homme et aux principes de la souveraineté nationale tels qu'ils ont été définis par la Déclaration de 1789, confirmée et complétée par le préambule de la Constitution de 1946, ainsi qu'aux droits et devoirs définis dans la Charte de l'environnement de 2004.

En vertu de ces principes et de celui de la libre détermination des peuples, la République offre aux territoires d'Outre-Mer qui manifestent la volonté d'y adhérer des institutions nouvelles fondées sur l'idéal commun de liberté, d'égalité et de fraternité et conçues en vue de leur évolution démocratique.

 

I. DE LA SOUVERAINETE

Article 1er

La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. Son organisation est décentralisée.

La loi favorise l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives, ainsi qu’aux responsabilités professionnelles et sociales.

2

La langue de la République est le français.
L'emblème national est le drapeau tricolore, bleu, blanc, rouge.
L'hymne national est la Marseillaise.
La devise de la République est Liberté, Égalité, Fraternité.
Son principe est : gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple.

3

La souveraineté nationale appartient au peuple qui l'exerce par ses représentants et par la voie du référendum.
Aucune section du peuple ni aucun individu ne peut s'en attribuer l'exercice.
Le suffrage peut être direct ou indirect dans les conditions prévues par la Constitution. Il est toujours universel, égal et secret.

Sont électeurs, dans les conditions déterminées par la loi, tous les nationaux français majeurs des deux sexes, jouissant de leurs droits civils et politiques.

4

Les partis et groupements politiques concourent à l'expression du suffrage. Ils se forment et exercent leur activité librement. Ils doivent respecter les principes de la souveraineté nationale et de la démocratie.

Ils contribuent à la mise en œuvre du principe énoncé au second alinéa de l'article 1er dans les conditions déterminées par la loi.

La loi garantit les expressions pluralistes des opinions et la participation équitable des partis et groupements politiques à la vie démocratique de la Nation.

II. LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE

5

Le Président de la République veille au respect de la Constitution. Il assure, par son arbitrage, le fonctionnement régulier des pouvoirs publics ainsi que la continuité de l'État.

Il est le garant de l'indépendance nationale, de l'intégrité du territoire et du respect des traités.

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