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16 juillet 2009 4 16 /07 /juillet /2009 18:43

Nombreux sont ceux, parmi nous, qui manifestent d'une façon ou d'une autre, leur mécontentement, leur colère, leur désapprobation… face à tout ce qui se déroule sous leurs yeux en matière de (mauvaises) décisions sur le plan politique, économique et social. Beaucoup ont été poussés à ouvrir un blog pour manifester cette colère sur "la voie publique". Et, un certain nombre proposent des idées pour que les choses s'améliorent.

Alors, je me suis amusé à classer ces idées selon les 4 "degrés" (ou ordres) suivants (sans aucun esprit de jugement) :


1° ordre: c'est du genre, appel au bon sens et aux responsabilités des politiciens, afin qu'ils "ouvrent les yeux"; du style "vous ne voyez donc pas ce qui se passe; faites quelque chose !"

2° ordre: là, on est un peu plus concret; on propose de nouvelles lois et des amendements pour que la règlementation se fasse mieux.

3° ordre: on va plus loin, en disant qu'il faut carrément refonder cet imbroglio de lois en créant, pourquoi pas, une VI° République.

4° ordre: refonte pour refonte, on propose totalement autre chose.

Inutile de dire que plus l'ordre est élevé, moins il y a de candidats qui le représentent. A ce jour, au niveau du "4° ordre", je ne vois, outre l'holocratie présentée ici, qu'une seule idée concurrente: le sociétalisme.

Alors, penchons-nous un peu sur ce modèle de société, et voyons s'il existe des points communs avec l'holocratie et quelles sont les principales divergences entre les deux.

Tout d'abord, le sociétalisme, qu'est-ce que c'est ?
Sur les pages qui lui sont dédiées, on peut lire en détail ce qu'il en est, mais ici, je ne veux qu'en résumer les principales caractéristiques.

  • A la base, on a une unité de mesure des activités (consistant à produire des biens ou dispenser des services) ; cette unité est une fraction de temps (6 min.). Ainsi, en une heure d'activité, on gagne 10 unités.

  • Le produit (ou le service) global passe par toute une chaine de productions (ou de services) intermédiaires et son coût total est le cumul des coûts intermédiaires engendrés.

  • L'argent pour financer ces coûts est créé selon les besoins

  • L'argent de ceux qui achètent le produit ou le service est consommé au sens strict du terme; c'est-à-dire qu'il disparaît.

  • La notion de "travail sociétal" apparaît alors : un travail est dit sociétal, lorsqu'il va dans le sens du "bien-être collectif". Ainsi, chacun est libre de choisir son activité au sein de cette société, mais sa rémunération sera d'autant plus conséquente qu'il ou elle effectuera un travail plus sociétal. Il y a donc également une notion de degrés de bien-être collectifs.

  • Chaque citoyen, actif ou non, reçoit un "Revenu Social" (RS) lui permettant de vivre décemment. Par conséquent, un impôt (la Contribution Eco Sociétale, CES) est prévu afin, d'une part, de couvrir ce Revenu Social, et d'autre part, de rémunérer les activités non commerciales. Cet impôt est prélevé selon une logique "sociétale", c'est-à-dire que moins on contribue au bien-être collectif, plus on paye (selon le principe "les pollueurs sont les payeurs") .

  • Un autre impôt existe ; il concerne ceux qui choisissent d'être propriétaires de leur habitation. En fait, il s'agit d'un loyer (?). Là, j'avoue ne pas très bien comprendre. Car, si le propriétaire paye un loyer, que paie le locataire ?… il loge gratuitement ? dans un logement qui appartient à la collectivité ? (Qu'un représentant de l'écosociétalisme éclaire ma lanterne)

  • Les outils de production, les biens immobiliers, le mobilier, etc., sont mis à la disposition de l'entrepreneur à condition que son projet d'entreprise soit accepté.

  • L'héritage est limité à une génération, afin d'empêcher qu'une même famille ne cumule des biens et se rende de plus en plus puissante au fil du temps.

Voilà pour l'essentiel.



Alors, ce qui me plaît, et qui correspond assez bien à ce que je propose, c'est le mécanisme consistant à détruire l'argent à la consommation. Pour le reste, je suis plus que sceptique.

Tout semble idyllique, puisque le gouvernement est bienveillant et responsable. Il agit, et nous pousse à agir dans le sens du « bien-être collectif », donc du bonheur de chacun dans un monde où la pollution et les autres anomalies engendrées par la démocratie de l’ultralibéralisme seraient limitées, voire éliminées.

Mais, ce qui me gêne, c'est, justement, qu'il y ait un gouvernement central "bienveillant" qui régule toute cette machine. Je ne crois pas à la bienveillance, et je n'accepte pas la hiérarchie, même bienveillante. Cela me donne le sentiment d’être bridé et que ma liberté est bafouée. De surcroît, les notions de propriété s’effondrent.

Voilà pourquoi je n’adhère pas au modèle sociétal.

L’holocratie est un modèle où personne ne dicte ce qu’il faut faire ou ne pas faire. Mais, les moyens d’échange obligent tout le monde à prendre en compte l’activité et la nuisance potentielle de cette activité vis-à-vis de ses semblables et de l’environnement, avec la notion d'argent multidimensionnel.

C’est chacun, à travers une bourse des activités et une bourse des rémunérations de ces activités qui régule les orientations de la société.

Je ne peux pas asséner le coût d’une activité ou la taxe à payer pour les nuisances causées par l’automobile, par exemple. Mais je sais définitivement que la nuisance existe. C’est pourquoi, c’est à nous tous d’en définir le coût, selon le principe de la bourse.

La bourse, si elle fonctionne correctement (pas comme maintenant), est l’outil le plus démocratique qui soit. La bourse devrait être le pendant économique du référendum, où chacun pourrait « voter » la hausse ou la baisse d'un produit... Voilà, selon moi, la direction dans laquelle il faudrait creuser.

En second lieu, je considère qu'un impôt est toujours justifié a priori, et apparaît toujours injuste a posteriori. Et il l'est.

Et pourquoi cette idée de Revenu Social ? A vouloir faire de nous des gens dignes et égaux, on imagine qu'il faille faire de nous des assistés. Pour moi, l'aspect sociétal doit être résolu différemment. Aider son prochain est une activité comme une autre. C'est un service qui est rémunéré selon le même principe que les autres services. Et ainsi, plus besoin de CES.

 

Quant à la propriété qui est le bien de la collectivité... on retourne dans le communisme en clamant le contraire. Ce n'est tout simplement pas acceptable qu'on nous aliène le droit à la propriété, même si c'est mesquin égoïste et tout ce que vous voudrez...

 

En vérité, en vérité je vous le dis,

Il n'y a qu'une société adéquate, c'est l'holocratie.

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