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18 juin 2013 2 18 /06 /juin /2013 19:17

 

« … caviar pour les autres »

J. Higelin

 

En 1990, un cadre moyen avec un certain nombre d'années d'expérience pouvait gagner dans les 20000 FF/mois ( FF = francs français, tu sais le truc avant l'avènement de l'euro).

Le même cadre moyen gagnait en Allemagne dans la même période 10000 DM/mois (DM = deutsche Mark).

Sachant que 1DM valait environ 3,30FF, on avait un écart plutôt grand entre les 2 (13000FF brut de plus pour l'allemand chaque mois). Mais, en net, l'écart n'était pas si énorme. En France, on se plaint que le fisc nous pompe tout, mais notre cadre se retrouvait avec ses 20000 brut avec un net de 14000 alors que l'allemand n'avait plus que 5000DM net (env. 16000FF).

Tu me diras, c'est déjà pas mal. Mais attend.

 

En 2000, on est tous passés à l'Euro. Donc, l'allemand a divisé son salaire par 2, d'où un net de 2500€/mois et, dans le même temps, le français l'a divisé par 6,5 ; d'où un net de 2150€/mois (l'écart se resserre).

 

Si tu veux absolument qu'on parle d'augmentation de salaires, en Allemagne comme en France, on nous a servi la soupe de la crise et tu-comprends-la-conjoncture-etc, d'où presque rien. Mais, soyons magnanimes et admettons que chacun ait eu chaque année 3% (ce qui est plus qu'optimiste, puisque c'est tout bonnement faux, mais admettons).

Avec ce taux, ça donne 80€/mois de plus pour l'allemand au bout de 10 ans et 60 pour le français.

Donc, arrivés en 2013, voici nos deux collègues avec 2660€/mois pour l'un et 2270€/mois pour l'autre.

 

L'allemand garde l'avantage, mais là n'est pas le propos.

Rappelle-toi du prix moyen de la pizza en 1990. ce devait être dans les 25FF. Notre cadre français pouvait donc s'en payer 560 tous les mois. En Allemagne, elle valait plutôt dans les 5DM, du coup le cadre allemand pouvait en engloutir 1000 tous les mois.

A présent, quand une pizza est considérée comme pas cher, que ce soit ici ou là-bas, c'est dans les 8€. A ce prix, le français peut s'en taper 280 et l'allemand 330.

Autrement dit, le pouvoir d'achat du français a été divisé par 2 et celui de l'allemand par 3.

 

C'est le nivellement par le bas.

Bientôt, on va tous être égaux et manger à la soupe populaire.

 

A qui la faute ?

Ben, c'est la faute à ces jeunes golden qui crient comme des tarés dans un grand hall pour faire monter ou baisser les prix de tout un tas de trucs dont ils savent même pas à quoi ça sert ni comment c'est fait ni tout le mal qu'on s'est donné à les faire. Ils crient pour vendre ou pour acheter. Et les prix fluctuent en fonction de leurs cris. Tout le jeu consiste à faire des vagues et à se trouver en position d'acheteur là où on voit un creux et en position de vendeur quand la vague est haute.

Pendant ce temps, ceux qui ne peuvent pas crier raquent.

 

A la bonne vôtre !

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16 juin 2013 7 16 /06 /juin /2013 15:09

Descartes, avec son Discours de la Méthode, est l'initiateur de la philosophie moderne en occident, nous dit-on. Tout est donc de sa faute. Avec son « je pense donc je suis », il a commis le péché originel.

 

Je m'explique :

 

La méthode consiste à intellectualiser, donc à tout transférer dans l'hémisphère gauche de notre cerveau. Cela signifie aussi qu'on est tenu d'arriver à des conclusions, faire des démonstrations pour présenter un résultat. On aura donc tendance à passer par des chemins tortueux et alambiqués (afin d'embrouiller les esprits ?) pour arriver à nos fins. Et on assènera : « Dieu existe » ou, plus tard : « Dieu n'existe pas » ou, encore plus tard : « nous avons tué Dieu, inventons le surhomme », etc.

 

Le scientifique observe le monde et constate que, dans certaines conditions, s'il attend une particule en un point A et qu'il fasse des mesures pour voir si elle s'y trouve, il l'y trouvera. Et s'il réitère l'expérience en supposant qu'elle sera en B, elle se révèlera être en B.

Le philosophe n'hésite pas alors, en généralisant outrageusement, à nous dire que rien n'existe s'il n'y a pas de conscience pour le constater. Donc, le monde autour de nous n'est qu'une construction de notre esprit. N'est-ce pas de l'égocentrisme poussé à l'excès ?

Ne voulant pas être « hors je » (Michel Onfray), nous voilà poussés dans le « tout-à-l'ego » (Doria Tillier).

 

Et tout vient de ce « je pense, donc je suis ». Ce fut la première conclusion. La première mise de la charrue avant les bœufs. Il ne fallait surtout pas conclure « donc je suis », mais simplement poser la question « qui suis-je », sans plus.

La seule question qui vaille est « qui suis-je ? ». Mais on est allègrement passé outre en assénant ce « donc je suis ». On a mis l'ego en place et tout s'est mis à tourner autour. Un peu comme au Moyen-Age où la Terre était au centre de l'Univers. Il fallait, à l'époque, trouver aussi des lois farfelues et alambiquées pour expliquer le mouvement des planètes (ces astres errants qui ne voulaient pas respecter les Lois divinement tracées des cercles concentriques dont le centre était nous.

 

Nous, occidentaux, nous sommes coupables d'avoir créé des « vérités » (et, au passage, de tuer tous ceux qui n'y adhéraient pas) au lieu d'avouer notre ignorance et de s'être contenté de chercher et de donner le loisir , à ceux qui en ressentaient le besoin, de continuer de chercher librement, sans entrave.

 

Ce que nous n'avons pas réussi à faire, les indiens l'ont fait. C'est en Inde qu'est né le Bouddhisme.

Celui qu'on a appelé le Bouddha (l'Eveillé), ne s'est pas précipité pour crier « Eureka !, j'ai la Vérité ; je vais vous la révéler ». Au contraire, il a obstinément gardé le silence lorsqu'on lui a posé des questions d'ordre métaphysique. Par contre, il s'est précipité pour initier ses pairs au moyen de parvenir au même état d'Eveil que lui. Autrement dit, plutôt que de distribuer des poissons alentour, il a montré à chacun comment il pêchait.

 

Son Eveil, c'est l'ataraxie des Epicuriens (absence de trouble). C'est l'apaisement du corps et de l'esprit, la quiétude, un état de Bonheur que le philosophe occidental qualifie de « négatif » car, pense-t-il, l'ego se prive et ne se contente que de ce qu'il a. Mais dans l'Ataraxie, il y a aussi une jouissance que le ratiocineur ne peut pas imaginer tant qu'il n'en a pas fait l'expérience. Et puis, l'Ataraxie est une ouverture à une Vérité qui va au-delà de l'entendement et que chacun devrait expérimenter pour soi.

Ceux qui ont été tentés par une « exposition » de ces vérités ont été qualifiés de « messies », « prophètes », etc. Et ils ont mené des foules ignorantes où bon leur semblait.

Les bouddhistes se sont simplement fait appeler « maîtres » et furent entourés de quelques « disciples » qu'ils s'étaient chargés d'initier. Ils n'étaient maîtres que de ces disciples. Ils étaient à la fois philosophes, prêtres et enseignants.

 

Kant a écrit, dans un langage plutôt hermétique, la Critique de la Raison Pure. Je n'en ai lu et compris que le titre. Mais je doute qu'il y ait eu plus à comprendre (sinon, ça se serait su). En tout cas, il était dans le vrai : la raison pure ne mène pas à la connaissance (cf. le théorème de Gödel).

Suivons plutôt le conseil des moines zen : Shikantaza (seulement s'asseoir).

 

Tu me diras, c'est une preuve que le monde existe de la façon dont notre conscience le crée...

Dans notre esprit sans doute, mais pas dans la réalité.

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16 juin 2013 7 16 /06 /juin /2013 15:04

Le fameux théorème d'incomplétude de Gödel* nous dit en substance qu'il n'existe pas de système à la fois cohérent et complet. C'est-à-dire que nous ne pourrons jamais à l'aide de notre raison, de nos facultés à raisonner, tout comprendre de façon cohérente.

C'est une donnée ultra-importante : il ne nous est pas possible de TOUT comprendre, à l'aide de notre raison, de façon COHERENTE. Donc, soit on reste cohérent et on doit admettre qu'il y a des choses qu'on ne comprendra jamais, soit on s'entête à vouloir comprendre et là, on devient incohérent.

Un exemple : Dieu, qui est omniscient et omnipotent, sait-il créer une pierre qui soit si lourde qu'il ne pourra pas la soulever ? Soit il sait, auquel cas il devra renoncer à son omnipotence, soit il devra admettre qu'il n'est pas omniscient.

Mais, en fait, tout ça c'est issu de notre raisonnement. En réalité, Dieu, par définition, est omniscient ET omnipotent. Le reste c'est juste la manifestation de notre incompréhension.

 

Prenons un exemple plus simple à suivre pour mieux comprendre :

 

Escher

 

on voit là, sur un dessin très réaliste de Maurits Cornelis Escher, des gardes en file indienne monter un escalier et d'autres le descendre. Le souci, c'est que cet escalier les mène immanquablement à leur point de départ, ce qui suscite un étonnement de la part de l'observateur. Il n'y a pas de faute apparente, mais notre esprit nous dicte de trouver l'incohérence.

En fait, on est entrainé dans un amalgame de systèmes. Chacun de ces systèmes est cohérent (ce qui fait que notre esprit l'accepte sans broncher), mais ils ne sont pas cohérents entre eux. Chaque marche devrait se trouver sur un plan supérieur à la marche précédente et, en toute logique, une fois qu'on a fait le tour, on aurait dû se trouver plus haut et non plus bas que la marche d'où on est parti. Seulement voilà, les règles de représentation de la perspective sur une feuille de papier (donc, le passage de 3 à 2 dimensions), ne sont pas complètement respectées, tout en l'étant suffisamment pour que nous n'y voyions que du feu. C'est pourquoi, je dis que chaque marche est dans un système incohérent avec les autres ; la cohérence d'un système au suivant est de, mettons 95%. Et, on saute d'un système, avec sa cohérence, à un autre, avec une autre cohérence, sans s'en rendre compte. Et c'est ainsi qu'on est berné et faisons des amalgames malgré nous.

 

Mais il faut se dire aussi que ce sont les amalgames qui font notre supériorité sur la machine : on est capable de sauter du coq à l'âne et de trouver un lien logique là où la machine de pourrait pas le faire, à moins de la rendre moins rigoureuse qu'elle n'est à présent. Autrement dit, soit elle est rigoureuse, exacte, juste, précise et donc bête, soit elle perd ces facultés pour devenir intelligente (comme nous).

 

 

*cf. “Gödel, Escher, Bach” de Douglas Hofstadter, un bouquin très intéressant.

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3 mai 2010 1 03 /05 /mai /2010 21:33

Au début, ce ne sera pas pour vous. Non, ce sera pour les VIP, des gens qui ont de l'importance, soit parce qu'ils sont riches, soit parce qu'ils sont d'une intelligence supérieure. On leur implantera des puces à radio-transpondeurs, encore appelées RFID chips.

Ils seront fiers de l'avoir car ça leur ouvrira de nouvelles portes... et puis, ils seront payés pour en faire la pub. Ils en feront tellement qu'ils vous feront pâlir de jalousie.

Vous ricanez, maintenant. Mais attendez de voir. Dans même pas 10 ans, vous remuerez ciel et terre pour, vous aussi, en avoir enfin une dans le bras ou dans le dos.

Ce sera pour votre “sécurité” ou pour votre “confort” ou pour rassurer votre famille ou pour tromper l'ennemi... on trouvera des milliers de raisons toutes aussi valables les unes que les autres. Vous trouverez vous-mêmes de bonnes raisons, vous implorerez les génies de la biométrie pour qu'ils vous fassent entrer dans cette élite de porteurs.

Et quand vous l'aurez enfin, vous vous rendrez compte que n'importe quel abruti en a un aussi. Ce sera devenu chose courante. A tel point qu'il sera ringard de ne pas en avoir. A tel point qu'il deviendra impossible d'aller faire ses courses si on en n'a pas.

Les rares qui n'en auront pas seront les SDF. On les plaindra parce qu'ils seront obligés de mendier leur nourriture. Et on sera rassuré de ne pas être dans leur situation.


C'est à nous de choisir le monde dans lequel nous voulons vivre.

Vous voulez vivre dans le monde tel qu'il est et tel qu'il se prépare ? Vous le voulez vraiment ? Réfléchissez bien avant de répondre. Ouvrez bien les yeux et les oreilles. Informez-vous. Lisez, écoutez, regardez. Essayez de comprendre.

Posez-vous des questions. Pourquoi font-ils ça ? Ça profite à qui ? S'intéressent-ils vraiment à votre sécurité ou n'est-ce pas plutôt pour mieux vous contrôler ? Ne vous enlèvent-ils pas encore un peu plus vos degrés de liberté ? Êtes-vous vraiment né pour être l'esclave de quelques marchands ultra-puissants ?

Ils sont si peu et nous si nombreux, mais si cons...

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2 mai 2010 7 02 /05 /mai /2010 18:38

Je ne saurais trop vous encourager à regarder et à bien écouter ce magnifique reportage des mutins sur Noam Chomsky réalisé par l'équipe de Daniel Mermet pour son émission « là-bas si j'y suis » : Chomsky & Compagnie. On y apprend énormément de choses...


On y apprend qu'en fait, le monde est simple. Le monde est simple et injuste. Le monde est injuste de façon simple. Son principal moteur est l'appât du gain.


Ce désir d'acquérir, d'avoir, de posséder... pousse à écarter, écraser, conquérir. Ce besoin de conquérir désinhibe et fait tomber les barrières du respect pour l'autre et obstrue notre entendement au point de nous faire commettre les pires des atrocités.

Les fanatiques du profit, les fous du gain, ce sont eux qui font la loi. Ce sont eux qui font l'Histoire à coup de guerres et de massacres. Ce sont eux qui mettent tout le génie humain au service des machines à tuer. A tuer l'homme, à tuer la terre, à tuer la mer, à tuer les rivières, qui nous nourrissent et à tuer l'air que l'on respire.

Les fanatiques du profit, les fous du gain, ils n'ont pas envie que le monde soit juste. Ils ont juste envie que cela continue comme c'est. Ce sont des adeptes du “TINA – There Is No Alternative”.

Les fanatiques du profit, les fous du gain, ne veulent pas voir qu'ils nous mènent droit dans le mur. Ils ricanent cyniquement et balaient toutes nos protestations d'un revers de la main quand bien même on leur montrait par A+B qu'ils se trompent et que, par leur faute, on ne compte plus ni les dérèglements écologiques de tous ordres ni les injustices sociales. Ni les morts humaines, ni les disparitions d'espèces animales ni les pollutions de l'air, de la terre, de l'eau, ni les déforestations ni les sur-pêches ni les famines...

Les fanatiques du profit, les fous du gain, vont, au contraire, nous trouver des “responsables” à tel ou tel problème afin de détourner notre regard des vraies causes de toutes les anomalies de leurs procédés et nous disperser intellectuellement et géographiquement afin de mieux continuer de régner. Tous les moyens sont bons pour nous empêcher de réfléchir à un mode de fonctionnement social qui convienne au plus grand nombre.


Mais pourquoi ont-ils autant de pouvoir ? Par quel miracle se maintiennent-t-ils contre vents et marées alors qu'ils sont si peu et nous si nombreux ?


Maintenons quelque peu la question en suspend. Et regardons en-dedans de nous-mêmes (“connais-toi toi-même”). Observons-nous nous-mêmes et reconnaissons qu'il n'y a pas de différence entre eux et nous. Ils ont seulement été victimes d'un certain succès selon les critères de ce système et ne veulent, par conséquent, pas l'abandonner, vu qu'il les favorise. Nous, à leur place, réagirions comme eux. Et c'est exactement pour cette raison que le système se maintient : nous les admirons et aimerions bien être à leur place. Et tant pis si, une fois à leur place, nous étions injustes, arrogants, hautains, cyniques et cruels, nous jouirions de tous les délices du pouvoir et de l'avoir.

C'est notre propre soif d'avoir qui donne autant de pouvoir à nos bourreaux. C'est le désir de domination de l'esclave qui justifie la position enviable de son maître.


Pour changer le monde, il faut se changer soi-même. Ce n'est que lorsqu'on a reconnu cette vérité qu'il nous est possible d'ouvrir les yeux, les oreilles et l'intellect pour imaginer un monde meilleur.

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16 avril 2010 5 16 /04 /avril /2010 18:57

Un an s'est écoulé depuis la création de ce site. Et, comme il est d'usage d'en tirer un bilan au bout de ce laps de temps, je vais m'y soumettre.



On peut dire que vous êtes près de 1700 à avoir visité près de 8800 pages en près d'un an : une moyenne de 4,6 visiteurs par jour pour cliquer sur un peu plus de 24 pages. Ce n'est pas énorme, mais compte tenu du fait que le sujet n'est ni divertissant ni porté sur le sexe, c'est plutôt encourageant. Par conséquent, je m'empresse de vous remercier de l'intérêt que vous portez à ce blog.

Je souligne également que la page la plus visitée est celle sur l'hymne tzigane. C'est l'unique page qui leur est consacrée mais, le tzigane étant un homme libre, il est assez logique qu'il s'intéresse à ce qui est proposé ici. D'ailleurs, à cette occasion, je voudrais officiellement inviter les représentants de la communauté rrom à prendre contact avec moi pour voir s'il est possible de construire ensemble, pourquoi pas, quelque chose qui se rapprocherait de l'holocratie.

Il y a également une proportion non négligeable d'allemands qui ont parcouru les quelques pages écrites dans leur langue, ce qui m'encourage à en faire d'avantage pour eux (du travail en perspective).

Des serbo-croates s'y perdent de temps à autre également. Et, faute de mieux, ils se rabattent sur les textes écrits en allemand ou en anglais...

Je dois dire que j'ai vite abandonné mon idée de départ de tout traduire dans les 4 langues. Trop contraignant.

Ceci dit, je vous remercie encore une fois et vous souhaite bonne lecture (il y a encore plein de pages que vous n'avez pas vues). Et n'hésitez pas à me laisser vos commentaires.

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16 avril 2010 5 16 /04 /avril /2010 18:50


On invoque, en effet, un peu à tort et à travers, le théorème d’impossibilité d’Arrow pour dire que la seule démocratie possible est une dictature ou pour en conclure que tel ou tel autre modèle s'éloignant du modèle démocratique est le bon. Pour moi, dès l’instant où on arrive à une conclusion qui va à l’encontre du bon sens, c’est qu’on s’est planté quelque part. Ce qu’on appelle des « paradoxes », ne sont que des révélateurs de notre incapacité à comprendre réellement.

Alors, qu’en est-il du théorème d’Arrow ?

Hé bien, il nous dit la chose suivante : si on essaie de porter ses choix individuels au niveau de la société, autrement dit, si on procède à un référendum ou un vote quelconque, on ne peut pas respecter l’ensemble des 5 principes de base suivants :


  1. l’anonymat et l'universalité des électeurs (le fait de ne pas arbitrairement exclure Untel de la liste des votants)

  2. la cohérence des choix possibles (si A est préférable à B et B à C, alors A est préférable à C)

  3. l’unanimité (si tout individu respecte un choix donné, le choix est socialement respecté)

  4. l’indépendance par rapport aux alternatives non pertinentes (si un événement extérieur n'influe pas sur le résultat)

  5. le refus de la dictature (d'un individu qui impose son choix malgré l’avis des autres)


On peut également l’énoncer de la manière suivante : si les 4 premières propositions sont respectées (universalité, cohérence, unanimité, indépendance) alors la proposition suivante est fausse : « personne ne peut imposer son point de vue si tous les autres ne sont pas d’accord ». Autrement dit, il est toujours possible de trouver dans un système démocratique un individu qui agira à la manière d’un dictateur en toute légalité et avec le consentement des autres.


Mais voyons la chose sous un autre angle. Prenons l’exemple de la construction d’un pont. Un phénomène bien connu des ingénieurs des ponts et chaussées est la déformation des matériaux. Si on fixe notre pont aux deux extrémités (on lui enlève tous les degrés de liberté), par l’effet des changements de température, il se déformera et finira par casser. C’est pourquoi, depuis qu’on a fait l’amère expérience de ce phénomène, les ponts ne sont plus jamais entièrement fixés de façon rigide aux 2 bouts ; on leur laisse toujours un degré de liberté pour que la dilatation et la rétractation des matériaux puisse se faire sans causer de dommage à la structure.

De la même façon, la structure sociale est ancrée à une extrémité (l’ici-et-maintenant qu’on ne peut, par définition, pas changer) et, si on l’ancre à un avenir quelconque (que ce soit à travers le choix d’un individu ou de celui d’un groupe qu’on appellerait « majorité ») afin qu'il(s) mette(nt) en place un programme, elle aura perdu tous ses degrés de liberté et finira par casser. En fait, dès lors qu'on a une idéologie, on est dans ce cas : pour se conformer à l'idéologie, on met en place un programme et par là-même, on fige un point dans l'avenir (le cap à tenir) qui nous privera des fameux degrés de liberté dont nous avons besoin si on veut préserver la cohésion sociale. L'idéologie, quelle qu'elle soit, entraine immanquablement la rupture sociale (pour moi, c'est un corolaire du théorème d'Arrow).


Pour bien faire, il faut définir les degrés de liberté qu’on veut accorder aux individus que nous sommes, puis définir les règles permettant à la structure de vivre en cohésion tout en respectant ces degrés de liberté. On aurait alors une organisation sociale qui ne sera ni un anarchisme ni une démocratie ni un totalitarisme ni une monarchie ni un libéralisme… elle devra porter un nouveau nom car elle ne ressemblerait à rien de ce qui existe ou a existé. C’est ça que j’appelle « holocratie ».

Les degrés de liberté dont il est question ne sont ni plus ni moins que ceux de la théorie PAVLÃ vu qu'à travers elle, on couvre tous les domaines où l'individu peut former ses désirs. Puis, il faudra mettre en place une structure qui autorisera ces libertés en nous préservant des excès à tous les niveaux. Pour cela, il faudra apprendre à ne pas faire des planifications mais à prendre des décisions au jour-le-jour. Et surtout que nos choix sociaux ne soient pas une planification mais juste le résultat de l'expression de la majorité.

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29 janvier 2010 5 29 /01 /janvier /2010 17:25
 

Whenever a community is formed, it is built around a creed, an idea flagship one wants to track and turn it into every day's reality.

The individual who joins this community is motivated, first and foremost by its flagship idea. He joined out of conviction and, as his motivation, he is mobilizing more or less actively to defend and promote this idea. In a word, he keeps the community alive.

But inevitably, when the community takes shape, some internal organization must also be created, and a more or less hierarchical structure then starts up. The hierarchy becomes greater as the community grows. And, inevitably, within this community appears individuals who wish to place themselves advantageously in the pyramid that was thus formed.

Thus, from a certain size, our community generates 2 types of motivations: one, noble, consists on support and adhere to a credo, and another, more prosaic, which aims to position oneself comfortably within it. Naturally, one does not preclude the other. But since a large proportion of people opting exclusively for the prosaic way, the community is threatened and suffers from what might be termed as a crisis.

The social organization of a nation is in permanent crisis from the moment on no creed can mobilize the vast majority of its members and only remain the whims of social climbing. When, as is the case in our "democracy" today, the creed of politicians - promised, by definition, to a destiny of senior officials – is nothing more but a speech aimed at mobilizing crowds, and their real aspirations are nothing else but personal, the crowds in question finally feel it and react with disinterest if not with anger.

This is exactly what is happening now. Votes can not mobilize citizens anymore. They feel they are no longer represented or even heard by those who only care to appear on the political scene.


The situation is catastrophic because the machine run out of control. The social crisis is only part of the problem. The economic aspect is obvious, as much as the ecological aspect.

In fact, consolidation can be considered as a complete overhaul of the social and economic organization. And that is exactly what is presented here.

A world governed by holocracy is supposed to consider all these aspects to keep within a reasonable frame.
In fact, several completely innovative ideas have been proposed to address all elements of the crisis that we suffer.

The first is that power is given to people as a whole, something that has never been tried anywhere before. Then there are mechanisms in place to enable people to act directly on the parameters that affect their social and economic life, as well as their concerns at a given moment (at the moment it's, no doubt, ecology). Thus, we are dealing with a system that puts our future in our hands, neither more nor less.

It is sure that not all will take this available power to them. Therefore, there is talk of 2 categories of people: the citizens (who have rights and duties) and holocitizens (who will have responsibilities in addition). But everyone can freely become an holocitizen, it is sufficient for him/her to apply ...


Now there is only one thing left to do: wait until the idea makes its way to eventually become obvious to all. And in the meantime, feel free to read and reread the manifest of holocracy.

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31 août 2009 1 31 /08 /août /2009 17:59

C'est avec une grande surprise que j'ai découvert le nom de Chomsky associé à l'anarchisme, en cherchant ce mot sur l'internet, voilà quelques temps de cela. Et, peu de temps après, voilà qu'il fut également découvert et mis sur le devant de la scène par Daniel Mermet et son équipe de là-bas si j'y suis. Hasard ? ou ai-je été réceptif à l'air du temps au travers de cette onde invisible qu'on appelle "conscience collective" ? 

Etudiant, j'ai été familiarisé avec Chomsky et sa « grammaire générative » en cours d'informatique. Mais d'apprendre qu'il est aussi un militant actif se battant pour les causes que je qualifierais simplement d'« intellectuellement honnêtes », j'en ai éprouvé une admiration profonde.

Voilà un homme, un intellectuel, qui, à l'appui des informations auxquelles il a accès et de ses puissantes facultés d'analyse, ose dire les choses comme elles sont. C'est simple, mais aucun autre ne le fait. Du moins, il a été le premier. D'autres commencent peut-être à prendre la relève...

C'est donc modeste et génial, tout comme l'émission de Daniel Mermet qui a consacré tout un dossier sur cet homme, il y a de cela quelques années.

Mais je vous laisse le découvrir par vous-même :

 

Si on veut résumer l'idée la plus importante (pour ceux qui n'ont pas le temps ou le courage de tout écouter), je dirais que la « démocratie » dénoncée par Chomsky, exclut sciemment la majorité d'entre nous du débat politique et des prises de décisions en nous manipulant de diverses manières à travers le médias. « La fabrication du consentement » dit bien ce que ça veut dire.

Les méthodes utilisées par ceux qui nous gouvernent actuellement sont exactement les mêmes que celles d'Hitler.


Auf deutsch übersetzt, Interview über die panische Angst gegenüber von Saddam Hussein in den USA... :


Interview mit Noam Chomsky (2003)
von belair



 

In english (sous-titré en français), Chomsky exposes his conception of what a society should be what it shouldn't but actually is :

 


La fabrication du consentement, de Noam Chomsky (2)
von Mecanopolis


La fabrication du consentement, de Noam Chomsky (4)
von Mecanopolis 

East Timor and Cambodia questions :


La fabrication du consentement, de Noam Chomsky (5)
von Mecanopolis


La fabrication du consentement, de Noam Chomsky (6)
von Mecanopolis



interview par le journal le monde (Obama) :


Noam Chomsky, regard critique sur l'Amérique
von lemondefr



En français, le linguiste et le politique...


Chomsky Linguiste et altermondialiste
von jenmoulin


Et pour ceux qui en veulent plus, voici Chomsky & Compagnie
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30 août 2009 7 30 /08 /août /2009 19:44

Avec Néric et Zéric, on n'est pas couché...

Dans le dialogue qui suit, ils tentent de désarçonner leur invité Métic, venu leur parler d'holocratie.

 

Néric: Un peuple pacifique, près de la nature, triant bien ses ordures et faisant bien attention à ce que rien ne dépasse... ce serait d'un ennuyeux. Comment peut-on vouloir vivre dans un tel monde ?!

Métic: Tu préfères sans doute la guerre et les truanderies...

Néric: Au moins il y aurait de l'action. Il y aurait une raison de vivre.

Métic: Mais en fait, il ne faut pas t'en faire pour ça ; grâce à la connerie humaine, le monde ne sera jamais parfait ; il y aura toujours du grain à moudre pour la presse et le JT ; des rixes par ci, des viols par là, des larcins ou des attaques en tout genre... Seulement, si l'organisation sociale est telle qu'on ne peut rétablir l'équilibre, c'est que cette organisation est mauvaise.

Il n'est donc pas question d'aseptiser le monde, au contraire, je voudrais que l'individu garde toutes ses libertés. Mais, d'une part, elles doivent être bornées (la liberté des uns s'arrête là où commence celle des autres), et d'autre part, on doit prendre conscience que notre environnement est plus important que de sauver telle ou telle entreprise.

Zéric: Là c'est n'importe quoi ! D'abord, des gardes-fous, en démocratie, il y en a. Et puis, quand on sauve une entreprise, ce sont des emplois que l'on sauve...

Métic: Tu veux dire les gens qui travaillent ? Non, soyons honnêtes 2 minutes. Aucune politique, aucune économie ne prend sérieusement en considération l'employé. L'emploi n'est vu par le politique que comme un des paramètres pour mesurer sa cote de popularité, surtout à l'approche des élections. Tandis que pour l'économiste, c'est un chiffre dans la colonne du Passif.

Les gardes-fous dont tu parles ne sont que des sanctions qui ne résolvent rien dans un monde où rien n'est juste.

Ce que je propose, c'est de garantir des bases honnêtes et justes. Et puis, on évoluerait librement dans ce cadre. Tout en sachant qu'il y aura toujours des petits malins qui ne seront pas satisfaits, et qui tenteront de resquiller ou de saboter.

Néric & Zéric: Ça ne marchera jamais ton truc.

Métic: Tant qu'il y aura des bien-pensants et des biens-critiquant comme vous, c'est sûr. Ça ne m'empêche pas de croire qu'un jour, il faudra vraiment trouver une alternative à la démocratie telle qu'elle est devenue, pour enfin arriver à une organisation sociale digne de ce nom.

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Published by Dragan Matic - dans Divers
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