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2 septembre 2009 3 02 /09 /septembre /2009 12:35

Le croyant a une idée plus ou moins précise de ce qui fait l'objet de sa croyance ; il l'a figé en lui, puisqu'il y croit dur comme fer. L'athée, quant à lui, a fait exactement le même travail intellectuel : il a figé en lui l'idée d'un dieu en lequel il ne veut pas croire. Seul l'agnostique qui ose avouer qu'il ne sait pas – tel Aristote : « ma seule certitude est que je ne sais rien » – est finalement sur le chemin spirituel.

Bon. J'admets qu'on peut être engagé sur une voie spirituelle et garder l'attitude du chercheur qui ne se prononce pas. Mais mon propos est celui de l'homme de la rue. Et, qui plus est de l'homme encadré par une société qui a pris en charge de le gérer.

La société s'articule toujours autour d'une idée figée. Que ce soit un dogme laïque comme dans le communisme ou religieux comme dans une théocratie, la société proposée est figée. Et dans tous les cas, c'est une espèce de dictature car elle exclut la non-adhésion à ce dogme.

La démocratie a fait un pas en arrière en inventant les élections, qui sont des événements ponctuels où le citoyen a le droit de choisir sa prison en quelque sorte, puisque, après les-dites élections, on aura figé une fois de plus le mode de fonctionnement de la société pour un certain nombre d'années. C'est en ce sens que la démocratie est, elle aussi, au sens large, une dictature. Evidemment, le fait d'avoir le droit de voter et le fait de la liberté d'expression adoucissent considérablement celle-ci, mais cela n'en demeure pas moins une dictature.

 

De fait, on n'a pas encore inventé une organisation sociale agnostique où le pays ne serait pas dirigé mais simplement existant.

Pourquoi diriger ? Pourquoi donner un cap ? Où voulez-vous donc aller ?

Si vous choisissez une destination, vous pourrez être sûr que tout le monde ne sera pas satisfait, puisqu'on ne souhaite pas tous aller dans cette direction, quelle qu'elle soit. C'est pourtant évident. Mais vous vous obstinez à nous orienter.

Il me semble qu'il est temps – largement temps – de mûrir et de voir les choses telles qu'elles sont. Votre obstination à nous gouverner nous conduit dans une impasse. Et ce que vous appelez crise n'est que la mesure de votre incapacité à nous mener à bon port, car il n'existe pas de bon port. Il n'existe que des illusions de bons ports. Ceux où on aurait un avantage sur les autres. Mais à l'heure de la globalisation, les autres c'est nous. Autrement dit, il y a ceux parmi nous qui ont des avantages sur d'autres parmi nous. A l'heure de la globalisation, que l'on meurt de faim au Bangladesh, en Ethiopie ou à Paris, c'est la même chose.

 

Alors, que serait une organisation sociale agnostique ?

Je l'appelle ainsi (vous l'aurez compris) par référence à l'attitude de l'agnostique, qui ne se prononce pas, par rapport aux questions spirituelles.

Par extension, une société agnostique serait une société qui ne se prononcerait pas quant à la direction à prendre. Ce serait une société qui ne serait ni de gauche ni de droite ni du centre ni d'aucun extrême. On n'y voterait pas une fois de temps en temps pour fixer un cap à suivre, puisqu'il n'y aurait pas de cap. On voterait au contraire à chaque fois qu'on se sentirait concerné par une activité qui se prépare. Cela n'empêcherait pas d'avoir des observateurs veillant à ce qu'une certaine cohésion et une certaine cohérence soient maintenues, mais ces observateurs ne seraient pas des demi-dieux qui nous dicteraient leur loi. Ils auraient un avis, important certes, mais qui ne serait qu'un avis...

Voilà ce qu'il faudrait, si on voulait être juste et honnête. Voilà l'orientation que j'appelle de mes vœux et que je nomme holocratie.

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