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21 avril 2013 7 21 /04 /avril /2013 16:08

Quand tu parles, tu véhicules des informations, des émotions et des sous-entendus. Il y a ce que tu dis et ce que tu fais ressentir. L'expression orale est très complexe et ce qui est dit n'est pas simplement la somme des mots que tu prononces.

Quelquefois, tes paroles ne portent quasi aucune vraie info, mais juste des sentiments. Ceux-ci peuvent être de la colère, de la haine, de la peur ou, au contraire, de la bienveillance, de l'empathie, de l'amour, etc.

Qu'en est-il des politiques ?

Distinguons tout d'abord 3 types de politiques : le préliminaire, le militant et le gestionnaire.

Le politique préliminaire est typiquement celui qui vient d'adhérer au parti. Il vibre aux idées de son parti et souhaite approfondir son idéologie. Il se place au niveau le plus pur (certains cyniques diraient “au niveau le plus ingénu” ou “niais”) ; ses propos véhiculent en majeure partie des informations et des idées ; il raisonne et tente de comprendre.

Puis vient la phase militante : il a compris et, à présent, il veut convaincre. Mais convaincre ne passe pas forcément par un débat d'idées, car son interlocuteur a aussi la même intention de convaincre, mais d'autre chose. Le militant ne démontrera pas que ses idées sont meilleures ; il tentera simplement de marquer des points sur son adversaire. D'ailleurs, les spectateurs n'écoutent pas les idées ; ils comptent les points. Autrement dit, je suis d'abord convaincu par “mon poulain” ; je suis d'abord de son côté … et ensuite, j'écoute ce qu'il dit. Et là, j'applaudis quand il dit ce que je veux entendre et essaie de ne pas entendre quand il dit le contraire. Et, vis-à-vis de son adversaire (qui est aussi mon adversaire), je hue quand il dit le contraire de ce que je veux entendre et essaie de ne pas entendre quand il énonce quelque chose que je pense aussi.

Dans ce combat, l'affect joue un très grand rôle. Et c'est comme ça qu'on agit tous.

Quand on dit qu'on vote, on ne fait pas un travail intellectuel ; on exprime simplement sa colère, sa haine ou, plus rarement, son amour. Et le candidat va jouer sur ce registre. Il va exciter notre colère, notre haine, notre peur … il va jouer avec nos sentiments afin de nous attirer à lui. Et puis, il va promettre des trucs. Des trucs qu'on a envie de voir se réaliser et puis d'autres qu'on n'écoutera pas.

Viendra alors le 3ème type de politique : notre candidat a été élu ; il est devenu un gestionnaire. Il doit gérer la réalité de sa nouvelle fonction. Et là, fatalement, il y a désenchantement. Il ne fait pas ce qu'il avait promis. Il ne peut pas le faire et il ne peut pas l'avouer non plus. Alors il fera diversion : il lancera des os à ronger ici et là. Il fera une montagne d'un fait divers ; il lancera des débats stériles sur des faits de société insolvables ; et, il prendra un air grave et solennel pour nous annoncer qu'on devra en chier encore un peu plus. Ses adversaires attaqueront frontalement et il contrattaquera, alors ils attaqueront de biais et il tentera d'esquiver et de contrer par derrière.

Et pendant ce temps, on continuera d'en chier.

Les autres nous diront qu'on n'avait qu'à pas voter pour lui (elle). Mais, les autres candidats auraient mené la même politique car, disent-ils, il n'y a pas d'alternative. On est dans l'impasse ; ceux qui disent le contraire sont des menteurs …

En réalité, il y a toujours une alternative. Mais elle implique un changement radical. Seulement quand on dit ça, les conservateurs agitent aussitôt l'épouvantail qui réveillera en nous la peur bleue de l'enfer, des catastrophes diverses et variées, du ciel qui nous tombera sur la tête et Cie.

Alors, ils nous tiennent. On se résigne une fois de plus et on vote pour eux. Et on continue de subir les effets de leur incompétence, de leur impuissance, de leurs injustices.

Et ils ne voient pas qu'à force, ils finissent par nous pousser à bout. Ils nous poussent au bout du bout du bout. Jusqu'au moment où on pète un câble. Et il y aura un moment où ce ne sera pas simplement un câble mais toute la courroie de transmission. Et là, il n'y aura plus moyen d'arrêter la machine.

Alors je pense qu'il est plus que temps de VRAIMENT s'assoir autour d'une table et d'échanger des idées, d'avancer de VRAIES solutions de rechange pour VRAIMENT améliorer la situation de tous. Mesdames et messieurs les gens de raison et de pouvoir, montrez-nous que vous en êtes capables. Ce serait à votre honneur.

Amen.

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19 avril 2013 5 19 /04 /avril /2013 17:36

 

Une société est basée sur trois entités : l’individu, la fonction et l'information. L'individu est le socle. La fonction est la place qu'il occupe dans la société, et le flux d'informations passant d’un individu à l’autre permet à la société d'évoluer dans son environnement.

 

Considérons tout d’abord les fourmis car cette société (colonie) est plutôt simple en comparaison des sociétés constituées d’animaux « de plus haut rang ». Dans une colonie de fourmis, l’individu joue un rôle quasi-inexistant. L’individu se confond avec la fonction qu’il occupe. Il est entièrement fait pour cette fonction. Une fourmi EST un soldat ou une ouvrière, etc., ou ce qu’on appelle une « reine » (en réalité, soit dit en passant, c’est une pondeuse et n’a rien d’une reine). Et le flux circulant entre les fourmis (la phéromone) véhicule des informations visant à faire prendre conscience à chacun de l’état actuel des choses environnantes. Ainsi, très rapidement, la colonie entière saura, par exemple, qu’elle est menacée ou qu’elle se trouve devant une source de nourriture. Ces informations lui permettent de réagir en conséquence, à tous les niveaux ; chacun saura ce qu’il aura à faire et tout le monde se mettra en place pour accomplir sa part du travail (au passage, la pondeuse saura qu’elle devra pondre plus de soldats en cas de menace et plus d’ouvrières en cas de gros travaux).

Pour revenir à l’idée avancée en prémisse, résumons : cet ensemble qu’est la colonie de fourmis est une société parce qu’elle est constituée d’individus auxquels un rôle a été attribué (ici, dès la naissance) qui communiqueront entre eux pour jouer leur rôle individuel afin de contribuer à accomplir une tâche dictée par l’environnement, d’une part, et par un mécanisme inhérent à cet ensemble (ici, l’instinct de survie ; celui-ci pouvant être de se défendre contre l’agresseur ou de débusquer de la nourriture), d’autre part.

Chez l’être humain, les choses sont nettement plus complexes. Mais dans le principe, c’est assez semblable. On a également des individus, des fonctions et des flux passant d’un individu à l’autre. La complexité vient d’une part du fait que l’individu n’a pas un rôle qui lui est attribué dès la naissance et d’autre part, les flux passant entre les individus sont en soi plus complexes et peuvent avoir plusieurs supports (images, écrits, sons, odeurs, etc.).

 

Faisons à présent un petit aparté : dans le monde de l’électronique, il y a des « circuits imprimés » et des « circuits intégrés ». Dans les 2 cas, on a un paquet de broches d’entrée et un paquet de broches de sortie. Entre ces entrées et ces sorties, on a fait un circuit (espèce de parcours de fils conducteurs d’électricité) jalonné de composants jouant certains rôles qu’il n’est pas important de connaître ici. Le résultat étant que si l’électricité arrive dans le circuit par certaines combinaisons de broches d’entrée, il en résultera qu’elle sortira par une certain nombre de broches de sortie connues d’avance. C'est-à-dire que si, par exemple, on active les entrées (E2, E4 et E5), l’électricité sortira, mettons, par la broche S3 et si on active (E1, E8) c’est par (S2, S4) que ça sortira. On crée ainsi un mécanisme où certaines causes (les entrées) produiront certains effets (les sorties). Dans le 1er cas (circuit imprimé), on parlera de logique câblée (les chemins entre les entrées et les sorties seront définis une fois pour toutes) et dans le 2nd cas (circuit intégré), on a une partie du chemin qui n’est pas prédéfinie, mais doit être « programmée », c'est-à-dire à définir après la construction du circuit. L'avantage, dans ce cas, c'est qu'on peut redéfinir ce chemin autant de fois qu’on le veut, avec des variations à l’infini (ou presque) pour obtenir des résultats adaptés à des situations différentes.

 

Si on revient à nos fourmis, on pourra dire de ce qui précède qu’elles obéissent à une logique câblée (ou presque) tandis que les humains doivent être « programmés » (en général, on emploie d’autres termes comme « éducation », « apprentissage », « formation », etc., mais cela revient au même).

 

L’individu humain existe en soi bien plus que la fourmi. Il existe avant d’avoir un rôle dans la société, avant d’occuper une fonction. Et cette propriété l’a poussé à vouloir des choses pour lui ; prendre les objets, les garder, se les approprier, ne pas les partager, etc. (choses impensables pour une fourmi).

Partant de là, automatiquement, il a donné une valeur à ces objets. Et de là, il a pu s’autoriser à les échanger. C’est ainsi qu’on a inventé l’argent (invention purement humaine et n’existant dans aucune autre organisation sociale).

Du coup, parallèlement au fluide naturel qui coule entre les individus – le flot des informations – on a également un flux artificiel constitué par l’argent.

 

Le problème est qu’il y a eu des dérives.

Premièrement, chaque « chose » pouvant être considérée comme un objet, on a donné à chaque chose une valeur : on l’a monétarisée. Non seulement les objets que l’on fabrique, mais aussi ceux qu’on trouve dans la nature, mais aussi des parcelles et éléments de cette nature (la terre, l’eau, l’air…), mais encore le temps, le vent, les animaux, les humains … tout a une valeur en terme d’argent. Et même les informations qui circulent entre les humains. Si bien que tout est subordonné à l’argent. L’argent lui-même a une valeur qu’on négocie et réévalue.

Ainsi, le flux des informations qui transitent entre humains est devenu secondaire. Le flux de l’argent l’a supplanté. Les informations sont guidées par l’argent. Et par là-même, elles sont biaisées.

Deuxièmement, les postes que les humains occupent dans la société ont, eux aussi, subi une pondération. Ils ont différentes valeurs. Certaines fonctions sont prestigieuses d’autres moins. Certaines sont stratégiques car elles permettent de contrôler l’argent, de le (re)diriger, de le thésauriser, etc., d’autres n’influent pas sur son cours. Par ailleurs, certaines fonctions nous donnent du pouvoir sur autrui et sont donc plus prisées, plus convoitées.

Le tout mène à une hiérarchisation des postes et à une course à l’occupation de la meilleure place. L’argent, encore lui, va jouer un rôle déterminant dans la distribution de ces postes. Si bien qu’on ne cherchera pas en priorité à créer des fonctions pour les besoins humains dans la perspective d’évoluer dans leur environnement, mais on cherchera parmi celles qui donnent le plus de pouvoir et/ou d’argent.

 

Il me semble clair que si on veut vraiment faire les choses en fonction du bon sens (qui consiste à préserver les humains et leur environnement), il faille trouver un mécanisme qui permette d’éviter ces dérives. Voilà pourquoi je parle d’holocratie.

 

 

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10 mars 2013 7 10 /03 /mars /2013 15:48

Quand on se met à réfléchir, on commence toujours par faire des catégories. On crée des groupes et on observe quelles caractéristiques ces groupes ont et quelles relations il y a entre eux. On groupe les gens par leur couleur de peau, par exemple, et on dit “les blancs sont comme ci”, “les noirs sont comme ça”. Et puis, il se trouve toujours des grincheux pour dire “j'aime pas les comme-ci” ou “j'aime pas les comme-ça”. Ou alors, on les groupe selon leur rang social ou l'épaisseur de leur compte en banque.

Dans la société, on crée volontiers un autre groupe ; on subdivise les gens entre les “manuels” et les “cérébraux”. Toutes les nations ont intégré, d'une façon ou d'une autre, cette catégorisation : “si tu ne travailles pas bien, mon fils, tu iras bosser à l'usine”, et “si, dans la vie, tu ne veux pas te salir les mains, t'as intérêt à passer ton bac, puis faire un master” …

Moi, je vais tenter une autre catégorisation : les “acteurs”, d'un côté et les “observateurs”, de l'autre. On est tous plus ou moins acteurs : on vit notre vie ; donc on joue, on s'active, on se prend au jeu, on s'intéresse, on va à la montagne, au bois ou à la mer, on va au resto, au bistrot ou au pot ou aux putes … Et puis, quand on ne fait pas tout ça, c'est qu'on observe.

Observer, c'est, évidemment, contempler. Mais c'est aussi se poser la question : “pourquoi ?”. Pourquoi suis-je ici ? Pourquoi font-ils ça ?

Alors, il y a ceux qui ne se posent pas de questions (les acteurs purs ; je dirais même “acteurs potiches” ; ils font là où leur dit de faire et continuent à ne pas se poser de questions) et puis, les autres (les observateurs ou “acteurs avertis”).

Stéphane Hessel nous enjoint de nous indigner. Il veut dire par là : ne soyez pas des acteurs potiches ; posez-vous les questions. Pourquoi font-ils ça ? Dois-je vraiment l'accepter ? Etc.

Mais la grande majorité d'entre nous n'en est pas là. Les agissements outranciers des traders et la complicité des banquiers ont soulevé l'indignation du peuple avant-hier ; ils ont laissé passer la foudre hier ; et aujourd’hui, ils nous sourient à nouveau comme si de rien n'était. Et on joue leur jeu en bons acteurs potiches.

Alors, c'est sûr, chacun a ses bonnes raisons : le petit qui rentre à la grande école a besoin de nouvelles chaussures, d'un cartable et des fournitures ; la grande doit pouvoir payer sa résidence universitaire et ses sorties au ciné ; la voiture à réparer ; tout ça.

Le tout est de savoir jusqu'où on est capable d'accepter sans broncher.

Je sais pas vous, mais moi, je préfère moins jouer et plus observer. Et, partant de là, poser la question : “pourquoi ?”.

Cette question, croyez moi, est un grand pas vers une prise de conscience. La prise de conscience étant, elle-même, la base de la résistance face aux abus qu'on subit quotidiennement.

Alors, avec Stéphane Hessel, je vous dis : “indignez-vous !”. Et si vous ne savez pas comment, commencez par observer et demander : “pourquoi font-ils ça ?”.

Salut.

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19 février 2013 2 19 /02 /février /2013 19:59

 

« je m’énerve pas, j’explique aux gens »

Coluche

 

Le modèle de société dans lequel on vit est composé de 4 acteurs principaux. Pour se faire une idée précise de leur rôle, appelons-les, pour simplifier, « méga-enfoirés », « enfoirés », « salopards » et « pauv’cloches ».

 

Alors, comment ça marche ?

Hé bien, c’est très simple :

 

Tout commence avec le méga-enfoiré qui est un enfoiré++.

L’enfoiré, c’est la Banque. La banque te propose et, finalement, t’impose de mettre ton argent chez elle afin qu’elle puisse en disposer à sa guise. Sa guise, c’est de vendre ton argent. Vendre de l’argent, c’est le prêter avec intérêts. Elle va prêter 100 et va exiger 110 en retour, rien que parce qu’elle a pris le risque d’avoir abusé de ta confiance (elle prend le risque de jouer avec ton fric, en somme).

 

Le méga-enfoiré fonctionne comme l’enfoiré, mais en plus, c’est lui qui fabrique l’argent. Donc, il n’a pas besoin d’attendre que quelqu’un dépose son fric chez lui. Il imprime simplement les billets et les prête en exigeant un remboursement avec des intérêts.

Tu me diras, il faut bien que quelqu’un les fabrique, ces billets. C’est vrai. Avant, c’était l’Etat lui-même qui avait ce pouvoir à travers sa Banque Centrale, et comme c’était son privilège, le méga-enfoiré c’était lui. Et comme l’Etat était personnalisé par un roi, ce-dernier risquait parfois, à ce jeu, d’y perdre la tête.

Maintenant les choses sont plus cool, c’est une banque privée qui joue ce rôle ingrat, et l’Etat n’est plus qu’un client qui ne fait qu’emprunter quand il ne peut pas ponctionner et doit chercher comment rembourser ses dettes.

 

Le salopard, c’est toi, c’est moi, ce sont tous ceux qui ont un « projet » et qui veulent le réaliser. Pour ce-faire, on va voir l’enfoiré et on lui demande de nous prêter l’argent nécessaire. Ce-dernier va nous demander de constituer un dossier où on va décrire notre projet et le moyen qu’on imagine pour rembourser. Bon, si c’est un projet privé du style rénover sa baraque, c’est simple, le remboursement se fait par prélèvement sur salaire (donc, il faut justifier de ses revenus, du fait qu’on n’est pas dans un situation précaire, etc.). Si, par contre, le projet est du style entreprise, c’est là qu’il faut faire jouer ses talents de salopard : il faut planifier la manière d’arnaquer les pauv’cloches.

 

La pauv’cloche, c’est toi, c’est moi, ce sont tous ceux qui, bon gré mal gré, se laissent embobiner par tout ce jeu. On va acheter là où on nous dit de faire. Et on sera un bon citoyen si on consomme beaucoup.

 

Parce que tout ce jeu ne marche que si on consomme :

Le méga-enfoiré exige de l’Etat de rembourser ses dettes et d’y adjoindre quelques intérêts supplémentaires ; il lui met donc le couteau à la gorge, ce qui aura pour effet de nous ponctionner un peu plus : il nous sucrera tous les trucs qui lui coûtent et augmentera les trucs qui lui rapportent (augmentation des impôts, augmentation du prix de l’essence, etc., et diminution des prestations par suppression des trucs payés par l’Etat, au moyen de privatisations, comme les télecoms, la santé, l’électricité … il tentera de privatiser tout ce qu’il peut ; et, sinon, il supprime le nombre de ceux qu’on appelle « fonctionnaires », comme les enseignants ou les chercheurs, mais, bien entendu, les salaires et le train de vie des membres de l’appareil d’Etat ne peuvent légalement pas être touchés ; c’est malheureux, mais la loi le leur interdit…).

L’enfoiré applique la même pression au niveau des salopards qui sont obligés de jouer leur rôle de salopards en diminuant leurs charges (licencier les employés, délocaliser, baisser les salaires, etc.) et en augmentant les profits.

Juste pour info, on pourrait également parler des méga-salopards, dont le rôle est de précipiter un peu plus ce modèle dans l’impasse. Les méga-salopards, ce sont les « actionnaires ». Les actionnaires misent, comme au casino ou à l’hippodrome, sur un certain nombre d’entreprises et, comme ils ont investi, ils ont des droits : ils exigent des retours d’investissements. Ils exigent qu’on ne les déçoive pas. Les entreprises se doivent d’être gentilles avec les actionnaires et donc de montrer à ces-derniers qu’elles sont rentables. Il faut qu’elles soient encore plus rentables ce trimestre-ci que le trimestre dernier. Sous peine de voir le prix de leurs actions baisser. Alors, elles vont licencier, même quand elles font du profit et pressurer leurs salariés pour qu’ils travaillent un peu plus en gagnant un peu moins pour dégager encore un peu plus de marge.

Et tout ça ne peut marcher que si on achète toujours plus. Toujours plus. Toujours plus.

Alors, il faut jeter ce qu’on a acheté la veille et acheter à nouveau aujourd’hui. Il ne faut pas réparer, mais jeter et remplacer par des pièces nouvelles. Et de toute façon, il ne faut pas attendre que ça casse, mais acheter la nouvelle version qui est bien meilleure que la précédente.

 

Alors, comment peut-on accepter tout ça ? comment peut-on se lever chaque matin pour aller au turbin sans broncher ?

Et bien c’est très simple : soit ils font diversion soit ils t’expliquent. Les pros appellent ça « communication ». Et là, différents acteurs se mettent à te communiquer dessus à longueur de temps :

·         La pub communique en te faisant croire que tu as besoin de leurs trucs ; elle va jouer sur toute la palette de sentiments qu’elle peut susciter en toi et elle t’auras à l’usure si elle n’y arrive pas d’emblée (ils font d’une pierre deux coups : tu deviens consommateur et tu oublies qu’ils t’ont roulé dans la farine).

·         Les émissions de divertissement vont communiquer en te faisant rêver, en te faisant croire que tu peux gagner facilement beaucoup d’argent et que tu n’auras plus besoin de bosser ; et même l’Etat te fait croire des trucs comme ça avec tous ses jeux de loto et Cie.

·         Les infos vont te mettre la pression en parlant tous les jours de la crise qu’ils ont causée et dont ils te rendent responsable : tu finis par croire que tout est de ta faute (ou celle de ton voisin qui est un tire-aux-flancs et un profiteur éhonté)

·         Sinon, ils appellent ça « pédagogie ». C’est quand ils t’expliquent pourquoi tu dois accepter.

Et tu acceptes. Amen.

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25 janvier 2013 5 25 /01 /janvier /2013 18:57

 

Dans toute organisation sociale, un contrat explicite ou tacite est fait pour que l’individu qui signe (explicitement ou implicitement) s’engage à respecter certaines règles. Autrement dit, il accepte de se priver de certaines libertés qui seraient jugées contreproductives dans ladite société.

Par ailleurs, on peut être engagé dans plusieurs types de communautés (ou sociétés) en même temps : on appartient à une Nation (notre chère République laïque), mais on peut aussi avoir une religion et donc respecter les préceptes de son dogme et on peut travailler dans une entreprise (Société Anonyme avec ou non des Responsabilités Limitées) ce qui implique également de se plier à ses règles.

En théorie, on est libre de rompre tous ces contrats quand bon nous semble. On peut décider de partir de son pays et prendre une nouvelle nationalité, on peut quitter son Eglise et on peut démissionner de son boulot.

Mais si, théoriquement, on peut pratiquement tout faire, dans la pratique on est loin de la théorie.

Bien des liens invisibles nous retiennent de rompre nos engagements même quand ils sont tacites, même dans des situations qui nous entravent et nous sont fortement défavorables.

Alors, on subit. On subit les décisions du pape quand on est catholique et qu'on n’est pas d’accord avec lui. On subit les décisions du gouvernement quand il prend des mesures qu'on n'a pas votées. On subit les brimades faites par notre chef parce qu’on imagine que démissionner serait suicidaire.

 

En théorie (encore elle), si on subit, c’est de notre faute. Regarde Depardieu : il n’a pas voulu subir ; il est parti. Tu me diras, pour lui c’est facile… et puis, c’est plutôt lâche de partir comme ça quand on n’est pas vraiment inquiété (bien des gens auraient bien aimé être en position d’être inquiétés comme il l’a été), mais ne polémiquons pas ici. Le propos est tout autre. Ce que je veux dire c’est qu’on a tendance à se mettre en position de soumission de nous-mêmes, ce qui donnera d’emblée la tâche facile à celui qui est en charge de nous gérer.

En fait, le paradoxe de notre comportement (nous, les français), c'est qu'on a deux modes de fonctionnement (on est binaire) : soit on accepte en avalant des couleuvres, soit on manifeste son mécontentement en sortant dans la rue. Mais aucun des deux modes n’est le bon. On ne devrait ni subir ni gueuler. Juste parler. Communiquer. Dire ce qui ne va pas et comment on voudrait que ce soit.

Nous avons instauré une culture où le dialogue n'a aucun intérêt. Celui qui parle n'est pas pris au sérieux. Et cela, à tous les niveaux de cette fameuse échelle sociale.

La démocratie, c'est pas ça. Si ce que tu dis n'est pas entendu, quelle différence d'avec une dictature ?

 

Pour bien faire, il faudrait que notre Eglise nous laisse prendre certaines décisions, même si elle les juge mauvaises (on a le droit de tâtonner et de se tromper). Elle devrait d'ailleurs également pour elle-même accepter que l'homme est imparfait et que certains péchés ne soient pas considérés comme condition sine qua non d'excommunion voire pire (chez les intégristes).

Pour bien faire, il faudrait que le chef de notre boite instaure plus de dialogue et nous considère un peu plus comme des humains et moins comme des ressources humaines interchangeables (à ce propos, il existe un mouvement appelé, comme par hasard “holacratie”, où l'aspect humain reprend le dessus ; mais c'est encore loin d'être généralisé).

Pour bien faire, il faudrait que notre chef d'Etat ouvre également les portes du dialogue. Mais vraiment. Pour chercher des solutions où l'Humain est priorisé.

 

Je vais te dire ce qui rend les gens heureux : c'est quand ils voient des perspectives d'avenir ; quand ils se sentent impliqués dans un projet ; quand ils ont le sentiment qu'ils planifient, qu'ils bâtissent et que ce qu'ils font est utile aux autres ; quand on leur témoigne de la reconnaissance. Et, bien sûr, quand ils sont honnêtement gratifiés de leurs efforts.

Si on est capable d'offrir ça à tout le monde, on vit dans une société parfaite.

 

Mais, quand j'entends autour de moi des gens dire qu'ils vont au travail à reculons (un gars m'a avoué : “ma vie est suspendue entre le moment où je pointe le matin et celui où je pointe le soir”), quand certains, ne pouvant plus supporter le stress qu'ils endurent chaque jour, en viennent à se suicider, je mesure à quel point notre société est archaïque.

Et au nom de quoi doit-on subir tout ça ?

Aucune raison n'est valable. Aucune.

De quel droit ? Pose-toi la question. Et pose-la autour de toi.

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28 décembre 2012 5 28 /12 /décembre /2012 14:11

Au Moyen-Age, les Lumières dénonçaient les attitudes et décisions qui menaient à l'obscurantisme en soulignant les points suivants (source : wikipédia) :

  1. refus de tout point de vue allant à l'encontre de ce qui est communément admis et qui représente la norme ;

  2. discours visant à imposer un point de vue sans aucune possibilité de discussion ;

  3. obstacles à la réflexion personnelle, au développement à l'ouverture d'esprit et de tolérance aux idées nouvelles ;

  4. pratiques (religieuses ou autres) qui nient tout progrès et nouveau savoir et qui s'opposent aux nouvelles données scientifiques si elles vont à l'encontre des idées établies.

 

Puis, il y eut la Renaissance où l'Art s'est “déchaîné” pour se libérer de la “pensée unique” de l'époque et s'exprimer librement. Mais, ce qu'on a toléré pour l'Art, on ne l'a toléré que pour l'Art. Ce qu'on a accordé à l'intelligentsia (et plus généralement, aux “couches sociales les plus aisées”), on ne l'accorda pas au peuple avant longtemps. Alors, vint la Révolution où on se mit à rêver : “les hommes naissent tous libres et égaux”.

Courte période qui ne profita pas vraiment au peuple. Certes, il en restera quelque chose. Quelques illusions : on peut s'exprimer librement (au bistrot du coin) et on peut voter (illusion suprême de liberté et d'appartenance à la société, à la vie sociale, à l'organisation de la Nation).

Ailleurs, on a fait croire à l'égalité en appelant ça “communisme” et, très vite, on s'est rendu compte que sous ce terme enchanteur se cachait une dictature de plus. Chez nous, pays de la “liberté de penser” et de faire, c'est un autre obscurantisme qui est né.

L'obscurantisme nait sous une forme ou une autre de dictature. Notre dictature est plus subtile que les dictatures grossières qu'on voit ici et là. Mais c'en est une aussi. C'est la dictature du matérialisme.

Je ne parle pas de la Philosophie quand j'évoque ce matérialisme, tout comme je ne parle pas de Religion quand j'évoque l'Eglise du Moyen-Age. Je parle des dérives de la poignée d'individus qui nous dirigent en s'appuyant sur l'idée dominante du moment.

Les dirigeants retombent toujours sur le pattes et nous imposent toujours leur loi à la manière des obscurantistes.

Aujourd'hui, c'est la crise : il n'y a pas d'alternative, il faut raquer en se serrant la ceinture. Certains sujets de société sont tabous, comme le nucléaire, par exemple, ou, dans un autre domaine, l'effacement pur et simple des dettes d'Etat (si tout ça ce n'est pas de l'obscurantisme...).

Rappelons que le nuage de Tchernobyl qui “s'est arrêté à la frontière française” est un exemple éminent de ce qu'on ne peut qualifier que d'obscurantisme. De même que de cacher la vérité sur les déchets radioactifs et de nier la nocivité des émanations sortant des centrales ainsi que toute une flopée de pollutions dont on ne parle pas sous prétexte de nuire à l'industrie (qui nous fait vivre).

Les informations sont faites pour nous faire oublier ou nous faire peur ou nous inciter à acheter (s'apparentant ainsi aux pubs). Et c'est tout. Les seules infos vraies sont des satires, style guignols de l'info, ou des enquêtes qui passent tard le soir quand les braves gens dorment (si tout ça ce n'est pas de l'obscurantisme...).

Et les débats sur les potentielles sorties de crise sont inexistants. Quand un Philippe Poutou, un Jean-Luc Mélenchon ou une Nathalie Arthaud font des propositions réellement différentes et qui méritent qu'on en discute, ils sont simplement balayés d'un geste de la main d'un FOG (si tout ça ce n'est pas de l'obscurantisme...).

 

Notre société s'est construite sur un certain matérialisme qui a mis en place un certain nombre d'institutions (systèmes d'enseignement, systèmes bancaires, systèmes judiciaires, etc.), un ensemble lourd qu'on ne peut pas changer comme ça d'un coup de baguette magique. Alors, on traite ceux qui s'y attaquent de fous, de dangereux activistes ou de doux rêveurs. On fait de l'obscurantisme pour préserver l'existant par flemme d'un remaniement en profondeur. Par flemme ou peur de perdre certains acquis. Autrement dit, ce n'est pas l'honnêteté intellectuelle qui prime dans les argumentations et les décisions des puissants mais simplement la flemme ou l’égoïsme.

Et leur flemme et leur égoïsme ont un impact sur notre vie à nous. Eux décident, nous on subit.

Le pire, c'est qu'on accepte. Et on accepte grâce à tous les moyens habiles qu'ils ont mis en place pour nous faire accepter (si tout ça ce n'est pas de l'obscurantisme...).

Ce matérialisme que je combats nous suggère que la seule valeur qui compte est l'argent, que tout s'achète, que chaque chose a une valeur pécuniaire... La nourriture a un prix, l'eau a un prix, bientôt l'air qu'on respire aura un prix (ils osent pas encore, mais ça ne saurait tarder si vous continuez à vous laisser faire), nous-mêmes nous avons un prix (pas grand chose, mais nous sommes quand même trop chers, vu que dans certains pays la mains d'oeuvre est de beaucoup meilleur marché), notre santé à un prix (trop cher, nous creusons le trou de la sécu) … notre mort a un prix (colossal) que devront supporter ceux qui nous survivent.

En réalité, nous vivons une époque, à certains égards, pire que le Moyen-Age.

L'obscurantisme d'alors était imposé par les institutions religieuses, celui d'aujourd'hui par les institutions laïques.

 

Réveillez-vous bon sang !

 

Malraux nous disait : “le XXIe siècle sera spirituel ou ne sera pas” (précision pour les mal-comprenants : il sera spirituel ou n'existera pas)*. Personnellement, j'y vois une sorte de prophétie mettant en garde contre ce matérialisme à outrance. Si on ne renonce pas à tout ce qui nous a mis dedans et si on ne commence pas à réellement réfléchir et construire un monde meilleur, c'en sera fini de nous.

Alors, je vous entends d'ici : on a essayé la religion et ça n'a pas marché, on est dans le matérialisme et ça ne marche pas, que peut-on faire d'autre ?!

Tout d'abord, la spiritualité, ce n'est pas la religion (la religion repose sur la spiritualité, mais le contraire n'est pas vrai). Ensuite – et ceci est un point extrêmement important –, la spiritualité commence quand on sait dire : “je ne sais pas”. Imaginons un monde organisé autour de gens qui osent dire : “je ne sais pas”. Je ne sais pas, mais je cherche. Je ne sais pas, mais je suis ouvert à tout ; j'aspire au dialogue ; j'accepte la conclusion la plus naturelle, la plus cohérente, la plus évidente... elle est évidente ici et maintenant. Demain, il faudra rediscuter parce qu'on aura de nouvelles données qui remettront certaines choses en question.

Dans cette société-là, je peux être juif, musulman, chrétien, athée, bouddhiste ou ce que je veux. La société est basée sur “je ne sais pas”, et cela me garantit le droit de choisir ce qui me plait. C'est le principe de la laïcité. Mais, toutes choses devraient être basées sur ce principe. On apprendrait alors à discuter et à trouver des consensus pour vivre ensemble. On trouverait une solution à chaque problème car, pour chaque problème, il y a une solution...

La spiritualité c'est le respect de l'autre et le refus de le réduire à une valeur marchande. C'est ça qui est proposé dans ce que j'appelle “holocratie”.


 


*Le besoin de préciser qu'il ne fallait pas lire “le XXIe siècle sera spirituel ou ne sera pas spirituel” me rappelle la blague suivante :

Une femme dit à son mari : “chéri, tu peux aller acheter une baguette”, et, alors que l'homme met son manteau, il entend de la cuisine : “... et s'ils ont des œufs, prends-en 10”.

Une demi-heure plus tard, il revient chargé de 10 baguettes. Sa femme s'étonne : “mais pourquoi t'as pris tant de pain ?” et lui de répondre : “ben, ils avaient des œufs”.

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15 novembre 2012 4 15 /11 /novembre /2012 17:51

Y a eu cette chirurgienne qui a vertement apostrophé Madame la ministre de la santé (sous prétexte qu’elle la connaissait bien et qu’elle avait couché avec le frère de celle-ci) en disant qu’on prenait les médecins pour des voyous, des criminels, etc., et que c’était une honte de plafonner leurs honoraires de la sorte après toutes ces années d’études (certains en font 15 ! pour devenir spécialistes)…
Et puis son collègue, voyant que ce n’était pas la meilleure approche, a mis en avant le patient : le pauvre patient en pâtirait forcément, si on fait bosser les internes jusqu’à pas d’heure sans leur laisser le temps de récupérer et en les rémunérant une misère ; forcément, au bout d’un moment, ils ne couperont plus droit.
Bon. Ils réclament. C’est normal : ils voient la crise se répandre sur eux et ils s’affolent.
Jusque-là, c’était bon pour le commun des mortels, mais que ça les touche, eux, c’est purement de la folie ! comment ose-t-on ?!
 
Je ne veux pas chercher à polémiquer. Je comprends qu’on réagisse quand on se sent menacé (moi, je réagis même si je ne suis pas – encore – menacé). Mais, pour des gens qui ont fait autant d’études, je trouve que la façon de réagir n’est que celle de petits enfants gâtés qui piaillent devant une mère qu’ils trouvent ingrate. (A propos, doit-on dire « mère » ou « parent 2 » ? ou « parent 1 » ? Le groupe NTM doit-on l’appeler désormais NTP1 ou NTP2 ? gros dilemme !)
Et puis, les pays en crise grave… la Grèce et, demain, l’Espagne, l’Italie, la France… Les allemands se plaignent : eux qui sont bons gestionnaires ne sont pas tombé dedans, en tout cas, pas si profond. Alors, ils s’énervent qu’ils doivent essuyer les pots cassés de ceux qui ont mal géré.
On peut les comprendre : c’est l’histoire de la cigale et de la fourmi. Mais ça se termine par une injustice : la fourmi qui était raisonnable et prévoyante se retrouve pénalisée. Alors, elle réclame, elle aussi.
 
Bref. Tous ces braves gens qui ont beaucoup étudié devraient, à mon avis, plutôt réfléchir à la société dans laquelle ils vivent et tenter de trouver un remède pour nous sauver de ce cancer qui nous ronge. N’est-il pas ?
Ils raisonnent de façon égocentrique au lieu de voir les choses de façon holo-centrique. Hé oui ! on est tous dans le même bateau. N’est-il pas ?
 
On voit les pays, dont on se moquait hier, parce qu’on les trouvait insignifiants ou indignes d’êtres pris au sérieux – le Qatar, la Chine, la Corée… –  nous envahir et devenir nos maîtres. On leur cire les pompes et on leur fait des courbettes. Ils étendent leur ombre sur le continent africain sans que cela ne gêne personne. Et puis, ils nous phagocytent, nous européens ! Et ceux parmi nous qui se disent « responsables » trouvent ça normal et n’y voient rien à redire. Ils le répètent sur toutes les chaines de télé pour bien nous endormir. Tu me diras : « c’est un juste retour des choses ». Comme tu es cynique, mon ami.
En réalité, c’est ultra-alarmant. Mais ce n’est qu’une manifestation de plus de la misère dans laquelle nous nous trouvons. Nous y sommes jusqu’au cou et même au-delà. Et on se débat de façon ridicule et désarticulée. Et plus on se débat, plus on s’enfonce.
 
Et je n’arrête pas de dire qu’il faut s’asseoir autour d’une table pour reconstruire la société de demain sous peine de vivre une catastrophe sans précédant (le pire est à venir). Il nous faut une société plus juste, moins basée sur l’exploitation des uns par les autres, moins basée sur le profit à tout prix. C’est pourtant simple. La solution, c’est de jouer à ce jeu de la vie avec de nouvelles règles économiques. Mais non. Tu préfères regarder la française des jeux et accepter qu’il n’y a pas d’alternative à la crise.
Comment t'ouvrir les yeux ?

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6 octobre 2012 6 06 /10 /octobre /2012 23:46

 

 

Les 5 branches du Bonheur

Imagine ta naissance. Prend le temps d'imaginer. Reste un peu en suspens sur cette ligne. Ou, mieux, ferme un instant les yeux. Et imagine.

 

En fait, tu te mets à exister en te séparant de ce qui t'entoure. Tu te décroches. Tu deviens une boule détachée du reste de l'univers. Tu peux dire : “moi” parce que tu as fait ce travail de séparation.

 

Puis, de ta naissance apparaissent des relations ; celle de toi avec les objets qui t'entourent, celles de toi avec les êtres qui t'entourent et celles de toi avec toi-même.

 

Les objets, tu as envie de les prendre et de te les accaparer. C'est le désir de propriété. Tu voudras collectionner les objets, les entasser, les enfermer. Et puis, les compter, les cataloguer, leur donner de la valeur … parce qu'ils sont à toi. Tu auras le sentiment de richesse. Tu seras riche de pierres, riche de feuilles de papier, riche de bois, riche de briques, riche de tout ce que tu pourras amasser et entasser. Tu pourras même être riche d'idées. Et chacune de ces richesses te remplira d'aise. Tu auras un sentiment de sécurité. Ce sera un aspect plus ou moins important de ton Bonheur. Et, manquer de ces “richesses” pourrait te plonger dans la tristesse et la dépression.

 

Les êtres, tu tenteras aussi de les prendre et de te les approprier. Sauf qu'eux, ils vont réagir et ne pas se laisser faire. Alors, forcément, cela deviendra un autre type de relation. Tu seras obligé de te mesurer à eux. Tu voudras te montrer plus fort(e), plus grand(e), plus beau/belle, plus intelligent(e), plus n'importe quoi, mais “plus” qu'eux. Même “plus bête” sera bon à prendre par moment.

En tout cas, dans ton entourage, tu chercheras ceux qui te reconnaîtront une valeur et tu fuiras ceux qui te dénigreront. Et si tout le monde autour de toi se met à te dénigrer, si tu es ostracisé(e), si on fait du mobbing à tes dépends, tu entreras dans une dépression et/ou une colère aigüe.

Ainsi, le second aspect de ton Bonheur est la reconnaissance des autres. Cette reconnaissance est la marque de ton désir d'autorité que tu exerceras sur ton entourage dans un domaine donné. Et c'est le domaine que tu chériras parce que c'est lui qui te donnera le sentiment d'exister parmi les autres.

 

La troisième relation que tu développeras, ce sera celle qui déclenchera un bien-être intérieur, celle qui apaisera tes sens ou, au contraire, qui saura les exciter ; celle qui provoquera des réactions chimiques dans ton corps, que tu interprèteras comme autant de jouissances. Et tu en redemanderas. Ce sera ton désir de volupté.

Ton Bonheur, tu auras le sentiment qu'il passera aussi par la satisfaction de ces sens qui procurent la volupté. Parfois même, cela pourrait être ta source principale de bonheur. Et si tu n'y arrives pas, tu auras le sentiment de frustration et de désolation.

 

Et puis, au-delà de ces trois relations, tu tenteras de te dégager de celles des autres qui voudront t'impliquer dans les leurs : tu ne voudras pas être l'objet de quelqu'un, tu ne voudras pas te sentir dominé(e) par quiconque et tu ne voudras pas non plus être esclave de tes propres plaisirs. Ce sera ton désir de liberté. Tu chercheras peut-être même à pousser ce besoin de liberté en dépassant les limites qui ont été tracées autour de toi pour définir le domaine du raisonnable. Ton désir de liberté te poussera peut-être à contrevenir à certaines règles, et peut-être même, à aller bien au-delà de l'acceptable …

 

Enfin, un cinquième type de relation peut naître qui pourrait t'apporter du Bonheur : c'est l'altruisme. L'altruisme naît quand tu cesses de te séparer du reste du monde et qu'au contraire, tu te sentes un(e) avec lui. Un(e) avec les êtres qui t'entourent, un(e) avec les objets qui t'entourent. Quand tu commences à entrevoir que la matière dont tu es constitué(e) est la même que ce qui constitue l'univers entier, et que le mot “matière” lui-même n'est qu'un leurre.

Là, tu peux soit sombrer dans la déprime soit éprouver une joie intense …

 

En définitive, tu as à ta disposition 5 outils qui te donneront le sentiment de bonheur, s'ils t'amènent à récolter les fruits de tes actions, et, au contraire, un sentiment de malheur dans le cas contraire.

Ainsi, ce que tu appelles Bonheur, pour moi, est là. Et c'est ce qui est à la base de l'individu, donc de la société.

 

Ces 5 catégories de désirs vont conduire à 5 types d’actions que tu seras tenté(e) de faire pour arriver à tes fins. Or, chacune de ces actions faite par l’un peut être vécue négativement par l'autre. Ce ne sera pas nécessairement le cas, mais cela reste possible – et cela se produit suffisamment souvent pour que des conflits naissent.

Par exemple, si A s’approprie un objet que B convoite également, il s’en suivra que B éprouvera un sentiment négatif (frustration, haine, colère, jalousie, etc.) ; si A et B sont concurrents dans un domaine donné et que B l’emporte, A aura automatiquement essuyé une défaite ; si A désire B et que ce ne soit pas réciproque, de la souffrance apparait également ; de même, si A, au nom de sa liberté, agit d’une manière contraire aux attentes de B, ce-dernier en pâtira …

Il n’y a que dans le cas de l’altruisme que les sentiments négatifs disparaissent : A est là pour B quand ce-dernier en a besoin, et il sait se retirer quand il sent que sa présence gêne. Et il ne ressent ni fierté ni humiliation, ni dans le premier cas ni dans le second.

Alors, c'est vrai, cet être a déjà un degré de sagesse qu'on peut qualifier de supérieur, mais tout le monde peut en être doté ou l'acquérir au cours de sa vie.

 

Ceci dit, la plupart de nos actions (toutes, exceptées celles de la dernière catégorie) sont potentiellement sujettes à des conflits, frustrations, tensions … et deviennent ainsi sources de violences diverses qui se produisent à l'intérieur d'un individu ou entre plusieurs individus. Et, par conséquent, une nécessité s’impose : démêler les conflits (internes et externes).

 

La notion de Justice

Alors, on désigne un “arbitre” qui s’appuiera sur un certain nombre de règles issues d’un certain “bon sens”, une certaine “sagesse”, une certaine “morale”, … pour rendre la “justice”. Ces règles issues du bon sens sont, disons-le tout de go, arbitraires. Evidemment. Il suffit de regarder : ce qui est moral et sensé aujourd'hui ne l'était pas forcément hier et ne le sera plus demain.

Certaines constantes demeurent, certes : “tu ne tueras pas”, etc. Mais, aujourd'hui, même là, dans certains pays, où tout se monnaye, tu peux acheter le droit de tuer …

Donc, les règles sont arbitraires. Plus précisément, elles sont liées à la sagesse d'ici et de maintenant. En d'autres temps et/ou en d'autres lieux, les règles diffèrent.

 

Passons maintenant à la notion de justice.

Là, force est de constater qu'on fait d'énormes abus de langage. On dit : “faire justice”, “que justice soit faite”, “rendre la justice” … ce ne sont là que des mensonges (on se ment à soi-même, par ignorance sans doute).

On ne fait aucune justice et on ne rend rien. Et comment pourrait-on ? Quand le mal est fait, il ne peut plus être défait. Il faut cesser avec ça et repenser entièrement la notion de Justice.

Je n'en dirais pas plus pour le moment.

 

La Société

Alors voilà !, perdu dans l'immensité de cet univers, tu éprouves le besoin de te réfugier auprès d'un protecteur. Tu veux croire en un être supérieur qui te guidera. Un tel être, tu le verras sur terre, un tel autre tu le verras au ciel. Sur terre, ce sera ton roi et tu seras son vassal. Au ciel tu l'imagineras et lui donneras le nom de Dieu.

Puis, un autre seigneur – un qui s'y connait mieux que toi en Dieu – te donnera plein de bons conseils sur la façon d'être et d'agir en conformité avec ce Dieu. Dieu qui sera d'autant plus réel que plus de gens se mettront à y croire …

Attention ! Je n'insulte personne. Je ne dénigre personne. Je ne nie pas ton Dieu. Simplement, je dis que tu y crois et que ta croyance est d'autant plus forte que d'autres la partagent. Cela ne signifie ni que ce Dieu existe ni qu'il n'existe pas. Et cela ne me positionne pas par rapport à ta croyance (peut-être que je crois la même chose que toi ? Je ne me suis pas prononcé).

Le propos ici est de constater que c'est toi qui cherches à te soumettre. Et, par là-même, tu offres la possibilité à un caractère plus fort de se placer au-dessus de toi et de te diriger.

En somme, tu choisis ton bourreau.

Nous en sommes tous là, en effet. Alors pourquoi te pointer du doigt ?

Simplement, parce que la plupart du temps on rejette tout ça sur les autres et on ne prend pas conscience que soi-même on est impliqué.

 

A cause de ta façon d'être et de la mienne, ainsi que de celle de tous nos concitoyens et tous nos ancêtres, il s'est créée une classe dirigeante. Cette classe dirigeante, avec le temps, a affuté ses armes et est devenue apte à tenir son rôle à tel point que tu ne peux même plus imaginer une société sans elle.

Elle nous lamine jour après jour. Elle joue avec notre vie en souriant. Et nous sommes consentants. Nous acceptons. Nous les applaudissons même, comme s'ils venaient de nous faire un numéro de saltimbanque. Voilà comment nous sommes. Voilà notre “intelligence”.

 

Question philosophique

Alors, tu me diras, y a-t-il une alternative ? Une vrai alternative ?

Comment le savoir ?

Quel modèle a-t-on ?

 

Voyons voir.

 

Si on observe les populations dites “primitives”, on constate une certaine harmonie, une vie en bonne intelligence où le bon sens prime. Souvent, ils inspirent cette insouciance et cette joie de vivre qui nous font tant défaut et qu'on aimerait trouver parmi la plupart de nos congénères.

Mais d'un autre côté, il faut admettre que ces peuples tranquilles n'ont pas fait d'extraordinaires découvertes ni d'inventions géniales dont une civilisation comme la nôtre pourrait s'enorgueillir. Leur technologie est restée, pour le coup, primitive. Et leur science n'est que très approximative, même s'ils manifestent çà et là des ingéniosités bluffantes pour surmonter des problèmes quotidiens.

Alors, faut-il en conclure que – et voilà notre question philosophique à deux balles – les guerres, les injustices, les frustrations, les humiliations … conduisent à des sociétés plus développées ? Faut-il en passer par les abus, les viols, les pillages, les maltraitances de toutes sortes pour avoir le privilège d'appartenir à une civilisation évoluée ?

Quel paradoxe ! Pourtant, il semblerait bien que, plus untel est rabaissé plus il sera motivé pour donner le meilleur de lui-même et, par ce biais, faire évoluer toute la société.

Quoi qu'il en soit, de fait, nous ne faisons plus partie d'une société à technologie balbutiante ; nous sommes obligés de composer avec ce qu'on a.

 

De la gouvernance

Dans un recueil de contes de Amadou Hampâté Bâ, intitulé “Petit Bodiel”, il y a cette petite légende peule, qui porte le titre de “La révolte des bovidés”, sur laquelle je voudrais m'arrêter un instant.

Tout d'abord, j'aimerais te rapporter le passage suivant : « [l'homme] cet être paradoxal qui, singe ou pas, aime plus que tout singer Dieu, [l'homme] cet anarchiste qui veut être obéi, [l'homme] cet ignorant de lui-même qui veut tout connaître autour de lui. »

Si tu te réfères aux quelques lignes écrites plus haut, tu en déduiras qu'il n'y a pas chez l'homme le paradoxe dont l'auteur parle. C'est son désir d'autorité qui le poussera à « singer Dieu ». C'est son désir de liberté qui tendra à le rendre anarchiste et encore à cause de son désir d'autorité, il voudra se faire obéir. Et c'est la soif de propriété qui le conduira à vouloir tout connaître autour de lui (car connaître c'est acquérir des connaissances) sans pour autant trop s'intéresser à se connaître lui-même.

 

Ceci dit, ce n'est pas vraiment le propos qui m'intéresse ici. Je voudrais plutôt me pencher sur l'histoire racontée …

Ce petit conte peul, ainsi que tous les contes du monde, se veut didactique. Il veut éduquer le peuple en lui suggérant une morale qui se veut sage et bonne à suivre. Et, comme dans tous les messages, il y a ici ce que l'auteur dit ouvertement et ce qu'il suggère, ce qui est considéré comme allant de soi et qui ne peut donc pas être remis en question.

Je vais tenter de résumer ce petit conte, tout en soulignant les points qui m'ont fait réagir.

 

Il est question de bovidés qui, toute la journée, paissent puis ruminent pour donner du bon lait récolté par celui qui est leur roi : l'homme. Un jour, ils décident de se révolter car ils estiment la situation injuste. Notons que ce sont les taureaux (donc les mâles) qui prennent cette rébellion en main. Les rôles sont bien clairs : le taureau est le chef, puis vient la vache, puis la génisse et enfin le veau.

Ainsi, ils se mettent à revendiquer les mêmes droits que leur roi, à savoir, boire leur lait.

Le roi obtempère et fait le partage : pour chaque vache traite, il prend une part pour lui (justifiée par les besoins de gestion du royaume), une part pour la vache qui a donné le lait, une pour le veau et la dernière part pour les autres. La justesse de ce partage n'est pas discutée.

Et, ce qui devait arriver, arriva : les vaches donnèrent de moins en moins de lait et tout le monde devint de plus en plus affamé. Si bien qu'ils finirent par renoncer à leurs lubies de partager le lait.

Deux morales sont données à cette histoire. Je cite :

 

1/ Un chef n'est pas une vache laitière, mais un berger qui doit savoir mener les laitières au pré.

2/ Si les administrés veulent que le roi soit juste, ils doivent savoir quoi lui demander car, en fin de compte, c'est d'eux-mêmes que le roi tirera ce qu'ils exigeront.

 

Ainsi, à en croire nos moralistes (tous les moralistes de la terre), d'après la première phrase ci-dessus, il y a des castes. Nous, nous sommes de la caste des bovins (subdivisés en mâles, mères, jeunettes et enfants) tandis que ceux qui nous dirigent sont de la classe des bergers.

Quant à la seconde phrase, elle est simplement amusante car elle dit que, quoi qu'il arrive, le roi se placera toujours au-dessus de la mêlée et ne peut en aucun cas être importuné par un plaisantin de notre genre.

 

A présent, il est temps de tirer des conclusions de tout ça.

 

Partons de l'individu que tu es. Tu as des besoins nés de tes désirs de Bonheur et tu éprouves des injustices quand ces besoins ne peuvent pas être assouvis ou quand tu constates, par compassion, que d'autres ne peuvent pas assouvir leur besoins les plus élémentaires. Alors, tu vas te mettre à revendiquer.

Donc, quelle que soit la revendication que tu présenteras, elle sera un reflet d'un sentiment d'injustice que tu éprouveras par rapport à une situation. Or si beaucoup de gens ont le même sentiment que toi, c'est qu'il y a un réel problème. Et on essaiera de réparer cette injustice. Mais, ce-faisant, immanquablement on jettera les bases d'une nouvelle injustice (Anne Roumanoff le dit bien, sous forme de boutade : « les privilèges des uns sont les injustices des autres »).

Donc, à terme, il faudra réparer cette nouvelle injustice (qui, soit ne te concerne plus, soit implique de revenir à la situation qui t'était défavorable).

Il n'existe pas de justice. On ne fait pas justice. On ne fait que tenter de réduire des injustices. Et, les réduisant d'un côté, on les augmente de l'autre. Autrement dit, il n'y a pas de monde idéal.

 

Mais cela ne signifie pas qu'il n'y ait aucune meilleure organisation sociale possible.

Cependant, une nouvelle organisation sociale ne sera meilleure que si on fait l'effort de comprendre pourquoi les solutions proposées jusqu'ici ne sont pas satisfaisantes. Or, on vient de le voir : fondamentalement, on ne peut pas satisfaire tout le monde tout le temps. Il s'en suit qu'on trompe une partie du monde tout le temps.

 

Il s'en suit qu'une société parfaite ne peut pas être régie par des gens qui ont pris des engagements. Prendre des engagements, c'est favoriser les uns aux détriments des autres.

 

Certes, mais alors, que doivent donc faire les gens à qui on confie une responsabilité ?

Ma réponse est très simple : ils doivent compter les voix. Les injustices, c'est nous qui les subissons, c'est, donc, à nous de manifester notre mécontentement par des votes. Je vote pour l'augmentation de mon salaire ; je vote pour la baisse du prix du pain et du carburant ; je vote pour moins de pollution, etc. Et la “société” doit prendre mon avis en compte. Si mon vote est majoritaire, il sera suivi d'effets.

 

Là, je te vois faire des bonds de 10 mètres : « quoi !?, mais il est taré celui-là ! Il ne prend pas en compte la réalité des choses. Si on augmente les salaires, on sera moins compétitif, donc on vendra moins, donc il n'y aura même plus moyen de payer les salaires … ».

 

Je sais.

 

Je ne parle pas de l'économie actuellement en place. Celle-ci est dans l'impasse que tu as choisi de soutenir (soit activement en l'encourageant soit passivement en laissant faire) et elle restera en place tant que tu ne te décideras pas à faire bouger les choses.

Ce dont je veux te parler c'est d'une autre économie. Celle qui pourrait avantageusement remplacer la tienne. Celle qui permettrait de faire de l'autogestion réelle. Celle qui ne nécessiterait pas l'intervention de représentants auxquels on devrait faire confiance (et qui forcément pourraient être tentés d'abuser).

 

La nouvelle organisation sociale que je propose n'est ni de gauche ni de droite ni rien de ce genre, car être d'un de ces bords signifie prendre partie, s'engager, et donc (on l'a vu) tirer la couverture vers les uns en découvrant les autres. Non, le nouvelle organisation doit être neutre ; elle ne doit faire que gérer les votes des citoyens afin que leur volonté soit faite.

 

Ce que j'appelle « holocratie », c'est un ensemble de règles qui permettent une organisation sociale autorégulatrice afin qu'à tout moment chacun ait le sentiment qu'il n'est pas le dindon d'une énorme farce. Et tout ça, ce ne sera possible que si tu y mets du tien.

La balle est donc dans ton camp.

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8 septembre 2012 6 08 /09 /septembre /2012 08:02

Adam a-t-il eu raison, en définitive, de croquer la pomme ?

Au début, il était en Eden ; tout allait bien ; il n’avait pas trop à réfléchir à ce que lui réservaient les lendemains ; tout suivait son cours ; Dieu veillait sur lui (un peu moins sur Eve, qui n’en faisait – déjà – qu’à sa tête)… Il était obéissant et discipliné, donc tout se passait bien.

Mais, il faut l’avouer, ce genre de situation n’est pas idéale pour qui veut progresser intellectuellement. A mesure que le temps passait, en effet, il devenait un vieux crouton avec ses habitudes et sans aucune motivation pour une quelconque découverte. Il n’avait le goût ni pour la Science ni pour le Savoir, puisqu’il n’avait pas encore goûté au fruit qui allait stimuler en lui ces désirs si diaboliques.

Observez donc les animaux de la jungle ou de la savane. En règle générale ils sont exactement comme Adam ; ils ne vont pas tenter de dépenser inutilement leur énergie ; ils vont rester tranquilles à brouter tant que faire se peut ou dormir en attendant que la température devienne plus supportable. Les carnivores ne se déplaceront que s’ils sont à peu près assurés d’atteindre leur cible. Il n’y a que lors des amours – ah, l’amour ! – où ils sont plus actifs qu’à l’accoutumée, et où ils vont même se défier continuellement jusqu'à ce qu'il soit clair qui est le chef du troupeau.

Observez ensuite les  peuples dits « primitifs » : ils ont eux-mêmes observé et étudié leur environnement de telle sorte qu’ils peuvent en tirer les substances qui les nourriront jour après jour. Et, là encore, ils ne tenteront pas de planifier quelque stockage hasardeux inutilement. Ils subiront donc amèrement les sècheresses et les vaches maigres s’ils ne décident pas de migrer vers un lieu qui leur offre de meilleures conditions.

Nouveaux lieux, nouvelles conditions, nouveaux dangers, nouveaux défis : ça y est ! la pomme est dans le gosier. Il va falloir se battre et se débattre pour vaincre toutes ces nouveautés. Et survivre. Des conflits vont naître entre ceux qui occupaient déjà ces lieux et les nouveaux arrivants. Serait-il exagéré de dire que les guerres nous poussent à développer notre intelligence ? Le génie de la guerre serait-il le génie par excellence ?

Quelle horreur ! Imaginer que notre belle Civilisation n’aurait rien été si elle n’avait pas su verser tout ce sang et faire subir à tant de gens tant d’ignominies… Pourtant, là où il n’y a pas de nouveaux défis, il n’y a que la télé, le canapé et les popcorns. Quel paradoxe !

Le dilemme qui se présente donc à nous est le suivant : voulons-nous un monde égalitaire où tout va pour le mieux pour tout le monde, au risque de s’ankyloser tous du cerveau ou laisser, voire accentuer les inégalités et les injustices pour susciter la venue de nouveaux génies qui marqueront leur siècle et les suivants ? Ou alors, existe-t-il une troisième voie ?

La réponse est dans la question, bien entendu (la première ou la deuxième ?).

 

Il ne faut pas oublier que nous raisonnons tous faux. Même vous. Même moi. Autrement dit, toutes ces belles phrases, ces belles démonstrations, ces beaux raisonnements avec thèse, antithèse, foutaise… ce n’est que du vent. Le monde va comme il vaut aller. Il n’est qu’une résultante de la somme de nos bonnes ou mauvaises pensées et actions. On a simplement l'illusion de contrôler les choses, mais nous ne manipulons que des boomerangs qui ne tarderont pas à revenir droit sur nous.

Certains se croient encore en Eden d’autres se voient en Enfer. Certains le sont vraiment (dans l’un ou dans l’autre). La majorité, pourtant, est enfermée dans l’enfer d’une poignée d’individus. Et elle laisse faire.

Qui sait ! Peut-être qu’un jour, après qu’on aura été éprouvés et excédés par une nième crise, par une n-plus-unième guerre, on décidera enfin de construire une organisation sociale raisonnable. Peut-être qu’alors quelqu’un se souviendra d’une petite proposition qui s’appelait « holocratie ». Peut-être que celle-ci ankylosera le cerveau de certains, peut-être stimulera-t-elle, au contraire, celui de quelques autres. Allez savoir.

En attendant, dormez bien.

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23 juin 2012 6 23 /06 /juin /2012 18:53

A VOIR ET A REVOIR ABSOLUMENT !

 

Discussion avec Claude Bourguignon

 

et puis :

 

(link)

 
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