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12 décembre 2009 6 12 /12 /décembre /2009 17:24

 

L’être humain a principalement 2 aspirations : vivre BIEN et LONGTEMPS.

Mais, c’est dans la compréhension même de ces termes qu’il y a divergence entre nous. Les uns vont s’inscrire dans un grand ensemble appelé „humanité“ alors que les autres se borneront à leur propre ego. Les premiers chercheront donc la réponse dans la collectivité, alors que les autres ne pourront la définir que par rapport à eux-mêmes.

Quand j’étais jeune, je pensais que l’altruisme n’existait pas et que tout était régi par une somme d'égos ; „l’altruiste“ n’était qu’un égoïste qui voulait tirer profit de ses actes de générosité sur autrui (en somme, je voyais l’altruiste comme un égoïste hypocrite). C'est dire à quel point on peut dresser une barrière entre deux modes de pensées, pour la rendre infranchissable.

En fait, il faut atteindre une certaine maturité (qui, pour moi, est arrivé assez tardivement, mais qui n'est pas directement liée à l'âge) pour considérer l’homme, non pas comme une île complètement isolée des autres, mais comme une partie d’un tout indissociable qu’il forme avec ses semblables et, même au-delà, avec tout ce qui l’environne, sans pour autant tomber dans l'écueil de la négation de son propre moi.

Celui qui n’accepte pas cette vérité comme allant de soi ne pourra pas être d’accord avec les propositions faites ici.

Traditionnellement, un clivage est fait au niveau politique entre la gauche et la droite, les premiers étant orientés plutôt vers le social, vers le confort du plus grand nombre, tandis que les seconds arguent que si, justement, on veut qu’il y ait du confort, il faut laisser, à une poignée de meneurs, libre cours afin qu’ils créent les conditions d’un meilleur confort dont les autres pourraient alors éventuellement bénéficier.

En réalité, le problème a été pris par le mauvais bout dès son apparition. On se rend compte, maintenant qu’il y a une grande crise, que, aussi bien les industriels et les banquiers que les politiciens de droite comme de gauche n’ont pour principale préoccupation que leurs propres intérêts (ce qui tendrait à corroborer ma première opinion sur „l’altruiste“). Ma position actuelle est que „la fonction crée l’organe“. Si on donne un poste important à un individu, à moins d’être un être exceptionnel, il finira tôt ou tard par se laisser tenter à en abuser. Et c’est ça le vrai problème. Car, comment construire une société digne de ce nom sans tenir compte de cet aspect-là de l’homme.

Là apparaît la fameuse phrase d’Aristote, reprise entre autres par Rousseau : „l’homme est naturellement bon, c’est parce qu’il ne sait pas qu’il fait le mal“. En fait, l’homme, à un moment de sa vie, a un certain stade de maturité, mais c’est parce qu’il n’aura pas su, qu’il aura fait beaucoup de mal autour de lui, qu’il faudra, bon gré mal gré, réparer.

Ma position est la suivante : pourquoi ne pas créer d’emblée une société qui serait capable de faire avec ? une société qui serait telle que, malgré son manque de maturité (son manque de „savoir“), l’homme puisse vivre BIEN et LONGTEMPS ?

 

Force est de constater que tous les modèles proposés jusqu’à maintenant sont de type „égocentrique“. C’est du style : „suivez-moi et tout ira bien“. Il est clair que si untel arrive à „rassembler les masses“ tout sera plus facile à gérer, mais ce ne sera pas forcément mieux pour autant. Parce que tout est basé sur un mouvement, sur une dynamique qui ne fonctionne que parce qu’on y croit sur le coup. Puis, une fois que les choses se sont tassées, on constate les dégâts. C’est comme ça que le communisme est arrivé en URSS et c’est une fois que c’était trop tard que les gens ont vu dans quoi ils étaient tombés. Et la Révolution Française n’a pas été beaucoup mieux. Pour nous, c’est maintenant qu’on voit où on en est.

 

Je reviens sur cette dénomination de „modèle égocentrique“ car elle s’oppose directement au modèle holocratique.

Quand elle est de droite, la politique encourage ouvertement notre côté égoïste et pose comme établi le fait qu’un chef nous gouverne. Puisque c’est la compétition et que le „meilleur“ gagne, on accepte de fait toute une hiérarchie avec les différentes couches sociales qu’elle crée et on accepte que les uns soient maltraités par les autres parce qu’ils sont d’un rang inférieur.

A l’opposé, quand on est de gauche, on crie au scandale et on lutte pour l’égalité et la justice. Mais, pour y arriver, on propose de suivre un nouveau chef (ce qui, en soi, est antinomique, puisqu’on crée dès le départ, les conditions de la nouvelle stratification et des nouvelles injustices sociales).

La 3ème option est de dire „ni dieu ni maître“, mais là encore se pose le problème de la gestion d’une telle société. Et, ici aussi, les solutions proposées sont toutes du type „égocentrique“ : il y a un responsable qui organise tout pour notre bien commun et nous, nous devons nous porter volontaires pour effectuer les tâches qui incomberont à l’ensemble des membres de cette société, sous peine d'en être exclus. Ne voulant ni dieu ni maître, on se retrouve dans le rôle d’une fourmi qui s’active sous l'observation de soldats qui travaillent pour une reine.

En fait, le seul modèle vraiment acceptable en est un qui tolère la hiérarchie là où elle est nécessaire (là où on est prêt à la tolérer) et qui ne l’accepte pas sinon. Et pour ce-faire, on doit mettre en place, plutôt que des règles, des mécanismes pour assurer à chacun que ses droits ne seront pas spoliés. Les règles sont faciles à enfreindre, les mécanismes non.

Si on dit « les pollueurs doivent payer une taxe », c'est une règle. Et si on pousse un peu le cynisme (car les politiciens nous ont appris qu'en la matière ils ne se privent pas), on peut dire que c'est juste une annonce pour rassurer les foules, sans que cela ne soit suivi d'effets. Si, par contre, l'argent est fait de telle sorte que le prix de la pollution y est incorporé, c'est un mécanisme auquel on ne peut se dérober.

De plus, l'exemple ci-dessus montre implicitement qu'une certaine somme est censée représenter le dédommagement que suscite une certaine quantité de pollution. Qui décide et comment ?

Ne répondez pas « les experts ». C'est une très mauvaise réponse. S'en remettre aux experts, c'est se débarrasser du problème et laisser aux autres le soin de gérer les choses. En somme, c'est l'acceptation... le début de la soumission.

Non. Les experts doivent nous conseiller, certes, mais c'est nous qui devons trancher. Comment ? On doit voter. Et la moyenne qui ressortira de nos votes sera la bonne réponse.

Voilà, à travers un petit exemple, ce que veut dire « holocratie ».

 

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