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28 septembre 2015 1 28 /09 /septembre /2015 14:29

Récemment, je me suis remémoré une discussion avec des amis d'il y a longtemps, que j'ai d'ailleurs perdus de vue … C'était suite à un fait rapporté par l'ami japonnais du groupe, et qui s'était déroulé dans l'Histoire de son pays. Il avait soutenu qu'il fut un temps pas si lointain où la situation de misère de son peuple avait conduit ses semblables à tuer leurs propres enfants car ils n'arrivaient plus à les nourrir. Son épouse, française, s'était alors indignée et avait traité ce peuple de barbare. J'ai, bien entendu, pris la défense du mari, qui devait porter ce lourd héritage sur ses épaules, sans qu'il ait commis le moindre crime. Mais je dois admettre qu'à l'époque, je n'avais pas tous les arguments pour faire un bon plaidoyer.

Depuis, j'ai appris un truc : l'expérience de Stanford.

Tu connais ?

 

Il faut regarder les détails sur wikipédia, mais, en gros, c'est une sorte de jeu de rôle avec une douzaine de volontaires sains de corps et d'esprit (ils ont été sélectionnés sur ces critères) où la moitié doit jouer le rôle de prisonniers et l'autre moitié leurs gardiens. Avec la panoplie qui va avec : les gardiens sont en uniforme et ont une matraque (dont ils n'ont pas le droit de se servir) et les prisonniers ont des habits de lin grossier avec leur numéro de matricule inscrit dessus et ils ne doivent plus répondre qu'à ce numéro. Le but est de jouer ainsi aux gardiens et aux prisonniers pendant 15 jours et, s'ils tiennent le coup, ils empochent 15 milles dollars. Ça paraît simple et c'est de l'argent facile, pourrait-on penser. Seulement voilà, les organisateurs ont dû arrêter l'expérience au bout de 6 jours pour éviter qu'ils ne s'entre-massacrent.

Ce qui est fascinant, c'est qu'avant de jouer, ils étaient tous cordiaux et “civilisés”. Mais, lorsqu'ils se sont trouvés en situation, ils ont perdu les pédales et la tension est montée jusqu'à ce qu'ils en viennent aux mains. Mais grave.

 

Cela me renvoie à un reportage passé sur Arte, intitulé “le pays qui n'aimait pas les femmes”. On y apprend que la tradition, en Inde, est d'organiser une grande fête et payer une grosse dot quand on veut/doit marier sa fille. Certains bossent toute leur vie, avec quelquefois 2 ou 3 jobs pour y arriver. Pour ceux qui ont le “malheur” d'avoir 2 filles, c'est une double peine... alors, bien que, moralement et humainement, ce soit complètement ignoble, la logique de certains les a poussés à simplement éliminer les nouveaux-nés quand c'étaient des filles.

C'est la situation, la “tradition”, les règles, les lois … qui nous poussent à agir comme on agit.

Bien entendu, certains sont plus mesurés, plus “sages”, plus modérés, et ne franchiront pas ce pas, mais il se trouvera toujours des gens parmi nous qui se laisseront aller vers une “solution” radicale et efficace pour résoudre quelque chose d'insurmontable de prime abord. Et c'est le début du dérapage.

 

Une dernière référence : le film “un fauteuil pour deux”. Il est question ici de 2 frères (Duke) à la tête d'une grande banque d'affaire qui font un pari cynique mais intéressant : l'un croit en l'acquis, l'autre en l'inné. Concrètement, pour le premier, c'est la situation qui fait le larron, tandis que pour le second, les dons des uns et des autres sont distribués à la naissance. Le cynisme des 2 frères consiste à faire une expérience grandeur nature : destituer le directeur de leur banque par des moyens malhonnêtes mais faciles à mettre en œuvre jusqu'à le faire se retrouver à la rue, et embaucher, au même moment, un gars de la rue pour l'y mettre à la place de l'ex-directeur.

La thèse du film va dans le sens de l'expérience de Stanford, à savoir que c'est l'environnement qui joue un rôle primordial dans la vie d'un individu et le construit en quelque sorte. Mais ce que je trouve encore plus intéressant dans le film, c'est qu'il y ait cette morale : en s'unissant, les 2 hommes manipulés par ceux qui font la pluie et le beau temps, renversent la situation à leur avantage en faisant chuter les méchants frères.

 

Dans notre réalité, le méchant n'est pas incarné par un individu ni par un groupe d'oligarques (qui sont certes des profiteurs, parfois malhonnêtes et souvent sans scrupules, mais qui ne font que profiter d'un système qu'on a tous accepté). C'est le système lui-même le méchant. Et c'est lui qu'il faut combattre. C'est lui qu'il faut changer. Et ce, de façon à obtenir ce à quoi on aspire : l'équité, l'harmonie et l'humanité. Le mot-clé pour y arriver : s'unir.

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Published by Dragan Matic
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