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10 janvier 2015 6 10 /01 /janvier /2015 14:15

Le bon sens nous dicterait, quand on est journaliste, de ne pas se précipiter sur les lieux où se déroulent des opérations de police délicates, afin de ne pas entraver leur progression. Le bon sens nous dicterait également de ne pas révéler, à travers les images et les commentaires en direct, des informations stratégiques des forces de l'ordre (cf., France2 dans la traque des criminels du 7 janvier).

Mais l'info est soumise, comme beaucoup d'autres choses, à la concurrence, à une lutte pour la primeur qui signifie argent, gloire, pouvoir … alors voilà, le bon sens des uns n'est pas le bon sens des autres.

 

Et puis si on se tourne vers le monde industriel (ou plus globalement, commercial). Ils ne font que des conneries : ils polluent, ils licencient quand ça leur chante, ils exploitent à longueur de temps (c'est la base-même du fonctionnement de l'économie mondiale). Or, le bon sens leur dicterait de ne pas faire tout ça. Le bon sens leur dirait de chercher constamment des solutions qui pollueraient moins et où les employés seraient traités humainement avec une rétribution digne et où le but ne serait pas d'enfoncer un quelconque ennemi, allant jusqu'à mettre des pays en faillite … mais le bon sens des uns n'est pas le bon sens des autres.

 

Maintenaient, prends le temps de bien lire cette lettre de Abdennour Bidar : http://www.marianne.net/Lettre-ouverte-au-monde-musulman_a241765.html

Le bon sens nous dicterait de souscrire à 100% à ses propos. Mais je parie que cela restera malheureusement lettre morte. Car, le bon sens des uns n'est pas le bon sens des autres.

 

Le bon sens des uns vise à (re-)trouver une certaine harmonie, un équilibre sain entre nous alors que le bon sens des autres n'est que calcul égoïste. Or, la somme des actes égoïstes n'aboutira jamais à un équilibre sain. Ce n'est que du bon sens, mais …

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Published by Dragan Matic
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Dragan 11/01/2015 12:02

La menace que représente le fanatisme en général, et plus particulièrement, le fanatisme islamiste, on a voulu la combattre en faisant monter la voix de l'extrême droite. C'est, à mon (bon) sens, un calcul politique qui a été fait sciemment. C'est comme ça que je m'explique l'arrivée dans le paysage audio-visuel de gens comme Zemmour, pour ne citer que lui. On a mis sur le devant de la scène des énergumènes qui suscitent la polémique, divisent les gens et font naître – et légitiment même – des pensées ultra-nationalistes. On a pensé, de la sorte, se mettre au-dessus de la mêlée en laissant ces deux plaies s'entre-déchirer.
Mauvais calcul, bien évidemment.

Alexandre Soljenitsyne dit (citation approximative) : « Les choses ne sont pas si simples. Si on pouvait séparer le bien du mal, on se mettrait du bon côté et on mettrait les méchants hors d'état de nuire. Mais, en réalité, faire cette séparation reviendrait à scinder le cœur de chacun d'entre nous. Car on porte tous en nous un peu des deux. »

J'ai déploré cette dérive nationaliste française obnubilée par la colère. Et je continue de croire que la haine ne peut rien résoudre. Quand on est en colère, pour que cela ne se transforme pas en haine, on doit s'assoir et se calmer. Puis, après, on peut réfléchir et agir.
Mais aujourd'hui, je suis à nouveau fier d'appartenir au seul pays au monde qui sait, face à l'ignominie, sortir dans la rue et dire simplement : « je suis Charlie », pour défendre un Charlie Hebdo qui ne fait pas forcément l'unanimité. Parce que, cet acte-là, c'est comme s'assoir, se calmer, réfléchir et agir, tout en un.

Je fais mien ce commentaire à mon article Pourquoi je suis Charlie :
« Tous ces événements me rappellent l'histoire bouddhiste où le maître montre du doigt la lune et son imbécile d'élève regarde le doigt. Charlie, avec ses caricatures, c'est le doigt qui montre les conneries et les imbéciles s'acharnent sur ce doigt. »

Mais, au-delà, il faut savoir retrouver l'harmonie dans ce pays. Il faut que chacun y mette du sien. Car, du bien et du mal, « on porte tous en nous un peu des deux. »
Il ne faut pas laisser pourrir les situations désespérées parce que, sinon, elles finissent par nous sauter à la figure ; il ne faut pas attiser la haine, en pensant que les choses finiront par se calmer d'elles-mêmes ; et il ne faut pas se laisser submerger par la colère. Chacun doit faire sa part du travail : chrétiens, juifs, musulmans, athées, bouddhistes, et les autres.

Que du bon sens, tout ça. Que de l'enfoncement de portes ouvertes.
Et pourtant, il faut croire que ce n'est pas clair pour tout le monde. Alors, même si ça va sans dire, ça va toujours mieux en le disant.