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16 octobre 2009 5 16 /10 /octobre /2009 15:46

Film de Jean-François Brient et Victor León Fuentes (prévoir 50 min. pour le visionner)
 

De la servitude moderne (1/3)


De la servitude moderne (2/3)


De la servitude moderne (3/3)

 

 

Les images qu'on voit sur cette vidéo choquent. Elles nous agressent. On nous répète continuellement sans détours que nous sommes des esclaves.

Quelque part, nous sentons bien qu'il y a du vrai là-dedans. Il y a même beaucoup de vrai. C'est d'ailleurs ce qui nous agresse. Les anarchistes diraient qu'il n'y a que du vrai, mais c'est parce qu'ils ont une vue très négative du monde et de ce que l'humanité est devenue. Moi, j'estime que nous nous sommes laissés envahir par une foule de règles qui vont à l'encontre de la dignité de l'humain que nous sommes et dans la foulée, ces règles ne tiennent pas compte de – et même dégradent – notre environnement.

Ce que je fais là, ce n'est pas simplement paraphraser les commentaires du film pour les rendre plus faciles à digérer, c'est plutôt montrer qu'il y a une autre façon de voir et de se voir dans ce monde.

Cette vidéo anarchiste est une propagande qui appuie là où ça fait mal, afin de nous avilir pour qu'on finisse par se révolter. Et, une fois révolté, que fera-t-on ? On descendra dans la rue, on cassera tout, on foutra la pagaille, et alors ? Alors, viendra se mettre en place, dans le meilleur des cas, l'anarchisme.

En soi, l'anarchisme n'est pas mauvais ; il prône la liberté de l'individu, la non soumission à des instances supérieures, le respect mutuel, etc. Que des choses bien. Et comment compte-t-il établir tout ce qu'il promet ? Par l'abolition de la monnaie (source de tous les maux) et l'autogestion, donc une organisation en fédérations où chacun contribuerait au développement de l'ensemble.

Mais l'anarchisme n'est pas viable. Pourquoi ? Parce que je ne suis pas d'accord avec.

Ce que je veux dire, c'est qu'il suffit qu'un petit groupe d'individus ne l'accepte pas pour qu'il se transforme en dictature. Et fini le beau principe de l'homme libre et la belle idée d'autogestion.

Je pense que cette vidéo a le mérite de nous ouvrir les yeux en nous secouant (par moments, il faut se secouer), mais après l'avoir visionnée, il faut s'asseoir et réfléchir.


Partons de l'observation du comportement des individus en groupe.

On remarque assez vite dans un groupe qu'un certain nombre d'entre nous prendra la parole plus souvent que d'autres et cherchera à faire valoir ses idées. Si aucune règle n'est définie, très rapidement, ceux qui l'ouvrent, les dominants, vont d'abord faire des propositions (ils vont tâter le terrain pour voir jusqu'où ils peuvent aller trop loin) pour transformer ces propositions ou suggestions en directives qu'il faudra impérativement suivre. De fait, ils prendront le pouvoir. Ils auront pris des décisions et seront vus comme des leaders. Et des batailles (joutes verbales) auront lieu entre les caractères dominants jusqu'à ce que le vainqueur en sorte.

Ceux qui étaient plus effacés vont suivre, puis s'en remettre aux décisions des dominants et finalement se soumettre. Une dégradation progressive de leur statut se fera sans qu'ils puissent rien y faire.

Si on trouve cette loi "naturelle" injuste, il faut prédéfinir un cadre dans lequel notre groupe évoluera, c'est-à-dire, énoncer des règles "de bonne conduite", et il faut quelqu'un qui s'en porte garant, quelqu'un qui veillera à ce qu'elles soient respectées, qu'on pourrait appeler modérateur. En général, si ces règles sont acceptées de tous, le groupe évoluera en harmonie, et le modérateur n'aura pas trop besoin d'intervenir. Mais il n'arrivera jamais qu'il n'ait nullement besoin d'intervenir.

Or, plus le groupe est constitué d'éléments dominateurs, plus le modérateur sera obligé de "composer" avec. S'il se met trop en travers, il sera entraîné dans une confrontation directe qui aboutira soit à un aveu d'impuissance de sa part, donnant la victoire à celui qui est sensé lui "obéir", soit à un coup d'éclat, où il usera de ses "droits" de façon autoritaire, c'est-à-dire, autocratique ou dictatoriale. Donc, le résultat sera que les dominateurs se retrouveront au sommet d'une pyramide dont la base sera constituée des autres qui seront devenus les dominés.

On voit que dans tous les cas, une hiérarchie se forme de fait. Voilà pourquoi une société égalitariste du style communisme ou anarchisme est illusoire. Or, si on laisse libre cours à la hiérarchie sous prétexte qu'elle est naturelle, on arrive aux aberrations que l'on connait aujourd'hui sur le globe entier.

Les sociétés actuelles ont pour principe de base la hiérarchie. Pour le reste, elles usent du prétexte d'une idéologie pour argumenter le fait qu'elles doivent prendre certaines décisions et, par conséquent, qu'on doit obéir. L'idéologie peut être un dogme basé sur une religion ou sur la négation de toutes les religions ou alors simplement basé sur des principes qui mettent en avant que notre bonheur passe par l'accumulation matérielle de biens. Voilà pourquoi une société dictatoriale basée sur une idéologie quelconque n'est pas viable, même si on l'appelle démocratie.

Ainsi, on voit qu'aucune des 2 alternatives n'est la bonne. Par définition, on ne peut pas, imposer l'égalitarisme, mais on ne peut pas non plus empêcher la hiérarchie car elle fait partie de la nature humaine. Donc, il faut trouver un moyen de contenir cette nature humaine afin qu'elle ne génère pas de trop grands déséquilibres, tout en lui laissant le loisir de « satisfaire » ses besoins naturels.

La seule réponse possible, c'est l'holocratie.

 

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Published by Dragan Matic - dans Prises de conscience
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