Comme chacun de nous, je voudrais voir ce monde changer. Je voudrais que nos enfants puissent dire: "au moins, ils auront essayé".
Et comme nous nous accordons à dire que tout est dans tout et réciproquement,
imaginons une holocratie, à la lumière des quelques remarques qui précèdent.
Tout d'abord, ne tombons pas dans le travers de ceux qui veulent définir une nouvelle organisation sociale en nous décrivant des structures
révolutionnaires, avec de beaux schémas, et une hiérarchie gommée, comme par magie, pour être remplacée par des bulles et flèches qui vont dans tous les
sens...
Nous sommes enclins, en effet, à élaborer de
jolis modèles, bien propres et bien définis... mais, nous ne voyons pas que le monde (constitué de vous et moi) n'est pas adapté à ces modèles. Par conséquent, on nous demande de nous y
plier.
En fait, quelle que soit la proposition de modèle
que l'on fait, on peut être sûr qu'un certain nombre d'entre nous ne s'y retrouvera pas. Deux questions doivent donc se poser dès le début:
1/ quelle proportion de gens est prête à accepter d'entrer dans le moule
?
2/ que fait-on des autres
?
Si on commence à définir l'holarchie comme un modèle
visant à remplacer l'actuelle organisation hiérarchique, on prend le problème par le mauvais bout.
Définir une hiérarchie commence, en effet, toujours par la description des fonctions « à responsabilités ». Autrement dit, on commence
par le sommet de la pyramide, pour finir de façon plus ou moins adroite – et souvent, plutôt maladroite – par mentionner la base, dont on n'a que faire dans ce joli
modèle.
Or, tout l'intérêt d'un modèle holarchique serait
de ne pas trop s'intéresser aux sommets – voire de s'en désintéresser complètement. Car le ou les sommets se créent d'eux-mêmes. Ce qu'il faut vraiment définir et où il faudrait que la plupart
d'entre nous soit d'accord, c'est les comportements ou règles de base. Celles qui seraient là pour limiter les excès que, tout naturellement, chacun d'entre nous est tenté de
faire.
Par exemple, on est tenté d'abuser de l'ascendant
qu'on a sur les autres. Donc, il faudrait avoir un mécanisme qui nous empêcherait d'avoir trop de pouvoir.
Et, de la même façon, il faudrait des mécanismes qui nous empêcheraient de trop s'enrichir,
et d'autres qui nous pousseraient à prendre plus en considération notre environnement naturel...
Si des mécanismes nous maintiennent dans un cadre que chaque être sensible est susceptible d'accepter, la base de notre organisation holocratique
est bien définie, et le reste viendra tout seul.
Ainsi,
on aurait de fortes chances d'obtenir beaucoup de voix favorables à la première question (combien d'entre nous accepteraient le modèle?) , vu que la plupart d'entre nous n'attendent qu'une chose:
vivre, justement, dans une société plus équitable, plus pacifique et plus respectueuse de la nature.
Quant à la seconde (que faire de ceux qui ne sont pas d'accord?)... il se trouve que, même s'ils sont beaucoup moins nombreux, c'est eux qui ont le pouvoir, et qu'ils ne
comptent pas tout bonnement y renoncer. Alors, la question reste ouverte.