Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
16 juin 2013 7 16 /06 /juin /2013 15:04

Le fameux théorème d'incomplétude de Gödel* nous dit en substance qu'il n'existe pas de système à la fois cohérent et complet. C'est-à-dire que nous ne pourrons jamais à l'aide de notre raison, de nos facultés à raisonner, tout comprendre de façon cohérente.

C'est une donnée ultra-importante : il ne nous est pas possible de TOUT comprendre, à l'aide de notre raison, de façon COHERENTE. Donc, soit on reste cohérent et on doit admettre qu'il y a des choses qu'on ne comprendra jamais, soit on s'entête à vouloir comprendre et là, on devient incohérent.

Un exemple : Dieu, qui est omniscient et omnipotent, sait-il créer une pierre qui soit si lourde qu'il ne pourra pas la soulever ? Soit il sait, auquel cas il devra renoncer à son omnipotence, soit il devra admettre qu'il n'est pas omniscient.

Mais, en fait, tout ça c'est issu de notre raisonnement. En réalité, Dieu, par définition, est omniscient ET omnipotent. Le reste c'est juste la manifestation de notre incompréhension.

 

Prenons un exemple plus simple à suivre pour mieux comprendre :

 

Escher

 

on voit là, sur un dessin très réaliste de Maurits Cornelis Escher, des gardes en file indienne monter un escalier et d'autres le descendre. Le souci, c'est que cet escalier les mène immanquablement à leur point de départ, ce qui suscite un étonnement de la part de l'observateur. Il n'y a pas de faute apparente, mais notre esprit nous dicte de trouver l'incohérence.

En fait, on est entrainé dans un amalgame de systèmes. Chacun de ces systèmes est cohérent (ce qui fait que notre esprit l'accepte sans broncher), mais ils ne sont pas cohérents entre eux. Chaque marche devrait se trouver sur un plan supérieur à la marche précédente et, en toute logique, une fois qu'on a fait le tour, on aurait dû se trouver plus haut et non plus bas que la marche d'où on est parti. Seulement voilà, les règles de représentation de la perspective sur une feuille de papier (donc, le passage de 3 à 2 dimensions), ne sont pas complètement respectées, tout en l'étant suffisamment pour que nous n'y voyions que du feu. C'est pourquoi, je dis que chaque marche est dans un système incohérent avec les autres ; la cohérence d'un système au suivant est de, mettons 95%. Et, on saute d'un système, avec sa cohérence, à un autre, avec une autre cohérence, sans s'en rendre compte. Et c'est ainsi qu'on est berné et faisons des amalgames malgré nous.

 

Mais il faut se dire aussi que ce sont les amalgames qui font notre supériorité sur la machine : on est capable de sauter du coq à l'âne et de trouver un lien logique là où la machine de pourrait pas le faire, à moins de la rendre moins rigoureuse qu'elle n'est à présent. Autrement dit, soit elle est rigoureuse, exacte, juste, précise et donc bête, soit elle perd ces facultés pour devenir intelligente (comme nous).

 

 

*cf. “Gödel, Escher, Bach” de Douglas Hofstadter, un bouquin très intéressant.

Partager cet article

Repost 0
Published by Dragan Matic - dans Divers
commenter cet article

commentaires