Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
26 décembre 2009 6 26 /12 /décembre /2009 15:09
 

 

 

Il est devenu clair pour la plupart d'entre nous qu'il faut faire quelque chose. Une prise de conscience se fait et beaucoup de gens expriment leur mécontentement, leur colère, leur désapprobation… face à tout ce qui se déroule sous leurs yeux en matière de (mauvaises) décisions sur le plan politique, économique et social. Beaucoup ont été poussés à ouvrir un weblog pour manifester cette colère sur "la voie publique". Et, un certain nombre d'entre eux proposent des idées pour que les choses s'améliorent. Ils ont retroussé leurs manches, ce qui en soi est déjà très louable. Voyons donc ce qui nous est proposé.

On peut classer ces idées selon les 4 "degrés" (ou ordres) suivants (sans aucun esprit de jugement) :


1° ordre : c'est l’appel au bon sens et aux responsabilités des politiciens, afin qu'ils « ouvrent les yeux » ; du style « vous ne voyez donc pas ce qui se passe ; faites quelque chose ! »

2° ordre : on est un peu plus concret ; on propose de nouvelles lois et des amendements pour que la règlementation se fasse mieux.

3° ordre : on va plus loin, en disant qu'il faut carrément refonder cet imbroglio de lois en créant, pourquoi pas, une VI° République, avec une constitution plus rigoureuse sur les thèmes du droit à un environnement sain et à la dignité humaine...

4° ordre : refonte pour refonte, on propose totalement autre chose.

 

Inutile de dire que plus l'ordre est élevé, moins il y a de candidats qui le représentent. A ce jour, au niveau du "4° ordre", je ne vois, outre l'holocratie présentée ici, que peu d'idées concurrentes.

Disons que les alternatives "classiques" ne dépassent pas l'ordre 2. Je passerai très vite dessus (c'est le NPA, le MoDem ou même l'extrême-droite), car, me semble-t-il, outre critiquer ce qui ne va pas (ce que chaque mouvement alternatif fait), leurs propositions d’amélioration ne vont pas très loin, quand il y en a. Personnellement, aucun d'entre ces modèles "classiques" ne me convient car, aucun d'entre eux ne s'attaquant au vrai problème, ne me semble viable. Ils ne proposent, au mieux que des rustines pour colmater les fuites.

Mes remarques sont peut-être un peu sévères, mais au final, c'est bien cela.

Parmi les projets "non conventionnels", citons :

  • Le Projet Venus du mouvement Zeitgeist de Jacque Fresco et Roxanne Meadows. Ici, comme dans le communisme ou l'anarchisme, l'argent est aboli. De plus, ce modèle avoue ne pouvoir fonctionner que si une instance supérieure, constituée de scientifiques, prend le contrôle de tout le globe terrestre pour gérer l'ensemble des ressources existantes et les distribuer de façon qui se veut équitable. Il est évident, quand on présente les choses de la sorte que nous avons affaire là à une autocratie totalitariste à la George Orwell : dormez brave gens... inacceptable.

Pour revenir sur l'anarchisme, disons qu'il y a une incompatibilité entre le désir d'être "tous libres" et de vouloir une cohésion sociale que ce modèle ne résout pas. L'anarchiste bannit l'argent, la police et la hiérarchie. Et il veut que l'ensemble de la société s'organise en fédérations sur la base du volontariat où chacun ferait sa part et où tout tournerait sans que la machine ne s'enraye. Je ne peux m'empêcher d'émettre une forte objection.

Cependant, contrairement aux autres, le communisme et l'anarchisme ont tout de même reconnu, en théorie, la source des problèmes : l'argent. Mais la solution radicale qu'ils proposent de simplement éliminer l’argent pour que tout se remette en place ne peut pas fonctionner.

 

  • Le Mouvement Agir Pour l'Avenir (MAPA) de Vincent Vauclin. C'est bien intentionné, et j'encourage toutes les initiatives qui se révèlent être suffisamment raisonnables, surtout lorsqu'elles viennent, comme c'est le cas ici, de jeunes gens décidés à prendre leur avenir en mains. Les filles et garçons qui s'activent autour du MAPA me paraissent sensés et sérieux. Aussi, je voudrais ici leur apporter officiellement mon soutien moral. Cependant, si la façon qu'a son instigateur de prôner un Etat fort, bien centralisé, contrôlant tout, sans penser aux moyens que le peuple aurait de se protéger des abus qui ne tarderaient pas à surgir dans un tel système, je me dois de dire : non je ne suis pas d'accord. Mais, je suis sûr que, combiné à l'holocratie, le MAPA serait prometteur.

 

  • Le Sociétalisme et, plus particulièrement, son volet économique, l'Ecosociétalisme d’André-Jacques Holbecq. Ce modèle va plus loin dans la réflexion et mérite donc qu'on y consacre un peu plus de place.

Sur les pages qui sont dédiées à l'écosociétalisme, on peut lire en détail ce qu'il en est, mais ici, je ne veux qu'en résumer les principales caractéristiques.

  • A la base, on a une unité de mesure des activités (consistant à produire des biens ou dispenser des services) ; cette unité est une fraction de temps (6 min.). Ainsi, en une heure d'activité, on gagne 10 unités.

  • Le produit (ou le service) global passe par toute une chaine de productions (ou de services) intermédiaires et son coût total est le cumul des coûts intermédiaires engendrés.

  • L'argent pour financer ces coûts est créé selon les besoins

  • L'argent de ceux qui achètent le produit ou le service est consommé au sens strict du terme ; c'est-à-dire qu'il disparaît.

  • La notion de "travail sociétal" apparaît alors : un travail est dit sociétal, lorsqu'il va dans le sens du "bien-être collectif". Ainsi, chacun est libre de choisir son activité au sein de cette société, mais sa rémunération sera d'autant plus conséquente qu'il ou elle effectuera un travail plus sociétal. Il y a donc également une notion de degrés de bien-être collectifs.

  • Chaque citoyen, actif ou non, reçoit un "Revenu Social" (RS) lui permettant de vivre décemment. Par conséquent, un impôt (la Contribution Eco Sociétale, CES) est prévu afin, d'une part, de couvrir ce Revenu Social, et d'autre part, de rémunérer les activités non commerciales. Cet impôt est prélevé selon une logique "sociétale", c'est-à-dire que moins on contribue au bien-être collectif, plus on paye (selon le principe "les pollueurs sont les payeurs").

  • Un autre impôt existe ; il concerne ceux qui choisissent d'être propriétaires de leur habitation. En fait, il s'agit d'un loyer (?). Là, j'avoue ne pas très bien comprendre. Car, si le propriétaire paye un loyer, que paie le locataire ?… il loge gratuitement ? dans un logement qui appartient à la collectivité ? (Qu'un représentant de l'écosociétalisme éclaire ma lanterne)

  • Les outils de production, les biens immobiliers, le mobilier, etc., sont mis à la disposition de l'entrepreneur à condition que son projet d'entreprise soit accepté.

  • L'héritage est limité à une génération, afin d'empêcher qu'une même famille ne cumule des biens et se rende de plus en plus puissante au fil du temps.

Voilà pour l'essentiel.

Alors, ce qui me plaît, et qui correspond assez bien à ce que je propose, c'est le mécanisme consistant à détruire l'argent à la consommation (nous y reviendrons en détail). Pour le reste, je suis plus que sceptique.

Tout semble idyllique, puisque le gouvernement est bienveillant et responsable. Il agit, et nous pousse à agir dans le sens du "bien-être collectif", donc du bonheur de chacun dans un monde où la pollution et les autres anomalies engendrées par la démocratie de l’ultralibéralisme seraient limitées, voire éliminées.

Mais, ce qui me gêne, c'est, justement, qu'il y ait un gouvernement central "bienveillant" qui régule toute cette machine. Je ne crois pas à la bienveillance (car elle ne dure pas dans le temps, alors que l’organisation mise en place et qui se base dessus durera beaucoup plus longtemps), et je n'accepte pas la hiérarchie, même bienveillante (pour la même raison). Cela me donne le sentiment d’être bridé et que ma liberté est bafouée. De surcroît, dans le sociétalisme, les notions de propriété s’effondrent, ce qui est un choix de société arbitraire qui ne peut pas satisfaire tout le monde.

En second lieu, je considère qu'un impôt est toujours justifié a priori, et apparaît toujours injuste a posteriori. Et il l'est.

Et pourquoi cette idée de Revenu Social ? A vouloir faire de nous des gens dignes et égaux, on imagine qu'il faille faire de nous des assistés. Pour moi, l'aspect sociétal doit être résolu différemment. Aider son prochain est une activité comme une autre. C'est un service qui est rémunéré selon le même principe que les autres services. Et ainsi, plus besoin de CES.

Quant à la propriété qui est le bien de la collectivité... on retourne dans le communisme en clamant le contraire. Ce n'est tout simplement pas envisageable qu'on nous aliène le droit à la propriété, même si c'est mesquin égoïste et tout ce que vous voudrez... car, encore une fois, c'est un choix arbitraire qu'on fait sans consulter quiconque. Quelqu'un trouve simplement que c'est plus juste comme ça, et il l'assène.

Voilà pourquoi je n’adhère pas au modèle sociétaliste.

  • L’Holocratie de Frank Hatem (à ne pas confondre avec l'holocratie que je présente et défends ici). C'est un mouvement proposant une combinaison entre le socialisme qui agit à long terme et qui, par nature, défend et protège la société dans son ensemble, et le capitalisme plus local et à actions ponctuelles.

 

Fatalement, il y a des points de convergence entre ces diverses propositions, car je les considère toutes comme bienveillantes, a priori, et faites avec un désir sincère de voir notre société se sortir de l'impasse où elle s'est engouffrée. Mais aucune n’est satisfaisante.

Plus précisément, j'émettrais une critique sévère à l'encontre les 3 premiers modèles, car ils sont trop "égocentriques". Ce qui me paraît égocentriques c’est la structure du système proposé qui reflète l’attitude salvatrice de son instigateur. C’est un modèle patriarcal de plus. Une telle structure est trop rigide car elle implique qu’un homme ou une femme prenne le pouvoir pour "coordonner", donc diriger, même lorsque le modèle s’apparente à l’anarchisme.

Le 4me modèle, quant à lui, il est suffisamment vague pour qu’on y voie une ressemblance avec ce que je propose, mais, sans plus de développement, je ne peux pas me prononcer.


précédent table suivant

Partager cet article

Repost 0
Published by Dragan Matic
commenter cet article

commentaires