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1 janvier 2011 6 01 /01 /janvier /2011 12:48

Mes meilleurs vœux pour l'année à venir et pour les suivantes passent par une prise de conscience de la situation dans laquelle on se trouve pour, non pas se résigner, se morfondre et déprimer, mais, au contraire, pour se réveiller et taper du poing sur la table avec la bonne résolution d'exiger autre chose et, mieux, de participer à l'élaboration d'un “monde meilleur”.

Pour la prise de conscience, à ce jour, je n'ai rien trouvé de mieux que les vidéos de Seb Musset. Je vous invite donc à aller les voir.

Pour ce qui est de l'élaboration d'un monde meilleur, voici ma façon de penser (peut-être cela vous inspirera-t-il ou sinon ça vous fera réagir ; dans les 2 cas, c'est un bon début, il me semble).

 

Je pars de constations qui se rapportent directement à moi et, ce que je me souhaite personnellement, j'imagine que chacun se le souhaite plus ou moins, et à partir de là, nous avons de bonnes bases de travail.

Alors voici :

 

  • Je n'accepte, a priori, de recevoir d'ordre de personne, si je ne l'ai pas choisi. Je ne tolère donc aucune hiérarchie prédéfinie dans laquelle on veut m'incorporer.

  • Je n'accepte pas d'être représenté par quelqu'un qui prendra des décisions en mon nom. Je ne tolère donc aucun président ou chef de gouvernement, pas plus que de député ou de maire qui m'assène des lois à respecter ou des taxes à payer.

  • Je n'accepte pas que mon travail serve à l'enrichissement d'autres individus sans que, de mon côté, je puisse vivre décemment, quel que soit mon niveau intellectuel, ma forme ou force physique ou mon degré de créativité. Je ne tolère donc pas l'exploitation de l'homme par l'homme.

  • Je n'accepte pas de polluer mon environnement outre mesure (on pollue quoi qu'on fasse), pas plus que je ne tolère que les autres le fassent.

  • Je n'accepte pas de causer sciemment du tort à autrui, pas plus que je ne tolère que les autres le fassent.

 

Dans la société actuelle, c'est sûr, ça ne passera pas ; je n'ai aucune chance de satisfaire à toutes ces exigences. Par contre, la société que je propose, elle est construite (dans ma tête) pour que ça marche.

 

Actuellement, l'organisation hiérarchique existante suggère que le chef, d'une part, ordonne et, d'autre part, protège. Il fait des lois pour qu'on y obéisse et pour punir ceux qui ne les respectent pas. Il a besoin d'une police qui veille au respect de ces lois et qui arrête ceux qui les enfreignent.

Comme moyens de pression, dans un régime dictatorial, il a des armes, ou, dans un régime libéral, de l'argent.

Ce qui est phénoménal, c'est que, de cette organisation, une fois en place, on en a autant besoin qu'on la récuse. On est tantôt frustré par elle tantôt content qu'elle nous vienne en aide. On demande que “justice soit faite”, “qu'on nous rembourse”, “qu'on obtienne réparation”, “qu'on nous vienne en aide”... et, par ailleurs, on n'accepte pas de subir toutes les contraintes qui nous sont imposées. Voilà la contradiction.

Cette contradiction nous conduit à la frustration quand on est victime du système. Sinon, nous sommes du côté de ceux qui en abusent. Il n'existe pas d'harmonie. Pas de “juste milieu”. Il n'existe que la carotte et le bâton. La seule jouissance de l'individu un peu téméraire est d'attraper la carotte sans se prendre de coup de bâton. Et quand il y parvient suffisamment souvent ou si la carotte est suffisamment grosse pour le nourrir plus que de raison, il devient un nanti, donc au-dessus de la mêlée. Et, à son tour, il jouera de la carotte et du bâton avec les autres. Jeu que la plupart d'entre nous qualifient de loi de la nature.

Si nous n'étions quedes animaux, ce serait effectivement une loi de la nature. Mais je veux croire que nous sommes un peu plus que ça. Nous sommes des animaux qui ont évolué d'une manière telle qu'aucun autre animal ne nous est comparable. Nous savons nous organiser autrement que les autres animaux. Il faut donc le faire.

Nous ne sommes ni une meute ni une colonie. Nous pouvons, certes, prendre exemple sur l'organisation sociale des loups ou des fourmis, mais nous pouvons aussi faire mieux. C'est à nous de choisir. Or, notre développement, en tant qu'êtres humains, nous a menés à considérer nos semblables d'une manière moins instinctive, moins primitive, moins “bestiale” et plus “humaine” que ne peuvent le faire les autres animaux. Parce que nous sommes dotés d'un intellect qui “fausse” cet aspect “loi de la nature”. Nous sommes capables de dire que, même si untel est beaucoup moins capable que nous, il a autantle droit de vivre que nous et, à l'inverse, même si untel est beaucoup plus capable que nous, nous avons également droit à la vie autant qu'elle ou lui. Voilà pourquoi, la loi de la nature ne s'applique pas à l'homme. Sous peine de le voir se dégrader pour redevenir l'animal primitif qu'il était.

 

Alors, quelle est la bonne façon de s'organiser ?

C'est évidemment une façon qui tend à préserver l'harmonie entre l'ensemble des individus qui constituent la société et entre cette société et l'environnement dans lequel elle vit.

Pourquoi ?

Vous avez besoin d'être convaincus que c'est mieux ainsi ?

Il ne vous apparaît pas comme une évidence que l'équité et le bien-être du plus grand nombre doive être une finalité ? Vous préférez la compétition qui implique d'écraser son prochain plutôt que de partager ?

 

A vrai dire, peu importe ce que vous préférez. Chacun a le droit de penser comme il veut. Mais c'est justement là qu'il faut accepter un minimum de choses. Si vos préférences ne sont pas celles de votre voisin, il faut au moins lui accorder le droit d'avoir les siennes autant que vous avez les vôtres.

 

C'est là que vous allez me dire : mais la démocratie, c'est justement ça ; on vote et la majorité l'emporte. Par conséquent, le voisin qui fait partie de la minorité, il se la ferme et puis c'est tout.

Tout d'abord, il y a des “majorités” qui n'en sont pas réellement. C'est un vaste sujet que je n'ai pas envie d'aborder ici. Mais vous savez ce que je veux dire et seuls les gens de mauvaise foi ne l'admettront pas. Ensuite, je dirais que cette histoire de majorité, je suis d'accord pour les choses où cela s'applique. Or, est-ce que cela s'applique à la façon de “diriger” la société ? Déjà il faut se poser la question : pourquoi diriger une société ? Où veut-on donc aller ? Est-ce qu'on veut la diriger vers un but donné ? Ou veut-on simplement “diriger” dans le sens de “donner des ordres” ?

Dans le premier cas, ça n'a aucun sens : on ne doit aller nulle part ; simplement vivre ici et maintenant. On n'est pas obligé d'être meilleurs que nos amis d'outre-machin. On n'est pas obligé non plus de consommer plus, de produire plus, de travailler plus, etc. Tout ça, ce sont de faux buts. On n'a pas besoin d'être conduits là.

Dans le second cas, c'est tout bonnement inacceptable. Car, en tant qu'être humain à part entière, je ne tolère pas qu'un de mes semblables prenne le pouvoir pour soumettre les autres. Et, même si vous appelez ça “démocratie” et que “personne” ne prend “réellement” le pouvoir, mais qu'on se contente de “gérer”, c'est pareil. Parce que, quand vous dites ça, je ne vous crois pas.

 

De guerre lasse, vous allez me demander : mais comment veux-tu faire ? et que proposes-tu ?

 

Je me permets d'insister sur un fait d'une importance capitale : une organisation implique une hiérarchie, mais la société n'est pas UNE organisation. La société est un ensemble d'individus qui ont le droit de s'organiser comme ils l'entendent. Chacune de ces organisations va être constituée d'une structure pyramidale plus ou moins rigide, selon le bon gré de ses membres. Mais ce ne doit pas être la structure de LA société.

Ça c'est la première idée forte.

La société ne doit être ni de gauche ni de droite ni du centre ni rien du tout. Il n'y a aucune raison de la vouloir homogène car elle ne peut pas l'être. C'est tellement évident que personne n'y a pensé (sinon ça se s'rait su).

La deuxième idée forte, c'est qu'il faut trouver un moyen EQUITABLE de faire des échanges entre nous sans qu'AUCUN ne soit lésé par les transactions. Comment y arriver ?

Il faut avoir à l'esprit que, dès qu'une personne ou un petit groupe joue les arbitres, c'est perdu. C'est déjà le début du déséquilibre. Puisque, par définition (ou loi de la nature ;) ), tout arbitre peut être acheté.

Alors que reste-t-il ?

Il faut un truc du style de ce que je propose : les “transactions holocratiques”. Si le produit dispose d'une valeur intrinsèque (il vaut tant pour celui qui veut l'acheter, mais rien du tout pour les autres), automatiquement, il se met en place un mécanisme d'échanges équitable.

Si, de plus, on dote l'argent de ces échanges de dimensions autres que simplement celle qui représente notre “envie” d'achat (des dimensions qui nous pénalisent par rapport à la nocivité engendrée par l'acquisition du produit), nous atteignons le summum. Car, sans l'intervention d'aucune “autorité supérieure”, on peut, tous ensemble, décider de ce qui est bon et de ce qui ne l'est pas.

Et même si on se plante, en jugeant certaines choses saines quand elles ne le sont pas ou le contraire, c'est pas grave. On peut toujours rectifier le tir à très brève échéance. Chose qu'actuellement on ne peut absolument pas faire.

Réfléchissez encore sur la question de l'holocratie. C'est le meilleur conseil que je puisse vous donner pour le moment.

Bien à vous.

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Published by Dragan Matic - dans Prises de conscience
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commentaires

dragan 01/01/2012 12:59

Pour 2012, je n'ai pas de meilleurs vœux que ceux-là à formuler.
Bonne Année !

gg_tk 01/01/2011 15:34


Bonne année à toi aussi, et espérons que celle-ci soit le théâtre de grands changements sociaux !


Dragan Matic 02/01/2011 12:50



Merci GG.


Mes meilleurs vœux également à toute l'équipe "codename utopia".


Pour ce qui est du théâtre, on en aura sûrement. Espérons que les acteurs seront à la hauteur.