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26 décembre 2009 6 26 /12 /décembre /2009 15:13
 

 

 

Pour comprendre où est la source de nos problèmes, partons des 2 constats suivants :
 1/ Tout d'abord, il existe actuellement 2 façons "honnêtes" de gagner de l'argent :
 - avoir une activité rémunérée
 - vendre un produit quelconque (matériel ou immatériel)
 (on peut cumuler : avoir une activité rémunérée qui consiste à vendre)

Dans le 1er cas, le salaire est défini de façon arbitraire, mais a priori, selon une grille plus ou moins rigide. Cela crée une injustice sociale de fait, puisqu'un barème est défini pour dicter qui va gagner quoi, pénalisant les uns et favorisant les autres. On s'appuie, certes, sur la "loi du marché" pour justifier ces barèmes, mais la loi en question ne fait que pousser nos salaires vers le bas, car le marché est géré par ceux-là même qui nous emploient.
Dans le 2nd cas, on fait appel une nouvelle fois à cette loi de la jungle qu'on appelle "loi du marché", où ce sont soi-disant l'offre et la demande qui règlent le prix d'un produit. Mais en réalité, il s'agit d'un rapport de force entre 2 parties : le vendeur et l'acheteur. Et, chacun des 2 tentera, dans ce jeu, d'arnaquer l'autre. Je vends le plus cher possible quelque chose que j'ai eu gratuitement ou, tout au moins, que j'ai payé à un prix moindre, ou j'achète le moins cher possible ce que le vendeur me propose.
Or, il se trouve que si, du vendeur et de l'acheteur, l'un des 2 est beaucoup plus fort que l'autre, il l'écrase.
Ainsi, l'Etat nous écrase avec ses taxes qu'on ne peut pas négocier. Et il ne sait pas maintenir le prix des denrées les plus vitales à un niveau abordable, ou alors, c'est aux détriments de la qualité, nous faisant avaler des produits génétiquement modifiés, bourrés de pesticides et de la viande venant d'animaux stressés par l'élevage en batterie, nourris de farines animales et gavés d'antibiotiques...
Quand on est du côté des vendeurs et qu'on représente une TPE ou une PME, ou un petit exploitant agricole, par exemple, nous n'avons pas la possibilité de définir le prix du produit qu'on veut vendre et, souvent, nous ne pouvons même pas vendre au plus offrant.
En définitive, le vendeur fort impose un prix fort à l'acheteur faible et l'acheteur fort impose un prix faible au vendeur faible.
Nous sommes donc devant 2 règles du jeu dans ce monopoly qui mènent aux injustices que l'on connait.

2/ Tout ce qui ne conduit pas à gagner de l'argent est considéré comme une charge et, par conséquent, nuit. Tout ce qui est social, service que l'Etat s'est engagé à rendre à ses concitoyens, est considéré comme nuisible, car il se traduit par des chiffres négatifs. L'environnement est aussi une charge. Polluer fait partie des "dommages collatéraux" de la production, qui, elle, est toujours vue de façon positive. Vendre des armes ne pose aucun problème de conscience à l'Etat, qui s'en vante, en mettant en avant sa contribution à la "production de richesse nationale". (Evidemment, quand l'Etat n'est pas impliqué dans ce commerce, il le condamne en le qualifiant de trafic)...

Alors, quels buts voulons-nous nous fixer ?

Il faut tout simplement inventer de nouvelles règles plus équitables et plus respectueuses de l'individu et de la nature, car c'est là que l'individu espère continuer de vivre.
Ces règles devraient donner à chacun un maximum de liberté et de confort de vie et un minimum de contraintes, dans la mesure où cette liberté et ce confort n'entravent pas ceux des autres.
On voit là qu'il devra nécessairement exister un moyen de maintenir un certain équilibre, car il y aura tendance des uns à tirer la couverture à eux, ce qui aura fatalement pour conséquence de découvrir les autres. Mais, le but d'une organisation sociale devrait justement être de définir des mécanismes qui maintiennent la société dans un certain équilibre, malgré toutes les dérives promptes à surgir çà et là. A maintenir ou à rétablir l’équilibre. Mais sûrement pas à creuser le déséquilibre.

Alors, comment y arriver ?

Pour parvenir à nos fins, je propose une organisation que j'appelle holocratie et qui pourrait brièvement être présentée au travers des 3 règles de base suivantes :
 1. transaction holocratique
 2. potentiels de nuisance et limites infranchissables
 3. argent multidimensionnel

 1. transaction holocratique

Il s'agit de transactions sans vendeur. Les transactions sont basées sur ce qu'on pourrait appeler la valeur intrinsèque d'un produit. Le produit est lui-même détenteur de sa valeur et aucun vendeur ne vient s'enrichir en le distribuant. Vendre n'existe pas. Seul acheter existe.
Ainsi, l'argent sort de la poche de l'acheteur, mais il n'entre dans aucune autre poche. Il est perdu. Consommer signifie simplement brûler l'argent. Pour en créer, il faut travailler. Travailler au sens large, c'est-à-dire, avoir une activité (et nous verrons que toute activité acceptée comme telle, conduit à gagner sa vie).
Cette idée n'est pas complètement nouvelle puisque, nous l'avons vu, l'écosociétalisme en fait également sa pierre angulaire. Ceci dit, c'est l'idée la plus originale et la moins farfelue qui puisse exister pour créer une société vraiment viable. Elle mérite donc qu'on la prenne sérieusement en considération.

2. potentiels de nuisance et limites infranchissables

Le type de transactions dit holocratique est nécessaire, afin de réduire les disparités sociales, mais pas suffisant. Il est, en effet, essentiel d'y ajouter une série de garde-fous qui empêcheraient ceux qui seraient tentés, de sortir du cadre.
Les barrières proposées partent du principe que toute activité humaine est potentiellement nuisible soit à l'environnement, soit à la société (ou une ethnie ou un groupe) soit aux autres individus et doivent viser à éviter tout débordement.
Ainsi, il faut d'abord définir les principales sources de nuisance et mettre en place un mécanisme pour les maintenir dans l'ordre du raisonnable. On aurait donc un mécanisme qui empêcherait de franchir des seuils au-delà desquels des individus, des groupes ou l'environnement seraient considérés comme mis en danger. Ceci peut se faire à l'aide de la 3ème proposition.

3. argent multidimensionnel

Le mécanisme dont il est question peut être implémenté à travers la définition de l'argent elle-même, ajoutant à ce-dernier autant de dimensions supplémentaires qu'il est nécessaire afin de rendre compte de tous les types de nuisances que l'on veut voir contrôlés.
A priori, il suffit pour cela de 4 dimensions qui, pour faire simple, se traduiraient par un compte en banque à 4 valeurs positives. La première serait la mesure de l'effort accompli dans notre activité, les trois autres représentant les bonus qu'on gagnerait pour s'acquitter des nuisances que l'on ne manque pas d'infliger aux individus, aux groupes et à l'environnement (nous verrons ce fonctionnement en détail plus loin).
Ainsi, toute activité officielle tendrait à faire évoluer au moins l'une de ces 4 valeurs, et le banquier (qui aurait une toute autre fonction que celle qu'il occupe actuellement, dans un monde holocratique) veillerait à ce qu'aucune ne passe dans le négatif ou au-delà d'un seuil considéré comme infranchissable, car potentiellement dangereux (proposition 2).

Dans ce qui suit, nous allons voir plus concrètement, au travers d'exemples pris dans les différents secteurs que l'on connait, comment tout cela fonctionne, afin de se faire une idée plus précise de l'économie holocratique.


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Published by Dragan Matic
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