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26 décembre 2009 6 26 /12 /décembre /2009 15:03
 

 

 

Au début, il y a l'Illusion.
On est berné par nos propres sens. Et on prend nos perceptions pour la réalité. C'est le point de départ de la civilisation de toute l'humanité.

On a mis du temps à comprendre que ce qu'on voyait n'était que de la lumière reflétée par des choses qu'on appelle objets, et que cette lumière n'est qu'un tout petit ensemble de vibrations que nos yeux arrivent à capter (à filtrer) parmi l'ensemble de toutes les vibrations qui nous entourent. Ces vibrations, retravaillées par notre cerveau, donnent l'image que l'on connait des objets. Après, il nous a suffi de les nommer pour les emprisonner dans leur statut d'objets et pour nous lier nous-mêmes à eux comme s'ils étaient la réalité que tout ce processus d'acquisition nous a laissé supposer.

A partir de là, nous nous sommes identifiés nous-mêmes selon notre apparence visuelle, en observant nos semblables. Nous nous sommes délimités. Nous avons emprisonné notre moi dans un corps. Et, comme une partie de ce moi ne se laissait pas si facilement emprisonner, on l'a appelée esprit. Par suite, cet esprit qui nous permet de dire « moi », devient une chose sans substance que nous sentons être l'essence de nous-mêmes et que, par conséquent, nous ne voulons pas perdre.

On a mis longtemps à comprendre tout ça. Et, comme entre-temps, on a vécu, on a agi de travers depuis tout ce temps, bâtissant des générations et des générations sur cette illusion. Des religions se sont développées pour nous maintenir dans l'ignorance et nous empêcher d'en sortir car elles ne veulent pas admettre qu'elles se sont trompées. Cependant, les athées sont tout aussi prisonniers de leur athéisme que les religieux de leur théisme. Car l'athée n'est qu'un religieux qui croit en quelque chose qu'il appelle « rien » et dont le dieu est « Néant ».

Après, il faut croire qu'il est dans la nature humaine de se placer au centre de toute chose. On a créé dieu, et on a dit : « mon Dieu ». On a naturellement imaginé que nous étions les élus de Dieu et que la Terre nous appartenait. Celle-ci était évidemment au centre de l'Univers...

Mais si nous agissons de façon si égocentrique, c'est par peur. Peur de lâcher prise, peur de perdre notre identité, notre être.

 

Maintenant, il faut que nous apprenions ou réapprenions que ce moi n'est pas limité à ce qu'on en voit et que cet esprit n'en est pas séparé.

Karlfried Dürckheim parle de l'être existentiel et de l'être essentiel. Le second étant celui qui a transcendé la façon de percevoir du premier. Il nous apprend également que l'individu est confronté à 3 sortes d'angoisses existentielles : la peur de la mort, la peur de l'absurdité de la vie et la peur de la solitude.

Si, dans mon esprit, je me limite à mon corps (mon être existentiel), je me sépare du reste du monde, et mes angoisses me poussent à créer Dieu en dehors, dans un au-delà, et à entrer dans une communauté avec laquelle je partagerais ce concept imaginaire.

Ou alors, me fiant à une logique qui a également été développée sur les mêmes bases de l'être existentiel, et mu par le désir de braver l'absurdité et du non-sens que je devine parce que je ne peux imaginer autre chose, je vais démontrer que Dieu n'existe pas.

La physique quantique est arrivée en Occident dans l'esprit de certains scientifiques qui ont fini, après quelques réticences naturelles face à tout ce qui est nouveau, par voir le parallèle qui existait entre la nouvelle façon de considérer le monde s'ouvrant à eux – et qu'ils n'arrivaient pas à cerner –, et la vision bouddhiste.

Alors, il y a un "avant la physique quantique" et un "après". Tout-à-coup – dans l'après –, il n'y avait plus rien de solide. Plus rien de palpable. La solidité d'une table n'était devenue qu'un leurre. Les atomes bien solides avec leur noyau constitué de protons et de neutrons et les électrons qui gravitent autour, tout ça, ce n'est plus qu'une vue de l'esprit. Ça n'existe pas. Du moins, pas comme on se l'imaginait.

Seulement, on ne l'a pas encore assimilé. On se débat encore dans l'ancien paradigme. On s'étonne encore en pensant « quoi, la table n'est pas solide ?! Ou bien il est fêlé celui-là, ou bien je suis trop nul(le) pour comprendre ». Tout ça, ce n'est que la manifestation de cette non-assimilation. Ceux que les noms de Bohr, Heisenberg, Dirac ou Schrödinger laissent perplexes, appartiennent en plein à cette catégorie d'individus. Et ils représentent la grosse majorité.

Mais, heureusement, on n'est pas obligés d'être tous physiciens. Il suffit d'être bouddhiste.

N'est pas bouddhiste celui qui croit en une religion qui s'appelle "bouddhisme". Non. Un bouddhiste est plutôt quelqu'un qui prend le taureau par les cornes et qui se dit : « bon, ça suffit comme ça, maintenant je veux savoir. Je ne bougerai pas d'ici avant d'avoir compris ». Et on s'assoit. Et on attend. Et... rien ne se passe.

En fait, si. Là, il se passe un tas de choses. Mais rien de ce qu'on attendait.

Et ce n'est que bien plus tard qu'on se rend compte, que c'était ça notre éveil. L'éveil ordinaire, dirais-je. (Parce qu'il y a des gens qui rapportent des anecdotes d'éveils plutôt extraordinaires, en nous faisant croire que c'est le vrai, l'entrée dans le nirvana, etc.) Contentons-nous de notre éveil ordinaire. C'est bien assez.

Et, forts de cette expérience ordinaire, mais qui nous a fait toucher notre être essentiel, nous pouvons voir. Voir que la société est bâtie autour de l'être existentiel et qu'elle n'est pas prête à le lâcher. En êtres existentiels nous imaginons que notre démocratie est ce qu'il y a de mieux, ou sinon, de moins mauvais. Et si on est d'avis contraire, c'est encore en êtres existentiels que nous réagissons en voulant tout casser pour construire un idéal qui ne peut s'apparenter qu'à une dictature. Pourquoi ? Parce qu'un idéal n'est que l'idéal d'une poignée d'individus.

Là, il faut s'empresser de dire que l'holocratie n'est pas un idéal. C'est un mécanisme de fonctionnement nouveau pour la société. Je maintiens que si le mécanisme est bien fait, la mécanique fonctionnera bien. Après, chacun sera libre de se rêver son idéal au sein de cette société.

Pour conclure, disons que l'holocratie est une armature qui permet de construire la société que l'on veut, donc librement, dans le respect de l'environnement et de l'individu, tout en ne maintenant pas ce-dernier prisonnier dans sa condition d'être existentiel. Et, c'est seulement en lâchant son égocentrisme, en lâchant son moi, qu'on y arrivera.

 


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Published by Dragan Matic
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commentaires

HARSIESIS 28/03/2010 05:08


Intéressant comme analyse. Malgré cela, il existe un potentiel "infini" de possibilités pour arriver à un tel résultat. Un individu "conditionné" par le système actuel, ne peut s'éveiller de
lui-même, à condition d'être en situation de pouvoir le faire lui-même.

Le problème est que le système actuel n'offre aucune opportunité pour cela, car tout est payant, rien n'est gratuit, et encore moins la liberté d'être : pourtant, c'est essentiel :)

Donc, la meilleure opportunité pour évoluer : c'est la métamorphose. Le principe de la chenille qui devient un papillon Monarque :)

Par conséquent, au lieu de lutter contre le système actuel, il est préférable de le changer (changement du système pour la métamorphose des êtres) vers sa forme pure, et ainsi, pousser le
fonctionnement du système à sa puissance maximale et globale.

Vous avez peur du résultat, et pourtant, là est la voie du commencement...

(Concernant le bouddhisme, la peur est une entrave de l'éveil).


Dragan Matic 28/03/2010 10:05



Bonjour Harsiesis, fils d'Isis ;)


 


Merci pour ce commentaire.


Il m'apparait, en le lisant, que nous partageons une vue similaire quand tu parles de "liberté d'être".


Mais j'avoue ne pas avoir bien saisi toute ta pensée à propos de la "peur". Je t'invite donc à développer ton point de vue.


Pour moi, il existe effectivement 2 voies : celle de l'évolution progressive et celle du changement radical. La peur, je la vois plutôt dans l'inhibition face à l'idée d'un changement radical.


Mais cette image de la chenille qui se transforme en papillon, on peut également la voir comme un changement radical, car le papillon n'a plus grand chose de commun avec la chenille qu'il avait
été.