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28 décembre 2012 5 28 /12 /décembre /2012 14:11

Au Moyen-Age, les Lumières dénonçaient les attitudes et décisions qui menaient à l'obscurantisme en soulignant les points suivants (source : wikipédia) :

  1. refus de tout point de vue allant à l'encontre de ce qui est communément admis et qui représente la norme ;

  2. discours visant à imposer un point de vue sans aucune possibilité de discussion ;

  3. obstacles à la réflexion personnelle, au développement à l'ouverture d'esprit et de tolérance aux idées nouvelles ;

  4. pratiques (religieuses ou autres) qui nient tout progrès et nouveau savoir et qui s'opposent aux nouvelles données scientifiques si elles vont à l'encontre des idées établies.

 

Puis, il y eut la Renaissance où l'Art s'est “déchaîné” pour se libérer de la “pensée unique” de l'époque et s'exprimer librement. Mais, ce qu'on a toléré pour l'Art, on ne l'a toléré que pour l'Art. Ce qu'on a accordé à l'intelligentsia (et plus généralement, aux “couches sociales les plus aisées”), on ne l'accorda pas au peuple avant longtemps. Alors, vint la Révolution où on se mit à rêver : “les hommes naissent tous libres et égaux”.

Courte période qui ne profita pas vraiment au peuple. Certes, il en restera quelque chose. Quelques illusions : on peut s'exprimer librement (au bistrot du coin) et on peut voter (illusion suprême de liberté et d'appartenance à la société, à la vie sociale, à l'organisation de la Nation).

Ailleurs, on a fait croire à l'égalité en appelant ça “communisme” et, très vite, on s'est rendu compte que sous ce terme enchanteur se cachait une dictature de plus. Chez nous, pays de la “liberté de penser” et de faire, c'est un autre obscurantisme qui est né.

L'obscurantisme nait sous une forme ou une autre de dictature. Notre dictature est plus subtile que les dictatures grossières qu'on voit ici et là. Mais c'en est une aussi. C'est la dictature du matérialisme.

Je ne parle pas de la Philosophie quand j'évoque ce matérialisme, tout comme je ne parle pas de Religion quand j'évoque l'Eglise du Moyen-Age. Je parle des dérives de la poignée d'individus qui nous dirigent en s'appuyant sur l'idée dominante du moment.

Les dirigeants retombent toujours sur le pattes et nous imposent toujours leur loi à la manière des obscurantistes.

Aujourd'hui, c'est la crise : il n'y a pas d'alternative, il faut raquer en se serrant la ceinture. Certains sujets de société sont tabous, comme le nucléaire, par exemple, ou, dans un autre domaine, l'effacement pur et simple des dettes d'Etat (si tout ça ce n'est pas de l'obscurantisme...).

Rappelons que le nuage de Tchernobyl qui “s'est arrêté à la frontière française” est un exemple éminent de ce qu'on ne peut qualifier que d'obscurantisme. De même que de cacher la vérité sur les déchets radioactifs et de nier la nocivité des émanations sortant des centrales ainsi que toute une flopée de pollutions dont on ne parle pas sous prétexte de nuire à l'industrie (qui nous fait vivre).

Les informations sont faites pour nous faire oublier ou nous faire peur ou nous inciter à acheter (s'apparentant ainsi aux pubs). Et c'est tout. Les seules infos vraies sont des satires, style guignols de l'info, ou des enquêtes qui passent tard le soir quand les braves gens dorment (si tout ça ce n'est pas de l'obscurantisme...).

Et les débats sur les potentielles sorties de crise sont inexistants. Quand un Philippe Poutou, un Jean-Luc Mélenchon ou une Nathalie Arthaud font des propositions réellement différentes et qui méritent qu'on en discute, ils sont simplement balayés d'un geste de la main d'un FOG (si tout ça ce n'est pas de l'obscurantisme...).

 

Notre société s'est construite sur un certain matérialisme qui a mis en place un certain nombre d'institutions (systèmes d'enseignement, systèmes bancaires, systèmes judiciaires, etc.), un ensemble lourd qu'on ne peut pas changer comme ça d'un coup de baguette magique. Alors, on traite ceux qui s'y attaquent de fous, de dangereux activistes ou de doux rêveurs. On fait de l'obscurantisme pour préserver l'existant par flemme d'un remaniement en profondeur. Par flemme ou peur de perdre certains acquis. Autrement dit, ce n'est pas l'honnêteté intellectuelle qui prime dans les argumentations et les décisions des puissants mais simplement la flemme ou l’égoïsme.

Et leur flemme et leur égoïsme ont un impact sur notre vie à nous. Eux décident, nous on subit.

Le pire, c'est qu'on accepte. Et on accepte grâce à tous les moyens habiles qu'ils ont mis en place pour nous faire accepter (si tout ça ce n'est pas de l'obscurantisme...).

Ce matérialisme que je combats nous suggère que la seule valeur qui compte est l'argent, que tout s'achète, que chaque chose a une valeur pécuniaire... La nourriture a un prix, l'eau a un prix, bientôt l'air qu'on respire aura un prix (ils osent pas encore, mais ça ne saurait tarder si vous continuez à vous laisser faire), nous-mêmes nous avons un prix (pas grand chose, mais nous sommes quand même trop chers, vu que dans certains pays la mains d'oeuvre est de beaucoup meilleur marché), notre santé à un prix (trop cher, nous creusons le trou de la sécu) … notre mort a un prix (colossal) que devront supporter ceux qui nous survivent.

En réalité, nous vivons une époque, à certains égards, pire que le Moyen-Age.

L'obscurantisme d'alors était imposé par les institutions religieuses, celui d'aujourd'hui par les institutions laïques.

 

Réveillez-vous bon sang !

 

Malraux nous disait : “le XXIe siècle sera spirituel ou ne sera pas” (précision pour les mal-comprenants : il sera spirituel ou n'existera pas)*. Personnellement, j'y vois une sorte de prophétie mettant en garde contre ce matérialisme à outrance. Si on ne renonce pas à tout ce qui nous a mis dedans et si on ne commence pas à réellement réfléchir et construire un monde meilleur, c'en sera fini de nous.

Alors, je vous entends d'ici : on a essayé la religion et ça n'a pas marché, on est dans le matérialisme et ça ne marche pas, que peut-on faire d'autre ?!

Tout d'abord, la spiritualité, ce n'est pas la religion (la religion repose sur la spiritualité, mais le contraire n'est pas vrai). Ensuite – et ceci est un point extrêmement important –, la spiritualité commence quand on sait dire : “je ne sais pas”. Imaginons un monde organisé autour de gens qui osent dire : “je ne sais pas”. Je ne sais pas, mais je cherche. Je ne sais pas, mais je suis ouvert à tout ; j'aspire au dialogue ; j'accepte la conclusion la plus naturelle, la plus cohérente, la plus évidente... elle est évidente ici et maintenant. Demain, il faudra rediscuter parce qu'on aura de nouvelles données qui remettront certaines choses en question.

Dans cette société-là, je peux être juif, musulman, chrétien, athée, bouddhiste ou ce que je veux. La société est basée sur “je ne sais pas”, et cela me garantit le droit de choisir ce qui me plait. C'est le principe de la laïcité. Mais, toutes choses devraient être basées sur ce principe. On apprendrait alors à discuter et à trouver des consensus pour vivre ensemble. On trouverait une solution à chaque problème car, pour chaque problème, il y a une solution...

La spiritualité c'est le respect de l'autre et le refus de le réduire à une valeur marchande. C'est ça qui est proposé dans ce que j'appelle “holocratie”.


 


*Le besoin de préciser qu'il ne fallait pas lire “le XXIe siècle sera spirituel ou ne sera pas spirituel” me rappelle la blague suivante :

Une femme dit à son mari : “chéri, tu peux aller acheter une baguette”, et, alors que l'homme met son manteau, il entend de la cuisine : “... et s'ils ont des œufs, prends-en 10”.

Une demi-heure plus tard, il revient chargé de 10 baguettes. Sa femme s'étonne : “mais pourquoi t'as pris tant de pain ?” et lui de répondre : “ben, ils avaient des œufs”.

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Published by Dragan Matic - dans Prises de conscience
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