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3 février 2012 5 03 /02 /février /2012 20:19

Pierre – La dette, l'emploi, le chômage, la précarité, le logement, … puis la pollution, la santé, … l'éducation, la violence, l'insécurité, … si tu étais président, quelles seraient tes solutions à tout ça ?

 

Paul – Ben tu sais, quand on est au pouvoir, on ne voit plus ça avec les mêmes yeux. Tous ces problèmes ont existé avant moi et existeront après. Alors, ce que je commencerais par faire, ce serait d'augmenter mon salaire. Parce que c'est pas tolérable que mon premier ministre gagne plus que moi, alors que je suis son chef. Et puis après, c'est tellement plus simple de se laisser tenter par tout ce qu'on te propose à longueur de parcours. C'est comme le super-tennisman : il n'achète pas ses super-raquettes ; ou le super-guitariste : il a des méga-guitares à la pelle, que toi t'es obligé de te saigner pendant des mois pour t'en payer une pareille (même si tu joues mieux que lui). Le tout c'est d'être reconnu. Or, si je suis président, je serais reconnu, courtisé, chouchouté etc. Donc, pourquoi m'en faire, et pourquoi me casser la tête avec tous ces problèmes insolubles...

 

Pierre – Ah mais, halte-là ! Ne commençons pas comme ça. Même si ce genre d'énergumènes pourrait éventuellement exister, moi j'te parle de gens sérieux et responsables, dont je veux croire que tu es. Alors, je te repose la question : tu es un gars consciencieux, engagé, sérieux et tu veux améliorer les choses ; comment t'y prends-tu ?

 

Paul – Bon ok. Je suis sérieux … mais … je suis de gauche ou de droite ? Parce que c'est pas pareil. Si je suis de gauche, il faut que je dise que c'est les riches qui paient et si je suis de droite, c'est tout le monde (sauf les riches, car c'est eux qui me soutiennent).

 

Pierre – Tu fais encore le fanfaron...

 

Paul – Pourtant là je suis très sérieux. Il n'y a pas de solution à tes problèmes. Il n'y a que des amorces de solutions qui vont avantager les uns ou les autres et qui ne pourront rien faire d'autre que de retarder le moment fatidique où tout volera en éclat.

 

Jacques – Paul a raison : c'est le système qui est de travers. Du coup on ne peut pas résoudre les problèmes.

 

Pierre – Comment ça, de travers ? Explique un peu.

 

Jacques – Tout d'abord, une dette est souvent une mauvaise gestion : tu dépenses plus que tu ne gagnes et tu n'as pas fait de provisions pour les jours de vaches maigres.

 

Pierre – Oui mais maintenant, on va pas recommencer à chercher à-qui-la-faute. On a mal géré, ok. Comment réparer ?

 

Jacques – Il faut voir que quand l'Etat manque d'argent et doit emprunter (c'est une nouvelle règle depuis 1973), il s'adresse à une banque qui va créer la somme à prêter avec l'engagement de la re-détruire une fois que la dette est remboursée. Seulement, la banque veut aussi toucher des intérêts sur la somme empruntée. Donc l'Etat doit se débrouiller pour créer un excédant : prendre plus de taxes qu'il ne fait de dépenses. Il doit donc moins payer ses fonctionnaires, ce qui veut dire réduire les services sociaux (moins de postes, moins de trains, moins d´écoles … en tout cas, mettre tout ça dans le privé pour que ce ne soit plus à sa charge) et puis augmenter les impôts directs et indirects (par exemple l'essence, les produits d'importation et tous les autres prix puisqu'ils sont soumis à la TVA).

 

Paul – Après, il y a cette loi de l'offre et de la demande. J'ai comme l'impression que ça n'aide pas vraiment à réguler les choses …

 

Jacques – Oui. A la base, ça a l'air juste : tu offres au prix le plus fort et tu le baisses jusqu'à m'y intéresser. Mais, je ne crois pas que je puisse marchander pour remplir mon caddy au supermarché ni à la boulangerie ni à la pompe. Je suis obligé de payer le prix qui a été décidé par d'autres que moi … En fait, tout ça c'est un rapport de forces où les plus faibles se font avoir. Et ce sont ceux qui ont l'argent qui mènent le bal. Du coup, on ne peut même pas rééquilibrer notre balance commerciale comme on veut, puisqu'on n'a pas le pouvoir d'imposer ni notre prix de vente ni les prix d'achat.

 

Pierre – Alors, on continue d'emprunter.

 

Jacques – Le fait est que la machine s'est emballée. Mais ce que je veux dire, c'est que de toute façon, même si tout était correct par ailleurs, c'est un mauvais mécanisme. Car pour avoir un excédant notre Etat doit entuber quelqu'un. Dans ce jeu, il y a forcément des perdants.

 

Pierre – C'est comme dans tous les jeux.

 

Jacques – Ben si tu l'acceptes, tu dois aussi accepter que là, on a perdu. Et puis c'est tout.

 

Paul – Mais, on ne doit pas s'avouer vaincu. Il faut continuer de se battre.

 

Jacques – Le gros problème de ce jeu, c'est qu'on nous force à y jouer. Personnellement, je n'ai aucune envie d'y participer. Mais je suis embarqué de force. Comme nous tous.

 

Pierre – Et si on supposait que l'Etat reconnaisse qu'il existe des gens qui ne veulent plus jouer et les laisse former – mettons – une “présipauté” à la Groland ou autre. Comment l'organiserais-tu ?

 

Jacques – Ben déjà là, c'est pas bon. Ce ne doit être ni une principauté ni une présipauté ni quoi que ce soit de ce genre. Il ne devrait pas y avoir une personne qui endosse toutes les responsabilités. Si on fait quelque chose de nouveau, il faut que ce soit réellement nouveau.

 

Paul – Donc je serais pas président. Quel serait donc mon rôle ?

 

Jacques – En fait, chacun aurait le rôle qui lui plairait. Il y a des gens qui aiment bien qu'on décide pour eux et d'autres préfèrent prendre les rênes. Seulement, ceux-là, on doit les freiner pour qu'ils ne prennent pas toute la place. Une société où le pouvoir est concentré en peu de mains, ne peut pas rendre ses membres épanouis.

 

Pierre – Donc, tu luttes sur 2 tableaux : moins de représentativité et gestion différente de l'argent …

 

Jacques – Exactement.

 

Paul – Il y a quand même un problème dans tes “solutions” : si tu ne donnes le pouvoir à personne, comment se règlent les conflits ? Il faut bien qu'il y ait un arbitre ; quelqu'un qui juge et qui adjuge …

 

Jacques – Et bien, ceci est la question centrale. C'est là qu'on passe à un autre paradigme. Actuellement, il nous paraît impensable de se passer de juges, parce qu'il y a toujours des conflits, des injustices, des profiteurs, des agressions, des viols, des meurtres, etc., et on veut obtenir réparation. On veut se venger. On veut tout remettre en ordre par la force. Or, ce n'est pas un juge ou un arbitre qu'il nous faut. C'est un(e) assistant(e). On a besoin d'être soutenu quand on est victime ou d'être soigné quand on est délinquant. Sinon, c'est un médiateur qu'il faut.

 

Pierre – C'est pas un peu bisounours tout ça ?

 

Jacques – Si. Et alors ? On a le choix entre le monde des Darthvador et celui des Bisounours. La Terre est assez grande pour tous.

 

Paul – Et tu crois qu'on te laissera un bout de Terre ?

 

Jacques – Au fait, elle est à qui la Terre ?

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Published by Dragan Matic - dans Prises de conscience
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