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26 décembre 2009 6 26 /12 /décembre /2009 15:11
 

 

 

Aspect économique

 

Considérons la chaine de production schématisée par la figure 1. On part de l’extraction de la matière première qui passera éventuellement par différentes phases de transport et d’élaboration avant de devenir un produit fini qui se retrouvera sur les étalages afin d’être acheté.

 

  figure1

Figure 1 : chaine de production.

 

 

Chaque boite de cette figure (et d'autres qu'on imaginer en aval ou venant du bas) est une unité de transformation (UT) qui fait un traitement spécifique. La 1ère de ces boites a pour tâche d’extraire la matière première. En entrée, on a donc un produit à traiter qui correspond à la matière première, et, après extraction, on a un produit brut (ou matière à traiter) que, de façon générique, on peut englober sous le terme produit élaboré.

La seconde boite représente le transport du produit d'un site à un autre. Là encore, on considère cette boite comme une unité de transformation. Car, en effet, si je transporte un produit de A vers B, c’est aussi une transformation : en entrée, j’ai mon produit P, en un lieu A, à une date D1, et en sortie, j’ai ce même produit P, mais en un lieu B et à une date D2. J’ai transformé le triplet (P, A, D1) en (P, B, D2).

Et il en va de même pour toutes les boites de la chaine.

Chacune de ces boites a, outre son entrée (le produit à traiter ou à transformer) et sa sortie (le produit élaboré, réalisé ou transformé), 2 autres flèches qui correspondent aux besoins de la boite en matériel et en "ressources humaines". Ceci est représenté sur la figure 2.

 

 figure2

Figure 2 : isolement d'une Unité de Transformation.

 

 

 

Dans une économie classique, le coût de production d'une UT est la somme des coûts de ses flèches en entrée. Et le prix de ce qui est en sortie sera déterminé de telle sorte qu’il puisse couvrir le coût de production, voire, permettre de dégager une marge. Cette marge (ou bénéfice) est utilisée pour faire de nouveaux investissements (tout ou partie… ou rien), le reste étant distribué à certains individus selon certaines règles (par exemple, aux actionnaires quand la boite est cotée en bourse). Par soucis de complétude, ajoutons que le coût de production global d'une telle chaine de production est la somme des coûts de chaque UT en amont du produit fini. Ce qui entraine que, si on fixe un prix de vente du produit, et que chaque maillon de la chaine veut faire sa marge, plus on monte en amont, plus cette marge se rétrécit (à l'extrême, elle devient nulle). Et, si l'on part de l'autre bout de la chaine, on aboutit à un produit fini dont le coût est exorbitant.

 

L'économie proposée ici est différente. La règle d'or étant que rien ne se vend, il n'existe plus de report de coûts d'une boite à l'autre, mais une gestion basée sur des contrats.

Le chef d'une entreprise propose de sortir P unités de produit élaborés à partir de M unités de matière à traiter avec l'aide de E employés (dont il fait partie).

On connait le coût à l'unité de la matière à traiter (disons m), ainsi que l'investissement en matériel qu'il doit faire en termes de frais fixes (f) pour que l'entreprise soit prêt à fonctionner, ainsi qu'en terme de frais de fonctionnement variables (v).

A partir de là, les clients potentiels de cette boite, en premier lieu, mais aussi d'autres personnes directement touchées (les employés éventuels, les riverains, les communes voisines, etc.) vont évaluer par un vote un certain nombre de paramètres qui vont refléter leur besoin vis-à-vis du produit, mais aussi la nocivité ou les différentes nuisances que l'entreprise peut engendrer.

Tous ces paramètres vont servir à déterminer le prix (p) du produit élaboré. On aura donc quelque chose qui ressemble à la figure 3.

 

figure3 

Figure 3 : les coûts

 

Une fois le prix p déterminé, le contrat est signé entre l'entrepreneur et l'Etat avant que la production ne commence. A cette occasion, l'Etat crée un compte en banque dédié à cette entreprise en le créditant d'un capital K (somme créée ex-nihilo) correspondant aux frais fixes de l'entreprise plus, mettons, 3 mois d'exploitation.

La formule donne :

 

K = f + 3 * M * m + 3 * M * v

ou

K = f + 3 * M * (m + v)

 

Ce capital est offert et ne représente donc aucune charge.

Par ailleurs, il faut déterminer le salaire des employés. Pour ce-faire, on utilise la formule suivante :

 

S = k * [P * (p + 1) – M * (m + v)] / E

 

S représente le salaire moyen par employé, et k est un coefficient multiplicateur servant à garantir un salaire minimum atteignant, mettons, 3 fois le SMIC.

Dans les faits, l'employeur aura en fin de mois la somme k*P*(p+1) apparaissant sur le compte entreprise et devra le gérer en payant ses charges, ses investissements éventuels et les salaires, selon l'accord qu'il aura conclu avec chacun de ses employés.

 

Aspect social

 

Ce qui assure un équilibre social dans un environnement sain, au sein d'une économie holocratique, c'est la notion d'argent multidimensionnel.

Car, en effet, avec l'argent multidimensionnel, il devient impossible d'acheter un produit sans être pénalisé au niveau des nuisances que ce-dernier suscite. On paye tout en même temps : la disponibilité du produit, sa nuisance sur l'individu, sur le groupe et/ou sur l'environnement. Le tout étant voté par l'ensemble des citoyens, donc nous tous. Ce qui rend le prix automatiquement juste.

Les 4 composantes de l'argent, appelons-les disponibilité, individu, communauté et environnement.

Il en est de même pour les activités. La formule présentée au chapitre précédent doit s'appliquer à chacune des composantes de l'argent. Et ce qu'on a appelé S, le salaire moyen, n'est que la composante disponibilité. C'est lui qui doit être au moins égal au SMIC. Pour les autres composantes, qui ont tendance à être d'autant plus négatives que l'activité est nocive, on doit imposer, autant que possible, un retour à une valeur positive ou nulle. Ce qui responsabilise l'entrepreneur. Tout naturellement, le recyclage et l'assainissement deviennent parties intégrantes de l'activité de l'entreprise.


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Published by Dragan Matic
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