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25 janvier 2013 5 25 /01 /janvier /2013 18:57

 

Dans toute organisation sociale, un contrat explicite ou tacite est fait pour que l’individu qui signe (explicitement ou implicitement) s’engage à respecter certaines règles. Autrement dit, il accepte de se priver de certaines libertés qui seraient jugées contreproductives dans ladite société.

Par ailleurs, on peut être engagé dans plusieurs types de communautés (ou sociétés) en même temps : on appartient à une Nation (notre chère République laïque), mais on peut aussi avoir une religion et donc respecter les préceptes de son dogme et on peut travailler dans une entreprise (Société Anonyme avec ou non des Responsabilités Limitées) ce qui implique également de se plier à ses règles.

En théorie, on est libre de rompre tous ces contrats quand bon nous semble. On peut décider de partir de son pays et prendre une nouvelle nationalité, on peut quitter son Eglise et on peut démissionner de son boulot.

Mais si, théoriquement, on peut pratiquement tout faire, dans la pratique on est loin de la théorie.

Bien des liens invisibles nous retiennent de rompre nos engagements même quand ils sont tacites, même dans des situations qui nous entravent et nous sont fortement défavorables.

Alors, on subit. On subit les décisions du pape quand on est catholique et qu'on n’est pas d’accord avec lui. On subit les décisions du gouvernement quand il prend des mesures qu'on n'a pas votées. On subit les brimades faites par notre chef parce qu’on imagine que démissionner serait suicidaire.

 

En théorie (encore elle), si on subit, c’est de notre faute. Regarde Depardieu : il n’a pas voulu subir ; il est parti. Tu me diras, pour lui c’est facile… et puis, c’est plutôt lâche de partir comme ça quand on n’est pas vraiment inquiété (bien des gens auraient bien aimé être en position d’être inquiétés comme il l’a été), mais ne polémiquons pas ici. Le propos est tout autre. Ce que je veux dire c’est qu’on a tendance à se mettre en position de soumission de nous-mêmes, ce qui donnera d’emblée la tâche facile à celui qui est en charge de nous gérer.

En fait, le paradoxe de notre comportement (nous, les français), c'est qu'on a deux modes de fonctionnement (on est binaire) : soit on accepte en avalant des couleuvres, soit on manifeste son mécontentement en sortant dans la rue. Mais aucun des deux modes n’est le bon. On ne devrait ni subir ni gueuler. Juste parler. Communiquer. Dire ce qui ne va pas et comment on voudrait que ce soit.

Nous avons instauré une culture où le dialogue n'a aucun intérêt. Celui qui parle n'est pas pris au sérieux. Et cela, à tous les niveaux de cette fameuse échelle sociale.

La démocratie, c'est pas ça. Si ce que tu dis n'est pas entendu, quelle différence d'avec une dictature ?

 

Pour bien faire, il faudrait que notre Eglise nous laisse prendre certaines décisions, même si elle les juge mauvaises (on a le droit de tâtonner et de se tromper). Elle devrait d'ailleurs également pour elle-même accepter que l'homme est imparfait et que certains péchés ne soient pas considérés comme condition sine qua non d'excommunion voire pire (chez les intégristes).

Pour bien faire, il faudrait que le chef de notre boite instaure plus de dialogue et nous considère un peu plus comme des humains et moins comme des ressources humaines interchangeables (à ce propos, il existe un mouvement appelé, comme par hasard “holacratie”, où l'aspect humain reprend le dessus ; mais c'est encore loin d'être généralisé).

Pour bien faire, il faudrait que notre chef d'Etat ouvre également les portes du dialogue. Mais vraiment. Pour chercher des solutions où l'Humain est priorisé.

 

Je vais te dire ce qui rend les gens heureux : c'est quand ils voient des perspectives d'avenir ; quand ils se sentent impliqués dans un projet ; quand ils ont le sentiment qu'ils planifient, qu'ils bâtissent et que ce qu'ils font est utile aux autres ; quand on leur témoigne de la reconnaissance. Et, bien sûr, quand ils sont honnêtement gratifiés de leurs efforts.

Si on est capable d'offrir ça à tout le monde, on vit dans une société parfaite.

 

Mais, quand j'entends autour de moi des gens dire qu'ils vont au travail à reculons (un gars m'a avoué : “ma vie est suspendue entre le moment où je pointe le matin et celui où je pointe le soir”), quand certains, ne pouvant plus supporter le stress qu'ils endurent chaque jour, en viennent à se suicider, je mesure à quel point notre société est archaïque.

Et au nom de quoi doit-on subir tout ça ?

Aucune raison n'est valable. Aucune.

De quel droit ? Pose-toi la question. Et pose-la autour de toi.

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Published by Dragan Matic - dans Prises de conscience
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