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26 décembre 2009 6 26 /12 /décembre /2009 15:07
 

 

 

Pour bien cerner le problème, faisons un petit tour d'horizon sur la situation actuelle de notre monde et tentons de comprendre ce qui a conduit aux déséquilibres que l'on constate en regardant autour de nous.

 

Le déséquilibre économique

 

Le jour où l'argent est venu remplacer le troc, l'humanité a fait un pas vers un nouveau mode de fonctionnement. Le côté pratique de l'argent est indéniable, et il serait impensable, de nos jours, de s'en passer. Vouloir un changement radical qui supprime cet outil d'échange, c'est manquer de sagesse et courir le risque de voir le peuple se soulever.

Le déséquilibre ne vient pas de l'argent lui-même, mais plus du rôle qu'on lui fait jouer. Lorsqu'il a remplacé le troc, il n'est devenu qu'un substitut du produit qu'on voulait s'approprier. Et, de ce fait, il est devenu un outil formidable qui symbolise tous les produits, car, à partir de cet instant, son propriétaire pouvait échanger ce bout de papier contre ce qu'il désirait, au moment où il le décidait.

Les ennuis ont commencé lorsqu'on a voulu disposer de ce symbole, même quand on n'en avait pas. On a inventé alors l'emprunt. Il fallait convaincre celui qui en possédait de se dessaisir d'une partie de son capital au profit d'un autre qui avait des idées de bénéfices à tirer de quelque action, s'il disposait d'une mise de départ. Et, pour décider le détenteur du capital, il fallait lui promettre un remboursement avec intérêts. L'usurier était né.

Par la suite, ce fut au tour du banquier de faire son apparition. Le banquier a eu l'idée de faire de façon systématique le même travail que l'usurier, à ceci près que l'argent dont il disposait n'était pas le sien. C'est donc quelqu'un qui se propose de "garder" l'argent des autres et, au passage, d'en disposer à la manière d'un usurier, comme s'il lui appartenait.

Un échelon supplémentaire a été atteint lorsque le banquier s'est rendu compte que l'argent qu'il prêtait, lui revenait en partie entre les mains. Ainsi, un client venait déposer chez lui une somme qu'un autre client lui avait empruntée, et dont il attendait le remboursement avec intérêts. C'était l'aubaine. Il fut très tentant de réutiliser cet argent pour le prêter à un autre client, en espérant le même type de retour. Le banquier a osé franchir ce pas. C'est ainsi qu'est né le fameux "coefficient multiplicateur". Le banquier multiplie par ce coefficient, estimé de façon empirique, la masse monétaire dont il dispose en dépôt, en imaginant que c'est ce dont il peut effectivement user pour faire ses transactions.

Au début, le banquier devait se battre pour convaincre les gens riches de lui confier leur argent. Mais maintenant, il n'a plus besoin de faire ces efforts, car tout le monde a un compte en banque et l'argent vient directement à lui. Il n'est, en effet, même plus possible de travailler si on n'a pas un compte en banque. Le banquier est devenu indispensable et, naturellement, il abuse de cette situation.

Toutes ces transactions sont, bien-entendu, très risquées pour le banquier, puisque, en toute logique, si les dépositaires venaient tous reprendre leur bien, il serait dans l'incapacité de les satisfaire. Alors, il a eu l'idée de s'assurer en mettant régulièrement une petite somme dans une caisse qu'il partage avec plusieurs de ses collègues, en pariant sur le fait que, en cas de difficulté, tous n'auraient pas recours en même temps à la cagnotte ainsi créée.

Ce principe de caisse d'assurance est une autre idée intéressante, puisqu'elle permet de récolter de l'argent de tous pour l'usage éventuel de quelques uns, ou pour l'usage des mêmes, mais plus tard, comme pour la caisse d'assurance-vieillesse. Pour cette-dernière, je cotise pendant que je suis actif, pour avoir le droit, lorsque je passe en retraite, de disposer de ces "économies".

Seulement, là encore, la tentation est grande de se servir de cette cagnotte en faisant "travailler" cet argent qui dort. Et, là où il y a tentation, il se trouve toujours des gens pour franchir le pas. Et, comme il suffit de quelques uns pour faire s'écrouler la barrière, celle-ci s'est effondrée.

Un nouvel échelon dans le déséquilibre a été franchi à la création de la bourse. Au début, une entreprise devait compter sur la qualité de ses produits pour satisfaire ses clients, et devenait prospère si le travail des concurrents était de moins bonne qualité, ou réputé tel (une part de subjectivité existait). Avec les "lots" ou "titres" ou "actions", tout devient différent. On prend le capital d'une entreprise (une certaine somme), qu'on partage en lots de valeur égale ; on inscrit sur un papier le montant de chacun de ces lots et on met tout ou partie sur le marché. Le propriétaire se départit ainsi d'une part plus ou moins grande de sa société pour la céder à des actionnaires. Du point de vue du propriétaire de l'entreprise, ce n'est qu'une vente d'une partie de sa propriété, mais pour ceux qui achètent (des joueurs qui n'ont aucune notion de ce qu'ils acquièrent), ce n'est qu'un moyen de faire de la plus-value. Plus les joueurs sont intéressés par un titre, plus ils feront monter sa valeur, et, du coup, le propriétaire initial devient également joueur, et ne s'intéresse plus qu'aux annonces qui pousseront les autres actionnaires à vouloir acheter ses titres. L'important n'est plus le produit de cette entreprise, encore moins sa qualité, mais l'annonce des chiffres du prochain trimestre.

Le dernier pas a été franchi lorsque certaines banques ont obtenu le droit de créer l'argent dont elles avaient besoin pour effectuer leurs prêts. Ce fut l'avènement de l'argent-dette (en 1913 aux Etats-Unis avec la Federal Reserve Bank of Chicago). Ces banques-là n'ont, en effet, pas besoin de posséder les sommes qu'on veut leur emprunter ; elles ont le droit, jusqu'à une certaine hauteur, d'inscrire un chiffre positif sur un compte donné qui n'aura été débité d'aucun autre compte. Tout simplement.

Il faut, bien-entendu, qu'au préalable, l'emprunteur (en général, l'Etat) ait signé un papier de reconnaissance de dette, qu'il s'engage à rembourser avec des intérêts. Quand ce remboursement est effectué, la dette disparait et, en toute logique, ce chiffre positif qui est apparu sur le compte, doit disparaitre aussi (l'argent-dette créé se volatilise), mais les intérêts, eux, restent (puisque c'est de l'argent supplémentaire que la banque exige de son emprunteur). Or, d'où viennent-ils ? Qui a créé l'argent correspondant à ces intérêts ? En fait, on est obligé de faire de nouveaux emprunts pour payer les intérêts.

Voilà la situation catastrophique (puisqu’on estime aujourd’hui à 95% la masse monétaire correspondant uniquement aux dettes que les Etats sont sensés rembourser) où nous a conduits le déséquilibre du système monétaire international.

 

Le déséquilibre social

 

Le déséquilibre social vient du pouvoir qu'ont certains sur d'autres. Là, nous sommes en présence d'une loi de la nature. Tous les animaux qui ont besoin de vivre en société, doivent trouver un certain rang qu'au besoin, ils auront à défendre, au sein du groupe de leurs congénères. Certains se soumettent volontiers, d'autre moins volontiers, et d'autres pas du tout. Par ailleurs, certains dirigent volontiers, d'autres moins volontiers, d'autres pas du tout.

Mais, de même qu'il s'est opéré un déséquilibre économique à cause de la trop grande avidité à vouloir posséder de certains (qui est devenue contagieuse), il s'est créé un déséquilibre social à cause de la trop grande avidité à chercher à diriger de certains (tout aussi contagieuse).

Ainsi, une entreprise est le domaine d'un chef au pouvoir absolu et dont on ne discute que peu les ordres. Le chef s'appuie sur sa position hiérarchique pour prendre des décisions qui vont à l'encontre des argumentations de ceux qui sont placés en-dessous dans cette hiérarchie. Le supérieur hiérarchique aura pour dernier argument « c'est comme ça, et si t'es pas content, tu démissionnes ». Et on ne pourra rien faire contre.

De plus, le supérieur hiérarchique a toujours des avantages et des facilités auxquels ses subordonnés n'ont pas droit. Il est donc jalousé, et un climat malsain se crée.

 

La course au pouvoir pousse des partis politiques à se créer, à se combattre et faire des promesses pour plaire à ceux qui permettront leur accession aux postes les plus élevés.

Comme pour l'entrée d'une entreprise en bourse, l'accession des politiciens au pouvoir n'est plus une question de programme politique, mais un effet d'annonces. Celui ou celle qui aura su séduire le plus de gens aura gagné. Et les propos tenus (les promesses) ne l'engagent en rien. Il ou elle devient indétrônable. Sa cote de popularité négative ne gêne personne. Il ou elle peut mener son mandat jusqu'au bout, c'est-à-dire, faire ce qu'il ou elle veut, sans rendre de compte à personne.

 

La combinaison des 2 déséquilibres

 

Le dérèglement économique a conduit à la mondialisation. Les entreprises, devenues superpuissantes, se sont étendues bien au-delà de leurs frontières. Les chefs d'Etats, impuissants face à cette expansion, ne peuvent plus jouer leur rôle de protecteurs sociaux. Ils n'ont pas les moyens de maintenir la cohésion sociale. Le peuple, de plus en plus frustré, de plus en plus pauvre, de plus en plus dans le besoin…, ne trouve personne pour faire valoir ses droits. Et les politiciens assistent, impuissants à la dégradation générale de la société dont ils ont la responsabilité.

Ne pouvant rien faire, ils tentent de calmer le jeu, soit en caressant les multinationales dans le sens du poil, dans l'espoir de les amadouer, soit en racontant des histoires au peuple pour lui faire avaler la pilule. Dans les deux cas, ils ne peuvent rien pour le peuple, et prennent donc le parti de mener un bon train de vie et de ne pas se laisser abattre par la crise. La crise, d'ailleurs, est toujours répercutée vers le bas de la hiérarchie, et rares sont ceux qui, au sommet, en pâtissent.

La crise peut déboucher sur une guerre. Et là encore, c'est la base qui en subira les conséquences.

 

On peut continuer longtemps dans cette complainte, mais je pense que tout le monde est suffisamment averti et voit autour de lui ce qui se passe, pour qu’il n'y ait besoin d'en rajouter.

Pour résumer, citons Woody Allen qui a dit « la dictature c'est 'ferme-la !', alors que la démocratie c'est 'cause toujours !' » ; ce que Rothschild a exprimé un peu plus subtilement par « donnez-moi le contrôle de la monnaie d'un pays, et je n'aurais pas à me soucier de qui fait les lois ».


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Published by Dragan Matic
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