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27 août 2011 6 27 /08 /août /2011 10:54

ALBA:“Bonjour mesdames et messieurs. Excusez-moi de vous déranger pendant votre voyage ; j'ai un enfant en bas-âge à nourrir et je suis au chômage, donc avec très peu de ressources. Vous m'aideriez beaucoup si vous pouviez me donner une pièce ou deux. Merci.”

 

FLO:“ … non, moi j'lui ai dit qu'il se démerde. J'ai pas envie de payer les pots cassés à chaque connerie qu'il fait. Ça commence à bien faire …”

 

TARA:“Depuis que je sors avec lui, ça n'arrête pas. Il est tout le temps en train de se plaindre de tout et de rien.”

 

FRANCK:“ … en fait, je suis sur un autre projet en même temps ; si tu veux, je voudrais combiner art et gastronomie, que les gens n'aient pas l'impression d'être venus juste pour se faire plumer …”

 

BOB:“Listen ! Don't spend your energy on arguing. Things have to change right now. I don't even want to hear your point. Don't ask me for paying that much anymore.

 

république

 

Dans le métro, dans la rue, sur les terrasses des cafés, dans le train … partout, les gens étalent un peu de leur vie privée – comme les quelques phrases sorties de la bouche de vrais individus sous un faux nom – devant l'inconnu que je suis et qui ne cherche qu'à flâner dans les rues de Paris. Paris que je n'ai pas revu depuis une éternité !

Ah, Paris ! En fait, il n'a pas tellement changé. Pas au point d'en être méconnaissable. Bon, il y a les vélib et pas mal de mobylettes en plus, et aussi, pas mal de très vieux immeubles vétustes ont été rasés et remplacés par des parcs ou des restaus, mais c'est toujours le même Paris. Le Métro-Boulot-Dodo des uns et la Cité-Lumière des autres. La Galère et la Fée. La Chienne et la Déesse …

Je suis un enfant de la galère. Et mon estomac se soulève à chaque fois que je vois la misère. Il m'est difficile de passer sans la voir. Et chaque fois, je me demande : « que puis-je y faire ?! » Des femmes comme ALBA qui vient de passer pour mendier dans le métro, j'en ai vu tant et plus. Des clochards assis sur le trottoir en attendant qu'on leur jette une pièce, il y en a à chaque coin de rue. Est-ce que ça cessera un jour ? Vivrons-nous un jour dans un monde plus juste, plus équitable et plus respectueux de l'homme ? Ou est-ce que ce doit toujours être chacun pour soi et que le meilleur gagne dans un jeu où tous les coups sont permis ou presque ? Car la misère des uns n'est que la conséquence du luxe que s'octroient les autres. Un Zola autant qu'un Hugo ne l'ont-ils pas démontré ? N'ont-ils rien apporté à la conscience humaine ? N'ont-ils écrit l'assommoir et les misérables que pour passer le temps et faire frémir quelques adolescentes au coin d'un feu de cheminée ? Ou ne voyez-vous aucun lien entre l'aisance des uns et la détresse des autres ? Il y a eu pourtant tellement de voix qui se sont élevées pour dénoncer les dérives et les magouilles, les mauvais agissements et arnaques en tous genres ; la félonie, la fourberie, l'avidité, la cupidité et toutes les autres bassesses. Tout ça, ce sont les rouages de la machine humaine qu'on appelle société et qui, pour satisfaire aux besoins exagérés des uns, pousse les autres dans le ravin. Est-ce en vain que les auteurs dits engagés le dénoncent ? Il semblerait bien.

A entendre les gens dans la rue, tels FLO, TARA, FRANCK ou BOB, pourtant, tout cela n'est que naturel. Ils vaquent à leurs occupations. Ils font des projets et réfléchissent aux moyens de se faire de l'argent facile … je suis même tombé sur une bande organisée de mendiants qui jouent les sourds-muets et qui vous sourient et vous lancent des baisers en vous tendant une feuille de papier style pétition qu'on est sensé signer ; ils cachent soigneusement une colonne où doit apparaître la somme qu'on s'engage à leur donner … Et tout en faisant leurs plans et leurs magouilles, ils ne font que me conforter dans mon idée qu'ils ne contribuent qu'à rendre ce monde tous les jours un peu plus foireux.

Selon moi, oui, Hugo et Zola n'ont fait que prêcher dans le désert. Oui, tout ce qu'ils ont fait, bien que considérable, grandiose et monumental au niveau littéraire, a été simplement vain. Car, il ne suffit pas de dénoncer. Il ne suffit pas d'en appeler au bon sens et à la générosité de l'homme. Il ne suffit pas de ramener celui-ci à la raison ou de l'amener à ouvrir son cœur. Il faut autre chose.

Mais que faire ? Prenons l'exemple de la femme. Cela fait plus de 100 ans que les femmes luttent pour avoir les mêmes droits que les hommes. Cela fait plus de 100 ans que les hommes défendent jalousement leurs privilèges en leur opposant des arguments fallacieux ou réducteurs. Et,  voyant qu'ils perdent du terrain, ils contrattaquent avec de nouvelles armes : aux USA est né un courant de pensée relayé en France par Zemmour qui dit que l'homme se féminise, sous-entendant : « ressaisissez-vous, bon sang ! Redevenez des hommes ». Qu'est-ce que c'est que cette société de tapettes qui assistent leur gonzesse à l'accouchement et qui coupent le cordon ombilical de leur mioche ?! C'est quoi ces mecs qui donnent le biberon et changent les couches pendant que leur nana se vautre sur le sofa et lit le journal ?! C'est le monde à l'envers

Evidemment, tout ça, ce n'est que de l'amalgame. Personnellement, j'ai coupé le cordon ombilical de mes gosses et j'ai eu maintes occasions de leur donner le biberon et leur changer les couches. Et je ne me sens aucunement féminin pour autant. Ce sont juste de nouvelles sensations, de nouvelles expériences, de nouveaux liens que j'ai eu la chance de vivre et de nouer avec ceux que j'aime.

L'amalgame, en l'occurrence, naît quand on appose à des considérations sociales ou politiques des sentiments qui touchent au privé. C'est une technique très répandue dans le marketing : on veut que tu achètes un truc et on te fait passer pour un plouc si tu ne l'as pas encore. Ici, c'est la même chose : si tu fais le travail auquel on a destiné la femme, tu perds du terrain, t'es donc un looser.

Mais en fait, qui perd du terrain au juste ?

Rappelez-vous des polémiques avec la cigarette. Au début, c'était pareil. Une femme qui fume, c'était une liberté qu'elle voulait s'octroyer en sortant de la case où on l'avait parquée (la cuisine). Donc inadmissible. Puis, quand on s'est rendu compte que cela ferait 2 fois plus de consommateurs, on a, non seulement accepté la chose, mais encouragé. Tout-à-coup, il y avait des façons très féminines de fumer. Et celui ou celle qui ne s'y mettait pas était ringard(e).

Ne mordons pas à l'hameçon. Tout cela, ce ne sont que de faux débats, de fausses polémiques créées par de fausses accusations. La vraie question est : qui a le pouvoir ?

La réponse n'est pas simplement : « l'homme ». Car, moi qui suis un homme, je n'ai pas le pouvoir. Et nombreux sont ceux qui se trouvent dans mon cas. En réalité, ce sont certains individus, un très petit nombre (en général, des hommes, mais ce n'est même pas forcé) qui détiennent les clés du pouvoir.

La lutte des femmes telle qu'elle a été et continue d'être menée, c'est comme si elles voyaient une bande de mecs piller un magasin et qu'elles scandaient : « on veut en faire autant ».

Il faut voir que notre société, ce n'est que ça : un grand magasin pillé par une poignée d'entre nous. ALBA est devant le magasin à attendre qu'on s'apitoie sur son sort ; FLO et TARA font tourner le magasin à leur manière, c'est-à-dire, en fermant les yeux pour ne pas voir autour d'elles ce qui se passe ; FRANCK est un mini-pilleur qui veut faire comme les grands et BOB est un fournisseur qui en a marre de se faire plumer.

Quelle égalité veulent-elles donc nos braves dames ?

Le droit de piller comme les hommes ?

Allons. Combat pour combat, engagez-vous donc dans le bon. Engagez-vous dans la lutte pour l'égalité pour tous.

Seulement attention. Il ne s'agit pas de se battre pour obtenir des promesses. Il faut mettre en place un vrai système qui garantira que les choses se dérouleront dans le respect de l'équité, la justice, le bon sens, etc. Il faut donc se battre pour le bon système socio-économique. Car le social et l'économique sont intimement liés.

Dois-je vous rappeler que l'Economie est basée sur une injustice profonde et que nulle société digne de ce nom ne peut être bâtie qui s'appuie sur une telle Economie ? Alors, si vous devez lutter, commencez donc par changer cette Economie de la vente et de l'achat. Battez-vous pour établir des règles économiques meilleures. Le reste suivra.

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Published by Dragan Matic - dans Prises de conscience
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