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11 janvier 2011 2 11 /01 /janvier /2011 18:35

Penchons-nous quelques instants sur le cas Mélenchon.

Ok, je ne suis pas un expert. Je ne suis ni politologue ni sociologue ni assistant d'un politicien ni même le copain d'un copain de journaliste... Mais je peux quand même avoir un avis et deux ou trois petites remarques à faire sur ce que j’observe ici et là.

Vous avez vu ? on dirait que les journalistes se sont mobilisés sur le « cas Mélenchon ». Ils ont même fait une émission où ils ont débattu pendant près de 7 minutes sur la façon que ce-dernier avait eue d’apostropher un pauvre apprenti « qui l'avait emmené sur ce terrain » (glissant) des maisons closes qui devaient être la principale préoccupation des français… (journalisme...)

Le « cas Mélenchon » ça doit préoccuper les journalistes. Comment doivent-ils s’y prendre avec lui ? d’un côté, c’est un bon client qui vient quand on l’invite et qui fait de l’audience, et de l’autre, non seulement il fustige ce merveilleux système dans lequel on vit (on ne peut décemment pas accorder une importance exagérée à quelqu’un qui veut changer le système ; on y est bien, c’est douillet, confortable, etc.), mais en plus il bouscule les journalistes en les traitant de « pourris » !

Alors, comment se défendre contre un tel énergumène ?

Je suis sûr qu’il y a eu des réunions internes pour traiter le « cas Mélenchon ».

Alors Nicolas Demorand, armé de sa nouvelle stratégie anti-JLM invite ce-dernier sur Europe-1 (DSK représente si mal la gauche) pour tenter de l’épingler. « Ne me montrez pas du doigt ! vous ne … ne me pointez pas du doigt ! »

Ok. La stratégie est claire : il faut faire comprendre aux auditeurs que ce gars est menaçant, donc dangereux. Et il faut à tout prix placer le mot « populiste » ; c’est toujours bon de traiter un gars qu’on veut discréditer de populiste. Ça me rappelle mon article sur le « blavradisme » (cf. Le blavradisme ne passera pas). On utilise un mot, peu importe lequel (ici, il a été inventé de toute pièce). Ce n’est pas la signification du mot qui importe, mais le ton sur lequel on le dit. Bref. Ce doit être insultant. Il faut que le téléspectateur ait l’impression que c’est mal.

Et puis, il y a la question qui tue : « comment expliquez-vous, alors que vous êtes du côté du peuple, que vous ayez une aussi faible cote auprès de ce-dernier ? » Et, il l’attend au tournant. Il sait que, quelle que soit la réponse, il devra dire quelque chose comme : « prendriez-vous les gens pour des imbéciles ? »

Evidemment qu’il faut poser cette question car il faut déstabiliser l’adversaire.

La réponse à la première question vient : le peuple ne peut pas réellement choisir puisqu’il est conditionné par ceux qui contrôlent la communication, les journalistes. « - pour vous, les électeurs sont des idiots. » Ha ! il l’a placé.

Je voudrais m’arrêter là-dessus.

Moi qui ne suis ni journaliste ni politicien oserais-je prétendre que les gens sont des imbéciles ? quand on voit les émissions qu’ils regardent à la télé ou les commentaires qu’ils laissent sur certaines vidéos, c’est à se poser la question…

Mais, en réalité, nous sommes tous plus ou moins des imbéciles quelque part. La question n’est pas là. La vraie question (JLM l’a très bien compris) c’est de savoir comment ne pas subir le lavage de cerveau des médias. C’est un fait que nous sommes manipulés et que, consciemment ou non, ceux qui nous dirigent « fabriquent notre consentement ». Ce n’est pas pour rien que la « pensée unique » est synonyme de « manque de liberté d’expression ». Le problème c’est que même chez nous, il n’y a pas de vraie pluralité de pensées, puisqu’on « marginalise », on « ostracise », on écarte ceux qui pourraient « influencer » différemment.

 

Ecoutez les interviews d'hommes politiques et observez comment les journalistes ramènent leur invité en surface, à chaque fois qu’il tente d’aller en profondeur. On ne souhaite pas que l’invité s’exprime sur le fond. On veut seulement qu’il gesticule en surface. Et, cela vaut pour toutes les émissions de débat et tous les « talk-show ». Ce n’est pas plus fait pour nous informer ou nous instruire que le reste. C’est juste du « show ». Car, en définitive, la vedette, c’est le journaliste ou le présentateur. C'est Demorand... c’est Zemour et Nolleau qui sont mis en scène, pas leur invité. Avec ça, on n’est pas prêt de se réveiller.

 

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Published by Dragan Matic - dans Arrêt sur image
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