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13 septembre 2009 7 13 /09 /septembre /2009 19:31
 

Au tout début, l'individu qui regarde autour de lui et se pose des questions, finit par remettre en question le système dans lequel il vit. Et il rêve d'un monde meilleur, plus équitable et plus juste, où on serait plus libre... il lève le poing en criant « ni dieu ni maître » et devient ainsi un révolutionnaire. Dans la foulée, il donnera raison à la voix qui dit « la religion, c'est l'opium du peuple » et il se proclamera athée, car il sent bien qu'il y a du vrai là-dedans : la religion nous manipule et nous endort pour mieux nous diriger. Il suivra donc le mouvement qui détrônera le monarque et écartera « l'aristo » et « le bourgeois » de la scène politique ainsi que le clergé, pour l'avènement d'un monde enfin libre et équitable.

Mais, juste après cette phase sanglante (car elle est forcément sanglante) viendra un homme à poigne pour dicter ce qu'il faut faire pour assurer la « liberté » et « l'égalité » de tous. Et c'est le début de la dictature.

L'anarchiste moderne nous assure que tout ça, c'est du passé et qu'à l'avenir ça ne se passera pas comme ça.

On garde les mêmes principes de base que par le passé (l'égalité économique et sociale, la liberté de chacun, le refus de l'Etat, l'abolition du clergé), mais on admet qu'il faille arrondir un peu les angles.

On dira, par exemple, qu'il y a deux aspects dans la religion, l'un étant condamnable, l'autre tolérable. On admettra que sans avoir un Etat, on aura besoin de s'organiser. L'organisation sera telle, apprend-on, que les différentes fédérations, qui prendront forme, devront être coordonnées au niveau international. Dire « coordonner » ou « diriger », entre nous, c'est la même chose.

En fait, je ne vous jette pas la pierre. Je sais à quel point c'est difficile d'élaborer une société juste. Car j'y réfléchis sans cesse.


Einstein avait dit, semble-t-il : « toute théorie doit satisfaire à deux exigences : la perfection interne et l'adéquation externe ».

Dans notre cas, la perfection interne, on l'aura jamais, quant à l'adéquation externe il ne faut même pas en rêver. C'est pourquoi, il faut arrêter de penser qu'on arrivera à mettre sur pied un modèle parfait. Plus vous le voudrez parfait, plus vous vous dirigerez vers une dictature. N'est-ce pas évident dans votre esprit ?

Alors, la seule alternative, c'est un système ouvert...

La démocratie en est un, mais on voit tous les jours à quel point il s'est lamentablement planté, tout en continuant à s'accrocher et à ne donner aucune chance aux propositions concurrentes.


« Connais-toi toi-même », avait dit Aristote.

Il n'y a pas un anarchisme bouddhiste, un chrétien, un athée et je-ne-sais-trop-quoi. Il y a un anarchisme qui part du cœur, mais qui n'est pas très raisonné (ou plutôt, qui raisonne après coup, avec toutes les contradictions que ça entraine), et puis un anarchisme qui s'appuie sur la connaissance profonde de la nature humaine. Cette connaissance est la réponse à l'injonction « connais-toi toi-même ».

Le bouddhiste donne juste un outil, mais un outil magnifique que les autres religions auraient pu donner aussi, mais elles ne l'ont pas fait. Et cet outil, tout simple nous aide à nous connaître. Le bouddhiste zen nous dit « shikantaza » (seulement s'asseoir). Et voilà, l'outil est entre nos mains.

Maintenant, les chrétiens viennent nous dire qu'eux aussi, ils ont un truc qui s'appelle « le recueillement » et que c'est la même chose. Moi, je dis ok. Peu importe. L'essentiel, c'est de connaître la nature humaine. Sans ça, tu ne peux pas sérieusement prétendre proposer un modèle de société acceptable.

Voilà le point de départ de toute réflexion sur le sujet. Pars de toi-même. Observe-toi. Vois comment tu es tous les jours, à toutes les occasions. Puis regarde comment sont les autres et imagine quelle organisation sociale pourrait nous satisfaire tous.

La réponse ne peut être qu'un système ouvert.

Un système ouvert, ça veut dire, qu'on ne veut rien imposer a priori, et que les organisations internes ne sont pas prédéfinies. Elles doivent s'établir librement, selon le mode qui plait à ceux qui en ont l'initiative. Après, il faut voir jusqu'à quel point on peut garder ce principe de liberté. Il faut voir quels jalons on doit poser pour empêcher les débordements.

Voilà comment j'en suis arrivé à l'holocratie.

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Published by Dragan Matic - dans Impertinences du jour
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