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6 août 2009 4 06 /08 /août /2009 18:09

Toute organisation sociale, présente ou passée, implique une structuration autour d'un individu qui joue un rôle central et privilégié. On appellera un tel individu, suivant le cas, chef, roi, empereur, président, etc. Et, comme, par construction, cet individu privilégié est l'élément distingué de la société, toutes les autres fonctions que l'on définira lui seront subordonnées. Ainsi, il se formera une hiérarchie de responsabilités qui aura pour sommet cet être distingué.

Ceci posé, on édicte des règles pour solidifier cette structure et pour assurer aux occupants des fonctions définies dans cette hiérarchie une certaine stabilité à travers des écritures sur des papiers dits officiels visant à donner une légitimité à la chose. On crée ainsi une échelle sociale où l'échelon supérieur aura un pouvoir sur les échelons inférieurs de manière autorisée, puisque des règles écrites et signées lui donnent ce pouvoir.

On définit 3 catégories de règles pour structurer la société :

  • celles qui, comme nous venons de le voir, définissent les fonctions hiérarchiques, les légitiment et en définissent les modalités d'attribution ;

  • celles qui délimitent le cadre d'exercice de ces fonctions ;

  • celles qui pénalisent les contrevenants.

Autrement dit, si nous regardons tout cela à la manière d'un jeu, nous avons des règles pour dire quel est le rôle de chaque joueur et comment il obtient ce rôle ; ensuite, on définit ce que le joueur a le droit de faire et ce qui lui est interdit, quand il incarne ce rôle ; et enfin, quelle punition lui sera infligée s'il contrevient à ces règles.

Par ailleurs, les activités humaines – à la base, celles-ci sont d'ordre vital, puisque nous sommes obligés de trouver dans la nature des moyens de nous nourrir pour vivre, mais, par la suite, toutes les activités – seront quantifiées à l'aide d'une unité dite monétaire. On crée ainsi de l'argent que l'on attribuera à chaque membre de la société, en plus ou moins grande quantité, selon des règles strictes. Par ailleurs, l'argent est déclaré base de tous les échanges. Au départ, il s'agit de l'échange du produit des activités humaines, mais, par extension, on appellera produit tout objet matériel ou immatériel susceptible d'intéresser autrui (par exemple, une promesse peut être vue comme un produit ; on achète donc des promesses).

Ainsi, dans toute société, il existe 2 moyens de gagner de l'argent : occuper une fonction qui sera rémunérée selon un code prédéfini ou faire du commerce, c'est-à-dire, vendre des produits (matériels ou immatériels). Pour le premier moyen, il faut, théoriquement, avoir la qualification requise, ce qui implique de faire des efforts plus ou moins considérables pour atteindre le niveau nécessaire. Quant au second, il ne requiert aucune compétence préalable, a priori.


En tant qu'individus, nous naissons dans une telle structure hiérarchique, avec ses règles et ses imperfections, et, à cause de la rigidité dans laquelle elle s'est volontairement ancrée, nous en sommes prisonniers.

Evoluant dans cette société, nous tenterons de développer des qualités qui nous permettront de nous y adapter de notre mieux, soit en apprenant à nous contenter du cadre qui est le nôtre à la naissance, soit en essayant d'en changer. On sera naturellement tenté par l'ascension sociale, vu que chacun a le sentiment que son supérieur hiérarchique est mieux loti que lui-même (ou elle-même), et/ou nous chercherons à accéder à plus d'argent que ce qui pourrait nous être attribué au départ.

Et, comme nous venons de le voir, les 2 chemins possibles à cet effet sont de suivre un cursus scolaire le plus poussé et le plus performant possible, afin d'occuper un poste élevé, ou alors, tenter le commerce (au sens large – car, faire commerce de son corps, par exemple, entre dans cette catégorie, tout autant que faire un métier artistique). Bien sûr, il existe une troisième voie – mais elle implique de se mettre hors-la-loi –, c'est voler l'argent des autres.


Arrêtons-nous quelques instants sur ce petit exposé.

Force est de constater que notre démocratie oriente nos activités dans deux directions :

  • en créant artificiellement des niveaux hiérarchiques auxquels on est tenu de se plier, elle nous oblige à prédestiner nos enfants à une scolarisation à outrance les obligeant à faire l'effort de poursuivre cette scolarité le plus loin possible, pour leur donner une chance de grimper ou de se maintenir sur l'échelle sociale ;

  • tout aussi artificiellement, elle nous pousse à chercher toujours plus d'argent, ce qui tend à devenir le but de notre existence, alors que d'autres aspects de la vie sociale, comme l'amitié, l'entraide ou la préservation de notre écosystème ne sont vus que comme des charges qui pénalisent chacun.

Ainsi, dans notre organisation sociale, rien ne nous pousse – outre une prise de conscience individuelle – à agir dans le sens du bien-être de l'humanité et de la préservation de l'environnement.

Voilà où on en est. Voilà ce qu'on accepte. Voilà ce qu'on continue de soutenir en trouvant cela tout naturel.


L'alternative que je propose – l'holocratie – a pour finalité de gommer tous ces défauts de la démocratie.

Dans un monde holocratique, tel que je le conçois, l'individu est libre, et, en même temps soucieux de son prochain et de la nature. Son but n'est pas de travailler pour gagner plus, mais pour s'épanouir plus (soit directement, à travers son travail, soit indirectement, parce que la rémunération de son activité lui permettrait d'atteindre l'objectif qu'il se serait fixé).

Pour ce-faire, l'organisation sociale doit se faire sur un tout autre principe que ce que l'on connaît et qu'on a expérimenté jusqu'à présent. Il faut oublier cette pyramide sociale et sa rigidité et il faut oublier la manière actuelle de faire du commerce.

Tout d'abord, disons qu'il ne doit pas y avoir de chef suprême. Pas même quelqu'un qui serait le garant du système. Le système doit pouvoir tenir debout tout seul, sans l'aide d'un quelconque serviteur de la république.

En second lieu, les activités doivent, évidemment, être rémunératrices. Mais, toutes les activités. Si j'aide mon voisin septuagénaire à faire ses courses ou que je fais le ménage chez moi, j'ai autant travaillé que si j'avais développé un programme sur l'ordinateur pour le compte d'une entreprise. Je dois donc, pareillement, être payé. Quant à savoir combien, il faut s'en remettre à la voix du peuple. En créant une bourse des activités, on offre à chacun la possibilité de prendre part aux processus de rémunération. Le prix d'une activité subirait, ainsi, les fluctuations du marché (auquel chacun aura pris part), pour refléter les tendances du moment, fonctions des préoccupations des gens et de leurs besoins.

Pour ce qui est de la consommation, le produit à consommer est détenteur de son propre prix (pour plus de détails là-dessus, voir ici). Et, tout comme l'activité, il a sa propre bourse – la bourse des produits –, fonctionnant sur le même principe.

La bourse des activités et la bourse des produits sont les deux piliers qui permettent à l'édifice humain de tenir debout dans une société holocratique. Mais, cela n'est pas suffisant, car nous voulons que notre société soit orientée vers le bien-être de tous et de la nature. Et, pour cela, on a besoin de donner un peu plus de relief à notre argent. En dotant celui-ci de 4 dimensions (4 valeurs indépendantes), on atteint ce but. Imaginons que ces 4 dimensions soient (D, I, C, E) pour répondre respectivement aux besoins de la disponibilité, de l'individu, de la collectivité et de l'environnement (voir exemple).

Toute activité aura pour but d'augmenter au moins l'une de ces 4 composantes. Mais, elle pourra éventuellement être pénalisante pour d'autres. Si, par exemple, elle est polluante, elle aura sa composante E négative. Ainsi, on pourrait avoir des cas de rémunérations du type (40, 100, 10, -20). Il faudrait apprendre à gérer soi-même son porte-feuille d'activités pour n'être négatif dans aucun des domaines. Autrement dit, il ne faudra pas travailler à 100% avec le salaire de l'exemple ci-dessus ; il faudra trouver quelque chose pour compenser la valeur négative (aller planter des arbres, par exemple).

Et, on voit là que, nécessité faisant loi, on s'orienterait plus facilement – et quasi-automatiquement – vers des activités moins polluantes, plus bénéfiques pour la collectivité et pour l'individu.

Reste à ajouter que la consommation tend à faire fondre les sommes cumulées par les gains, de sorte qu'il faille recommencer à agir pour perpétuer le cycle naturel de la vie. Avec cette particularité que personne ne vend les produits à acheter, si bien que l'argent de la consommation disparaît simplement.

Et, pour être complet, il faut ajouter une dernière règle, afin que la société demeure égalitaire et qu'il ne se trouve pas des éléments à l'avidité féroce qui créeraient des déséquilibres : aucun compte en banque ne doit dépasser une valeur butoir donnée, dans aucune de ses composantes. De même qu'aucune composante ne doit rester négative plus d'un temps donné.


Il y a sûrement des tas de choses à améliorer et des détails à peaufiner, mais le principe est là.

Voilà, en quelques mots, ce qu'est pour moi l'holocratie.

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Published by Dragan Matic
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