Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
28 juillet 2009 2 28 /07 /juillet /2009 22:05
 

Au début, on entre en relation avec le monde extérieur, et on veut s'en démarquer. Alors, on considère l'extérieur et l'intérieur. On objectivise l'extérieur, on subjectivise l'intérieur. Le "je" apparaît, ainsi que le "ça" de tout ce qui l'entoure.

Puis, des relations que le "je" crée avec son environnement, naissent les sensations.
La relation que je crée entre moi et les objets fait que je veux me les accaparer, les posséder, les entasser, les cumuler… je collectionne des boutons, des timbres, des pierres, des billets de banque, des villas… en un mot, c'est le désir de Propriété.

Une autre relation naît lorsque certains objets ne réagissent pas de façon inerte, mais se comportent en semblables. Ces objets-là, ce sont d'autres êtres humains ; je ne peux pas les posséder (pas toujours), mais je peux tenter de les dominer. Et là naît le désir d'Autorité.

Une dernière relation est créée, c'est moi en relation avec moi. Ce qui passe à travers mon corps me donne des sensations et certaines d'entre elles sont agréables et me poussent donc à en redemander. C'est la Volupté.

En plus de tout ça, je vais avoir tendance à ne pas me laisser prendre par les liens des autres : je ne veux être ni l'objet d'autrui, ni sous sa dominance, ni même l'esclave de mes propres désirs. Et ça, c'est l'expression de mon désir de Liberté.

Tous ces désirs me poussent à agir. Agir pour tenter d'atteindre un but que je me suis fixé. Mon bonheur sera d'autant plus grand que je serais près du but. Ne pas l'atteindre, c'est pécher (par défaut ou par excès).

Mais finalement, il arrive un moment où je me rends compte que ce que j'ai passé ma vie à séparer, ce qui m'a poussé à agir pour accéder au Bonheur, ça n'a fait que m'éloigner de mes semblables. Et, d'un coup, je découvre le sens réel du mot « semblables ». Je découvre l'interdépendance. Eux et moi, c'est la même chose. Les objets et moi, c'est la même chose. L'univers et moi, c'est la même chose. Je me tourne alors tout naturellement vers l'Altruisme.

En fin de compte, je réalise que j'évolue dans un monde aux 5 dimensions suivantes : Propriété, Autorité, Volupté, Liberté et Altruisme (PAVLĀ).

Or, mon environnement – la société qui s'est créée sans moi, et dans laquelle j'ai été plongé – me tire vers les 2 premières composantes (PA), tout en m'accordant plus ou moins le droit d'accéder aux 2 suivantes (VL), alors que la sagesse me désigne la dernière (Ā). C'est que la grosse majorité de mes semblables se trouve emprisonnée dans le carcan de cette société régie par ceux qui ont développé les « qualités » requises pour prospérer dans un milieu où l'argent est roi et le pouvoir empereur.

Une société honnête me permettrait de développer de manière équitable les 5 qualités. Mais, à la base, elle ne le permet pas. Du coup, tout est faussé. Et on voit le résultat.

Partager cet article

Repost 0
Published by Dragan Matic - dans Divers
commenter cet article

commentaires

Didier 27/08/2009 20:39

Tous les mots ne sont pas dans le même cas.
Il y a des animaux qui existent et qu'on choisit d'appeler des chiens.
L'existence de la "liberté" est bien plus douteuse.

Dragan Matic 27/08/2009 20:59


Dans ce texte, j'essaie d'expliquer comment fonctionne l'individu, et qu'est-ce qui le fait agir. Et, dans le fond, ce n'est pas si important de savoir s'il se fourvoie en parlant de liberté,
puisque, pour lui, elle existe.
Mais cet article tend avant tout à montrer que notre société nous enferme dans un carcan qui nous empêche de voir les choses telles qu'elles sont. On se battra pour notre propriété, pour grimper
dans l'echelle sociale, etc., et on se sentira pénalisé si on s'arrête dans la rue pour causer un peu avec le SDF du coin.


Didier 21/08/2009 11:14

Désir, liberté, but : pour moi, ce sont un peu des gros mots.
Le désir est toujours aliénant. La liberté et le but sont des concepts, pas des choses ayant une existence réelle.

Dragan Matic 27/08/2009 20:03


Chaque mot est un concept qui n'a aucune existence réelle.