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18 juillet 2009 6 18 /07 /juillet /2009 20:22
 

 

Observant autour de moi, je vois des gens qui s'agitent et se poussent du coude pour se hisser à un poste à responsabilité, pour faire les chefs, pour pouvoir dire à leur entourage, avec détachement : « oui, je dirige le département XY... ».

Cela ne me gênerait pas s'ils me laissaient tranquille dans mon coin. Mais, ils veulent montrer qu'ils ont le pouvoir de me diriger aussi. Alors, automatiquement, je me retrouve engrangé dans cette hiérarchie qui ne me convient pas.

De mon côté, je suis plutôt du genre contemplatif, dubitatif, interrogatif... Alors, je me tourne tout naturellement vers ceux qui me proposent de me regarder au dedans, et de chercher dans cette introspection la porte vers la libération.

Shikantaza, disent-ils (« seulement s'asseoir »), Mushotoku (« sans esprit de profit »), afin d'être Hishiryo dans sa tête (« au-delà de la pensée »).

C'est ce que j'ai fait. Et l'expérience m'a tellement impressionné, que j'ai voulu la faire partager.

J'ai voulu le faire de la manière la plus vivante qui soit, avec mes maigres capacités. C'est pourquoi j'ai écrit 3 pièces de théâtre qui pourraient illustrer ce triple conseil des moines zen: Shikantaza - Mushotoku - Hishiryo..
Voici comment je décris mon interprétation des 3 concepts :


Le bouddhisme zen se propose de démocratiser sa réponse [aux questionnements métaphysiques] en la rendant accessible à chacun, pour peu qu’on veuille se donner la peine de l’étudier un minimum.

Cette réponse est triple : shikantaza, mushotoku et hishiryo. Ce qui, traduit en français, donne « seulement s’asseoir », « sans esprit de profit » et « au-delà de la pensée ».

Cependant, même traduite, de prime abord, ladite réponse reste hermétique. Car, comme je l’ai souligné plus haut, il faut se donner un peu de peine pour comprendre. Comprendre – et c’est là que réside la difficulté – c’est trouver un triple équilibre :

physique (shikantaza)

émotionnel (mushotoku)

mental (hishiryo)

Ceci n’est, évidemment, que mon interprétation, et les 3 pièces qui suivent ne sont que les illustrations de mon approche par rapport à cette question. Par conséquent, cette interprétation n’est pas forcément partagée par les autres, mais si elle fait l’objet ne serait-ce que d’une discussion entre deux personnes, j’aurais déjà atteint le but que je m’étais assigné à travers cette publication.


Les trois pièces dont il est question devraient être vues comme des documentaires, dans ce sens qu’elles posent des questions, amorcent des réponses et suscitent le débat.


Shikantaza


Dans shikantaza, on voit comment pourrait se dérouler une séance de méditation réelle, à ceci près que le temps de méditation a été considérablement réduit afin de ne pas trop ennuyer le public. Celui-ci est donc un témoin direct de ce qui se passe dans un dojo investi de gens venus méditer.

Au-delà de ça, cette pièce se propose de réduire le fossé qui semble exister entre le monde harmonieux, feutré et presque idyllique du zen (tel qu’on se l’imagine) et notre monde « normal », celui de la violence, de la colère, de la haine, etc. par une confrontation directe entre des représentants de ces deux mondes. Ici, une femme surgit en pleine séance de méditation et demande de l’aide car elle est poursuivie par un homme qui lui veut du mal…


Mushotoku


L’équilibre de l’individu passe par le physique. C’est pourquoi, le premier pas consiste à aller s’asseoir. Mais aussitôt après apparaissent les difficultés : rares sont ceux, en effet, qui ne se plaignent pas de douleurs dues à ce simple fait de s’asseoir.

Puis, au niveau émotionnel, on est dérouté : c’est comme s’il y avait un trop-plein d’émotions qui déborde sans qu’on puisse le contrôler. Ici, c’est cet aspect qui est traité.

L’émotion est à son paroxysme à l’approche de la mort. C’est le thème de cette seconde pièce.

Nous sommes en présence de 2 catégories de personnes : les « détenteurs de la vie » et le mourant : 2 mondes qui s’ignorent. Et puis, il y a Angelo, qui fait le lien entre eux.


Hishiryo


Le dernier point d’équilibre à atteindre est l’équilibre mental (« au-delà de la pensée »).

La trame de la dernière pièce est donnée par deux verbes : se nourrir et marcher. Depuis notre naissance jusqu’à notre mort nous nous nourrissons d’aliments divers et nous marchons. On nous fait avaler tout ce qu’on veut, et nous marchons. On nous mène à l’âge adulte en nous enjoignant de prendre de l’assurance et de se donner de l’importance. Alors, nous incarnons le rôle de notre vie : « on s’la joue » !  Il faut aller au-delà. Au-delà de la pensée.

 

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Published by Dragan Matic - dans Vers L'holocratie
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