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26 juin 2009 5 26 /06 /juin /2009 20:08

Nous sommes tous aliénés.

L'individu n'a que ses sens qui le relient au monde extérieur. Il capte les informations qui viennent à lui par l'ouïe, l'odorat, le toucher, la vue et le goût. Ces informations vont être dirigées vers son cerveau afin que celui-ci les traite. Il va les trier, les cataloguer, les étiqueter, les relier avec ce qu'il a déjà en stock. Ce travail va le conduire à élaborer des concepts (notions) et des idées (schémas d'enchainements de ces notions), constituant ainsi un réseau plus ou moins compact et plus ou moins cohérent, et qui représenteront le vécu de l'individu. Et, par extension, ce réseau fera partie de sa personnalité.

Donc, à chaque fois que son réseau interne change, sa personnalité évolue. A chaque fois, il devient un peu plus UN AUTRE. C'est en cela qu'il s'aliène.

Bon. En soi, ça n'a rien de grave. Nous en sommes tous là. Mais, pour les sceptiques, je voudrais juste préciser : regardez un peu comment vous êtes maintenant et comment vous étiez il y a quelques années ; vous avez changé. Dire que vous vous êtes aliéné, ne dit rien d'autre que ça.

Fort de cette constatation, allons plus loin.

Nous avons vu que nos sens sont notre unique source de perception du monde, mais nous avons également la capacité d'agir dans ce monde en émettant ce qu'il y a au-dedans de nous. On le fait oralement en émettant des sons, ou par écrit ou par des mouvements de notre corps... Tout cela est capté et interprété par les autres à leur façon. Ce qui signifie que les messages qu'on souhaite transmettre, consciemment ou inconsciemment, ne sont pas forcément perçus comme nous l'avons imaginé. Mais, passons. Le point important ici est que, nous-même, nous sommes capables de modifier le réseau d'idées des autres. Donc, nous avons la capacité de les aliéner.

Ce qui nous intéresse ici, c'est le rapport de force entre nous, individus membres de la société, et le corps dirigeant ou le groupe des décideurs.

La communication est, pour les gens de pouvoir, un outil puissant. Car c'est lui qui va sciemment nous aliéner, nous façonner à son image, i.e., à l'image qu'il voudrait voir en nous. Le vendeur voudra qu'on achète, et il communiquera par tous les moyens afin de nous y inciter. Le politicien voudra qu'on l'élise, et il usera de tous les moyens pour y arriver. Quand il sera en place, il voudra qu'on croit que tout ce qu'il fait est pour notre bien et que tous ceux qui disent le contraire ne sont que des ... et là, il a le choix, selon les circonstances, que des jaloux, que des ignorants, que des perturbateurs, etc.

Quand la communication va d'un petit groupe de gens puissants vers une grande masse, cela s'appelle de la propagande. Mais, si nous nous accordons tous à penser que la propagande est le fait des pays totalitaires, peu d'entre nous voient que, nous-mêmes, nous en sommes victimes tous les jours. De fait, les infos qu'on lit ou entend ici ne sont pas les mêmes que là-bas. Ici, nos dirigeants ont certaines intentions et défendent certains intérêts, là-bas, ils en ont d'autres.

Tout ceci nous mène à penser que la politique n'est, en fin de compte, que l'art de communiquer. C'est ce que ressent la majorité d'entre nous, et c'est ce qui fait qu'on n'y croit plus. La preuve en est la morosité générale et les forts taux d'abstentions lors des différentes élections.

Le discours actuel est : tout va mal, ne cherchons pas d'où vient la crise, elle est là, mais heureusement, je suis là ausssi et, ensemble, on s'en sortira, à condition que vous fassiez ce que je dis, et, bien entendu, que vous me réélisiez, car il faudra maintenir ce cap pendant un certain temps. Et, comme il y a toujours, un certain nombre de gens qui y croient, ça marche.

Le fait est que, dans l'opposition, personne ne fait mieux. Et tout ce qui va au-delà est jugé farfelu, extrémiste, dangereux, irréalisable, etc. Ainsi, on écarte subtilement, sans trop d'efforts, les empêcheurs de tourner en rond.

Le pire, c'est que vous-mêmes, vous êtes tellement conditionnés que vous faites le jeu de nos dirigeants. Vous ne voyez pas qu'il nous mènent en bateau. Même quand vous êtes révoltés et voulez que ça change, vous ne pouvez rien faire d'autre que de proposer des recettes qui n'ont jamais marché, et rejetez d'un revers de la main les propositions qui mériteraient qu'on s'y arrête.

Les anarchistes crient ni dieu ni maître, mais ils ne se donnent pas les moyens de mettre en place un système où leurs semblables ne seront ni des dieux ni des maîtres. Au lieu de ça, ils proposent des solutions totalitaires, en imaginant naïvement que tout le monde devra, comme un seul homme, se comporter en frère avec ses semblables. Et ils sont prêts à prendre la matraque pour les y inciter.

Quant aux doux rêveurs qui pratiquent la politique de l'autruche, ils préfèrent construire leur petit ilot de paix, à la manière d'une secte, en espérant vivre en autarcie et gommer les problèmes plus globaux, en refusant de les regarder.

Osons donc ouvrir les yeux, les oreilles, la bouche et tout notre entendement pour enfin élaborer puis mettre en place un système sans précédant qui sera sensé convenir à la plupart d'entre nous, car il se ferait dans le respect et la dignité humaine. Et je ne dis pas ça pour vous embobiner, mais parce que c'est ça qui doit être au centre de nos réflexions tout au long de l'élaboration d'un tel système.

Alors, au travail ! Au lieu de tergiverser.

 

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Published by Dragan Matic - dans Nous sommes tous...
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