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10 mai 2009 7 10 /05 /mai /2009 18:04
 Héliocentrisme vs. Géocentrisme

Il est intéressant de voir comment l'homme raisonne.
Il nous paraît tout naturel que nous sommes le centre de l'univers. Cette idée, qui date de l'antiquité et qui a été défendue, même par des philosophes comme Aristote, a perduré jusqu'au XVIIe siècle. Les étoiles – pures, par définition – étaient accrochées à la voûte céleste, parfaitement sphérique, car elle relevait du divin, tout comme le soleil, et tournaient autour de notre chère Terre. On notait çà et là des imperfections, notamment des astres comme Jupiter et Mars, qui ne voulaient pas se plier à notre modèle. On les avait alors appelés planètes (corps célestes errants) – les rendant par là-même un peu moins divines – car elles ne suivaient pas les trajectoires circulaires divinement tracées.
On était obligé de faire des calculs ultra-savants pour prédire les trajectoires de ces corps pas complètement divins. Et il n'existait pas de formule assez valable pour effectuer ces calculs avec suffisamment de précision.
Cela a duré longtemps jusqu'à ce qu'on finisse par accepter l'évidence en faisant l'hypothèse de l'héliocentrisme, plaçant ainsi, non plus la Terre, mais le Soleil, au centre de l'univers. Dès lors, tout est devenu plus simple à calculer, et on s'est demandé comment on n'y avait pas pensé plus tôt...
Il se trouve que, d'après nos données actuelles, le soleil n'est qu'au centre d'un système qui se déplace selon une spirale allant vers un centre – un peu comme un tourbillon autour du trou d'écoulement dans une baignoire.
Et, tous ceux qui sont pris dans ce tourbillon céleste, sont regroupés en un terme générique auquel on a donné le nom de galaxie (la nôtre étant appelée Voie Lactée).

La brute et le sorcier

Au début des temps, c'était le plus vaillant, le plus courageux, le plus fort – en somme, le plus brutal – des hommes dans une tribu qui en devenait le chef. Par ailleurs, le plus rusé, le plus mystérieux, le plus étrange (en un mot, le sorcier), intriguait et on le respectait car on en avait peur.
La brute et le sorcier se partageaient le pouvoir, et les autres passaient au second plan.
Depuis, peu de choses ont changé. Juste les noms. Maintenant, on dit par exemple: président et pape.

Orient vs. Occident

J'aime la philosophie d'extrême-orient qui conclut « tout est dans tout », et j'aime les petits malins d'occident qui ajoutent « ... et réciproquement », tout comme j'aime entendre les bouddhistes dire que l'humour est un facteur d'éveil.

Holarchie vs. Hiérarchie

Et comme nous nous accordons à dire que tout est dans tout et réciproquement, imaginons une holocratie, à la lumière des quelques remarques qui précèdent.
Tout d'abord, ne tombons pas dans le travers de ceux qui veulent définir une nouvelle organisation sociale en nous décrivant des structures révolutionnaires, avec de beaux schémas, et une hiérarchie gommée, comme par magie, pour être remplacée par des bulles et flèches qui vont dans tous les sens...
Nous sommes enclins, en effet, à élaborer de jolis modèles, bien propres et bien définis... mais, nous ne voyons pas que le monde (constitué de vous et moi) n'est pas adapté à ces modèles. Par conséquent, on nous demande de nous y plier.
En fait, quelle que soit la proposition de modèle que l'on fait, on peut être sûr qu'un certain nombre d'entre nous ne s'y retrouvera pas. Deux questions doivent donc se poser dès le début:
1/ quelle proportion de gens est prête à accepter d'entrer dans le moule ?
2/ que fait-on des autres ?
Si on commence à définir l'holarchie comme un modèle visant à remplacer l'actuelle organisation hiérarchique, on prend le problème par le mauvais bout.
Définir une hiérarchie commence, en effet, toujours par la description des fonctions « à responsabilités ». Autrement dit, on commence par le sommet de la pyramide, pour finir de façon plus ou moins adroite – et souvent, plutôt maladroite – par mentionner la base, dont on n'a que faire dans ce joli modèle.
Or, tout l'intérêt d'un modèle holarchique serait de ne pas trop s'intéresser aux sommets – voire de s'en désintéresser complètement. Car le ou les sommets se créent d'eux-mêmes. Ce qu'il faut vraiment définir et où il faudrait que la plupart d'entre nous soit d'accord, c'est les comportements ou règles de base. Celles qui seraient là pour limiter les excès que, tout naturellement, chacun d'entre nous est tenté de faire.
Par exemple, on est tenté d'abuser de l'ascendant qu'on a sur les autres. Donc, il faudrait avoir un mécanisme qui nous empêcherait d'avoir trop de pouvoir.
Et, de la même façon, il faudrait des mécanismes qui nous empêcheraient de trop s'enrichir, et d'autres qui nous pousseraient à prendre plus en considération notre environnement naturel...
Si des mécanismes nous maintiennent dans un cadre que chaque être sensible est susceptible d'accepter, la base de notre organisation holocratique est bien définie, et le reste viendra tout seul.
Ainsi, on aurait de fortes chances d'obtenir beaucoup de voix favorables à la première question (combien d'entre nous accepteraient le modèle?) , vu que la plupart d'entre nous n'attendent qu'une chose: vivre, justement, dans une société plus équitable, plus pacifique et plus respectueuse de la nature.
Quant à la seconde (que faire de ceux qui ne sont pas d'accord?)... il se trouve que, même s'ils sont beaucoup moins nombreux, c'est eux qui ont le pouvoir, et qu'ils ne comptent pas tout bonnement y renoncer. Alors, la question reste ouverte.

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