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5 mars 2017 7 05 /03 /mars /2017 12:09

Tu as déjà entendu cet enthousiasme des patrons de grandes multinationales ou des chefs d’Etat : chaque jour qu’ils se lèvent, ils agissent de tout leur poids pour rendre le monde meilleur. Et ils y croient.

Mets-toi donc un peu à leur place. Si tu avais le pouvoir qu’ils ont, si tous les jours tu jonglais avec des millions et que tu pouvais voir comment chacun de tes gestes influe sur le monde qui t’entoure, comment ne te sentirais-tu pas tout-puissant et apte à faire de ce monde l’idéal que tu imagines et souhaites pour le bien de tous ceux que tu aimes (toi y compris) ?

Alors oui, ils agissent pour rendre le monde meilleur. Seulement, il faut se mettre d’accord sur la définition : qu’entendent-ils par « monde meilleur » ? Et toi, qu’entends-tu par là ? N’y a-t-il pas un hiatus entre vous ?

Je parie que pour toi le monde est meilleur s’il est plus “juste” ou plus “égalitaire”. Hmm, je sens que tu es un égalitariste. Honte à toi ! Populiste ! Que fais-tu donc de notre besoin de compétition ? Pour jouir de la reconnaissance de ses pairs, il faut en être passé par la confrontation et avoir remporté une victoire ; il faut avoir vaincu. Or, dès lors qu’il y a compétition, il y a forcément un vainqueur et des perdants. Un monde égalitaire serait insipide et sans relief. Il ne ferait pas bon y vivre, car aucun stimulus ne serait là pour nous motiver. Tandis que le monde de la compétition de nos dirigeants, lui, il est rempli de piment et nous apporte chaque jour l’espoir d’une victoire nouvelle.

De plus, tu crois que ces capitalistes sans scrupule ne s'intéressent pas au changement climatique et au fait que l'homme est responsable de toutes sortes de pollution, mais ce n'est pas vrai. Ils savent que si les chinois fabriquent des voitures électriques, il faudra qu'ils en fassent autant pour rester compétitifs et donc, tu le vois bien, la logique du profit n'empêche pas d'entrer dans un cercle vertueux.

 

Bon, je sens que tu restes incrédule et qu'un abîme s’est creusé entre toi et eux. Car la fracture sociale existe bien quoi qu'ils puissent en dire. De même que la pollution de l'air, de la terre, des océans, des nappes phréatiques, et ainsi de suite. Alors oui, il s'est créé une fracture sociale, et en même temps, une fracture des idéaux. Car leurs idéaux inébranlables les confortent dans leurs positions et, de bonne ou de mauvaise foi, ils n'en démordent pas.

Alors, que faire maintenant ? Ne faudrait-il pas tenter de trouver un idéal commun ? Quelque chose qui serait acceptable pour les égalitaristes et pour les compétivistes ?

Mais il faut d'abord se débarrasser d'un carcan qui nous maintient prisonniers d'une logique inextricable : ce sont les notions de gauche et de droite, et surtout d'extrême gauche et d'extrême droite.

En réalité, on a tous en nous une part d'égoïsme et une part d'altruisme. Or une politique de gauche s'appuie sur la cohésion et l'harmonie sociale d'abord, ce qui fait appel à notre côté altruiste, tandis que la politique de droite serait plutôt le profit d'abord, ce qui tend à éveiller notre ego en tout premier lieu.

L'extrême droite se démarque par une attache primordiale à la Nation en tant qu'entité à laquelle cet ego appartient. La Nation serait une sorte de super-ego qu'il faut défendre et chérir. Et, pousser la logique plus loin, nous conduirait à garder ce super-ego aussi pur que possible.

L'extrême gauche, quant à elle, veut imposer l'égalité pour tous. Elle veut tuer l'ego qui est en nous.

Alors la logique qui nous conduit à la violence vis-à-vis de ceux qui n'appartiennent pas à notre Nation autant que celle qui conduit à la violence qu'on doit se livrer à soi-même pour éradiquer l'égoïste qui est en nous, sont naturellement deux options qu'il faut éviter de choisir.

 

Maintenant, que dire de Mélenchon ? Les média le casent volontiers à l'extrême gauche. Mais en est-il réellement ainsi ?

En toute logique, quelqu'un qui se bat pour réduire les disparités sociales – et on peut parler de gouffre qui sépare les plus riches des plus pauvres –, quelqu'un qui lutte pour améliorer la santé de ses concitoyens en cherchant à réduire la pénibilité de leur travail, le nombre d'heures et d'années travaillées avant de pouvoir partir à la retraite, ou en cherchant à assainir l'air, l'eau et le sol par une réduction de l'impact destructeur que nous avons sur la nature, et quelqu'un qui lutte pour donner plus de pouvoir au peuple et moins à l'élite politique et économique, en quoi est-il extrême ? En réalité, il cherche simplement à tempérer les égos un peu trop fort de ladite élite et à en donner un peu plus à ceux que l'on brime et oppresse chaque jour un peu plus. C'est une amorce de ré-équilibrage nécessaire.

En réalité, la dérive vers l'extrême-droite a été tellement forte ces dernières décennies que le parti FN est devenu légitime. On s'est tous déplacé vers cet extrême à tel point qu'un recadrage nous apparaît comme étant l'extrême inverse. Mais non, la politique de Mélenchon n'est pas une politique d'extrême-gauche. C'est juste une politique de bon sens.

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Published by Dragan Matic
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