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8 novembre 2015 7 08 /11 /novembre /2015 13:31

Nous avons en nous un côté intellectuel, un côté manuel et un côté animal. Notre animalité nous induit à la reproduction, ce qui permet de perpétuer l'espèce. Puis, nous entreprenons, nous construisons, nous bâtissons … en nous appuyant sur notre force physique et sur notre intellect. Certains se spécialisent. Ils sont plus performants dans tel ou tel domaine, alors ils deviennent des intellectuels, des manuels ou des bêtes. Les premiers se vantent de la finesse de leur esprit, les seconds de l'épaisseur de leurs muscles alors que les troisièmes ne jurent que par la taille de leur sexe.

On peut regarder les choses d'une autre perspective. Notre cerveau récolte des informations venant de notre corps (niveau physique), de notre psyché (niveau émotionnel) ou de notre intellect (niveau mental). Quand je vois, c'est mon corps qui voit, puis un sentiment se crée grâce à ma psyché qui réagit à ce que je vois et enfin, mon intellect, met des mots sur tout ça afin de le répertorier et de pouvoir le décrire, s'en souvenir et le manipuler selon différents modes.

Je n'ai pas d'accès direct à la réalité. En tout cas, aucun des attributs ni aucune des qualités décrites plus haut ne me permet d'accéder à la réalité.

On nous dit souvent, – ces derniers temps, c'est devenu une mode – que nous nous créons notre propre réalité. En un sens c'est vrai. Mais il faut bien définir ce qui se passe et ne pas s'emporter dans des vues ésotériques alambiquées. Donc, il faut voir que, quand on dit qu'on se crée sa propre réalité, en fait, on se crée une illusion qui dépend de la manière dont on s'est développé. Si nous sommes des bêtes, notre réalité se limitera à la recherche du ou de la partenaire et à l'apprentissage des techniques d'approche du mâle ou de la femelle, et autres. Si nous sommes des manuels, notre compréhension pourra aller plus loin, mais elle sera limitée par ce que nous percevons et aura du mal à dépasser ce cap. Intellectuels, nous penserons être mieux lotis que les autres, mais ce ne sera qu'un leurre. Car notre intellect ne peut faire qu'une chose : développer des théories. Or, une théorie, quelle qu'elle soit, n'est qu'une représentation incomplète et déformée de la réalité. Les nombreux paradoxes que nous rencontrons, lorsque nous cheminons dans les sillons de la logique de notre théorie, sont là pour nous le rappeler. Car un paradoxe n'est que ça : un révélateur des limites de notre théorie.

Je dois insister sur le fait que nous sommes enfermés dans un cadre physique, d'une part, et dans un cadre mental et émotionnel, d'autre part. Physiquement, notre univers s'est manifesté sous une forme que nous appelons matière. Et mentalement, notre logique est fortement liée à cette matière que l'on dit tangible, palpable et donc réelle. Nos sens ne réagissent, en apparence, qu'à ces choses tangibles pour les transmettre à notre cerveau qui les conceptualise en les cristallisant (on s'y accroche, et c'est là qu'interviennent les émotions). Autrement dit, ce sont les concepts que je crée dans ma tête qui rendent le monde si tangible. La balle de cet enfant qui joue n'est réelle que parce que je l'appelle balle. Mais il ne faut pas penser que si je ne l'appelais pas ainsi, elle n'existerait pas. Quelque chose existerait, qui serait interprété d'une autre façon par mon cerveau et pourrait être de l'ordre d'une forme d'énergie que je ne connais pas, prisonnier que je suis de ma condition humaine.

Mentalement, les choses sont de l'ordre de l'interprétation et, émotionnellement, de l'ordre de l'attachement. C'est en ça que le monde que je vois n'est que le monde que j'interprète, donc que j'ai élaboré, créé, imaginé et auquel je tiens. Puis, comme je suis un animal social, je partage ma vision avec mes congénères et, ensemble, nous définissons notre réalité. Dans cette définition, je suis, en partie, actif, en partie, passif. Ceux qui ont réussi à s'imposer plus que moi auront une voix qui porte plus loin et pourront ainsi imposer leur réalité à un plus large auditoire, par définition, passif. Et je serais obligé de l'accepter ou alors, je m'isolerais dans mon monde onirique. La réalité s'impose par la loi du plus fort.

 

Il existe, cependant, une autre dimension que je n'ai jusqu'ici pas évoquée : c'est l'intuition.

Si on va au-delà de l'intellect – affranchi des troubles et perturbations qui surgissent aux niveaux physique, émotionnel et mental –, on s'ouvre à l'intuition. Et là naissent ce qu'on pourrait appeler des vérités libres. Vérités, parce qu'on les ressent au plus profond de nous-même, et libres parce qu'elles ne sont pas liées à notre logique.

De ces vérités libres naissent la créativité qui nous apporte l'art et l'ingénierie, et la spiritualité qui nous ouvre à une autre vision du monde. Après, l'intellect, les émotions et la force physique nous aident à imposer cette vision nouvelle à la société entière. La spiritualité devient religion.

Cependant, rester au niveau de la spiritualité, c'est prolonger notre statut de chercheur. Car, s'ouvrir à l'intuition, c'est être chercheur. L'agnostique, qui ne s'est pas prononcé sur la question de Dieu, qui n'adhère ni à la religion qui prône son existence ni à celle qui prône son inexistence, est un chercheur. Le bouddhiste qui ne te parle pas de préceptes mais simplement des techniques qui te permettront de t'ouvrir à ton intuition, est un chercheur. Le chercheur est l'être spirituel par excellence.

 

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Published by Dragan Matic
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