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7 décembre 2014 7 07 /12 /décembre /2014 13:13

Imagine que je te parle d'une amie que je vois de jour en jour dépérir, devenir taciturne, dans la tourmente et que je découvre l'évidence : c'est son mari qui est cause du calvaire qu'elle subit. Il la bat, la maltraite, la violente et … et elle ne dit rien. On a envie de lui dire de partir, de s'extraire des griffes de son bourreau et de se refaire une nouvelle vie.

Imagine maintenant ce que serait ta réaction.

Seras-tu dans la “non-ingérence” du style à me reprocher de me mêler de ce qui ne me regarde pas ?

Ou prendras-tu son parti dans les différents arguments qu'elle pourrait m'opposer pour justifier son choix du statu quo ? Ces arguments seraient de plusieurs ordres. Par exemple :

  1. Attachement à son credo. Cet homme, en son temps, il lui avait plu et elle l'a choisi. Elle lui a promis sincèrement d'être auprès de lui pour le meilleur et pour le pire. L'abandonner, c'est trahir son propre engagement.

  2. Responsabilité. Ce serait épouvantable et irresponsable de faire subir à ses enfants un changement de situation avec toute l'insécurité que cela suppose.

  3. Peur des représailles. Et si ce monstre la retrouvait après qu'elle se serait enfui, on n'imagine pas ce qu'il pourrait lui faire.

  4. Peur de l'avenir. Se lancer dans une nouvelle vie pleine d'incertitude et d'insécurité, sans garantie de trouver de quoi se nourrir, se loger et élever ses enfants, c'est suicidaire.

Que choisirais-tu ? Lui dirais-tu de rester et continuer de se faire tabasser ou d'essayer quand même l'option de la fuite, même si elle est bourrée d'embuches et de risques divers et variés ?

Je peux me tromper, mais j'imagine que tu opterais pour cette dernière solution.

 

Cependant, quand Etienne Chouard te donne toutes les raisons du monde de quitter l'Union Européenne, tu es comme cette femme maltraitée qui veut rester auprès de son bourreau.

Etienne nous donne des arguments objectifs qui mettent en évidence une situation intolérable, mais tu ne veux pas l'entendre. Tu préfères te référer à ton credo, à ton sens de responsabilité vis-à-vis de tes enfants, à la peur de représailles et ` ta peur de l'avenir dans le cas où tu franchirais le pas.

 

C'est vrai que, ici comme ailleurs, ceux qui disent nous représenter mais qui, en réalité nous gouvernent, ne tolèreront pas qu'on ne leur obéisse pas. C'est vrai que nous sommes leurs esclaves, puisqu'ils font de nous ce qu'ils veulent et rien que ce qu'ils veulent. C'est vrai qu'on a le droit de parler, mais juste si nos paroles restent lettres mortes (la révolte des parapluies à Hong Kong, par exemple, nous montre que même rester dans la rue sans autre désir que d'exiger une vraie démocratie, est matée par des coups de matraques et de bombes lacrymogènes). Tu peux tourner les choses comme tu veux : nous sommes des esclaves.

G.E. Lessing disait : “ils ne sont pas tous libres ceux qui rient de leurs chaines” (es sind nicht alle frei die ihrer Ketten spotten).

 

Mais que peut-on faire ? Y a-t-il une issue ?

Il me semble que la seule solution serait une sorte de résistance passive qui consiste en une prise de conscience. Il faut que de plus en plus de gens prennent conscience de la situation dans laquelle on se trouve afin que, le moment venu, nous puissions choisir, tous comme un seul homme ou comme une seule femme, de tout changer.

Et sans doute faudrait-il, en attendant, agir dans l'urgence pour colmater les brèches.

 

Alors, ne laissons pas Etienne choir. Ecoute ce qu'il raconte.

Par exemple : https://www.youtube.com/watch?v=fEwCJEbJ9Pc

 

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Published by Dragan Matic
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