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1 mars 2014 6 01 /03 /mars /2014 14:07

Propose-moi une phrase qui contienne les 4 mots suivants: progrès, progression, regret, régression.

En voici déjà une, en attendant ta réaction :

 

Un progrès suppose une progression, alors qu'une régression se compose de regrets.

 

Dans l'émission de Taddei d'hier soir (« Ce soir ou jamais » sur le progrès), on devait s'interroger sur le sens du progrès. « Le progrès, c'était mieux avant », dit-il en attendant la réaction de ses invités.

Alors, comme je ne faisais pas partie des invités, voici ce que j'en pense :

 

Le terme « progrès » – comme beaucoup de choses, lorsqu'elles sont mis en avant pour faire écran – est un prêt-à-penser qui veut nous faire avaler que tout ce qui se fait est positif et nécessaire et que ne pas l'accepter c'est être rétrograde et grabataire. Le mot lui-même suggère une progression, chose positive par excellence puisqu'on bouge, on avance …

Mais, avance-t-on dans le bon sens ?

A vrai dire, il n'y a ni bon ni mauvais sens. On se déplace simplement. Ça nous fait changer de situation. Ça déstabilise, ça déséquilibre, et certains y trouvent leur compte parce que ça leur permet de mieux se positionner, d'autres y perdent. Certains sont grisés par le progrès, d'autres sont lésés.

C'est juste un jeu où l'on bat les cartes pour les redistribuer.

Alors, souvent ces cartes sont redistribuées, à peu de chose près, aux mêmes. Mais du fait de la dynamique du jeu, il est possible que, ici ou là, un As ou une Dame vienne à se perdre dans les main d'un nouveau joueur avec lequel il faudra alors compter. Mais, fondamentalement, la grosse majorité des acteurs dans ce jeu ne sont que des figurants dont le rôle n'est que de donner la réplique aux acteurs principaux.

Quant à savoir si c'est mieux ou moins bien qu'avant, si on regarde les ignominies qui se font chaque jour alentour : les pollutions de l'air, de l'eau et de la terre, avec le gaz carbonique issues des usines, des automobiles, des bovins alimentés aux céréales et diverses farines ou avec les irradiations issues des centrales nucléaires, avec les dégazages des pétroliers les pesticides et les antibiotiques qui vont s'infiltrer jusqu'aux nappes phréatiques … les pollutions ne sont qu'un aspect ; on peut parler aussi de l'exploitation abjecte de l'homme par l'homme et qui se cache derrière des termes comme « plan social » ou « délocalisation » … tout ça, ce n'est ni mieux ni pire qu'avant. Mais l'ampleur que ça prend devient catastrophique et nous précipite de plus en plus vite vers un abîme d'où aucun, même ceux qui mènent le bal, ne pourra s'extraire.

 

Faut-il être aussi négatif ? N'y a-t-il pas moyen de voir les choses plus positivement ?

 

C'est là que la spiritualité intervient.

Si tu te tournes vers ce qui te soulage, te réconforte, t'apaise ou te remplit d'aise, tu seras heureux et tu verras les choses de façon légère. Je sais être heureux.

Si, par contre, tu te tournes vers ce qui te fait mal ou ceux qui sont moins bien lotis que toi et que tu es témoin de leur souffrance, de leur misère, de leur désespoir, tu verras les choses avec beaucoup plus de gravité. Et je sais être grave aussi.

Il me semble que c'est un devoir, pour ceux qui le peuvent, de penser à ceux qui sont dans une situation peu enviable et que le moins qu'on puisse faire est de parler pour eux. Pour éviter que le progrès ne les écrase.

Il ne s'agit pas d'être pour ou contre le progrès. Il faut chercher à réduire le déséquilibre.

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Published by Dragan Matic
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